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Une clôture en beauté avec le spectacle ENSO – Boléro

Entre hip-hop et danse contemporaine, ce spectacle vous invite à une expérience sensorielle et poétique, où le mouvement devient un langage universel.

Après Rock It Daddy, Versus et Traces, le Conseil départemental des Vosges conclut sa résidence départementale en beauté, en présentant la création 2025 de la Cie S’Poart : ENSO – Boléro.

Ce spectacle, co-produit par le Conseil départemental des Vosges, a été créé et imaginé durant la résidence de la compagnie S’Poart au coeur du territoire vosgien.

Cet événement culturel a déjà fait sensation au Festival de danse de Cannes, en novembre dernier, et vous est proposé gratuitement, afin de clore cette belle aventure humaine, sous le signe de la création artistique et du partage.

LE SPECTACLE

Un Spectacle de danse qui réunit prouesses sportives, sensibilité et poésie

Dans son enfance, Mickaël Le Mer passe en boucle la cassette du film, Les Uns et les Autres de Claude Lelouch (1981). La scène du Boléro, chorégraphiée par Maurice Béjart, le marquera à jamais.

Inspiré par cette scène mythique du Boléro dans le filmENSO – Boléro explore le cercle sous toutes ses formes : mouvement, lien social, énergie collective et symbolique spirituelle.

 

Le cercle prendra alors toute sa place et sera le marqueur de cette nouvelle création.

 

Amplement présent dans le monde du hip-hop, le cercle est l’essence du breakdance et du freestyle. Il se matérialise dans l’espace, il participe aux constructions chorégraphiques.

Du plein au demi-cercle, de 

la boucle à l’ellipse, cette nouvelle création, dans laquelle danse, scénographie, lumière et musique seront englobantes, aspire à capturer l’essence de cette forme symbolique.

Pour porter cette symbolique, ce spectacle met en scène 9 danseurs et danseuses aussi virtuoses que sensibles. Leur gestuelle reflète également la spiritualité du ensō (円相), une calligraphie japonaise au tracé circulaire, emblème du bouddhisme zen, qui symbolise le vide en même temps qu’une éternelle pulsion de vie.

Le tout, magnifié par une musique originale de David Charrier et, bien sûr, l’entêtant et hypnotique Boléro de Ravel.

 

 

 

Mickaël Le Mer – chorégraphe

Mickaël Le Mer découvre le hip-hop au début des années 90 puis se forme au sein de la Compagnie S’Poart dès 1996.

Il débute en tant que chorégraphe en 2007 avec In Vivo qui se singularise par une sensibilité à la fois poétique et urbaine.

Suite à ce succès, Mickaël est invité par l’Institut Français à créer une pièce dans le cadre de l’année croisée France-Russie en 2010.

Depuis, il sa signé plusieurs créations : Instable, Rock It Daddy, Rouge, le trio Traces, Crossover et Butterfly, Versus, Me Myself and I, Rage, the Flower Thrower, Les Yeux Fermés, Vivantes et Enso – Boléro.

Il a su créer une danse urbaine, affranchie de ses passages obligés et marquée par une sensibilité poétique toute en retenue, avec des moments de fulgurance propres à cette danse.

Sa grande maîtrise de l’espace dessine une danse graphique qui démultiplie les trajectoires et ouvre le champ des possibles. Cet enjeu d’ouverture est au cœur du travail de Mickaël Le Mer : prendre le risque d’aller vers l’autre, établir le contact.

Avec sincérité et générosité, Mickaël Le Mer se donne la liberté de transformer la danse hip-hop.

Après avoir été artiste associé au Grand R, scène nationale de La Roche-sur-Yon, au Trident scène nationale de Cherbourg et Village en Scène (49), Mickaël Le Mer est artiste associé depuis 2023 aux Gémeaux, scène nationale de Sceaux (92) ainsi qu’au Conseil départemental des Vosges (88). Il s’implique ainsi sur un travail de territoire aux côtés de ces deux partenaires.

 

Informations pratiques

Vendredi 23 janvier 2026
La Rotonde, Thaon-les-Vosges
20h
(ouverture des portes à 19h30)

Tous publics
Gratuit / sur réservation : https://www.billetweb.fr/enso

 

Crédits photos : ©Thomas Badreau – Cie S’Poart

 

Les Intervous // Projet Ecole du spectateur

Culture C Nous est allé à la Médiathèque du Thillot rencontrer des élèves de la MFR des 4 Vents de Ramonchamp dans le cadre d’un projet Ecole du spectateur piloté par la Communauté de communes des Ballons des Hautes Vosges.

Au programme : atelier d’écriture avec la Cie La Grande Ours et découverte du spectacle « Le Réveil de la Sieste ».

 

DECOUVREZ L’INTERVIEW

Interview vidéo : ©CD88|M.Eghtesad

 

RETOUR EN IMAGES…

                    

Crédits photos : ©CD88/M.Eghtesad

Les Intervous // Amandine Audinot de la cie IPAC

 

Retrouvez l’actualité IPAC

Interview vidéo : ©CD88|MEghtesad

Retour en images sur le Festival Rues & Cies

Sous la nouvelle direction artistique de la compagnie spinalienne L’Etincelle ProD, Rues & Cies a offert au public une variété de spectacles d’art vivant et de fanfares musicales.

Plusieurs acteurs culturels vosgiens étaient au programme : Jean-Nicolas Mathieu, Stann Duguet, Max Ollier, la cie Le Crieur, la cie La Spontanée, la cie ART-borescence, Uperc-Ut World Champion Veteran Marching Band et la Fanfare La Nouba.

Retour en images…

 

Compagnie Le Crieur – Wouuu Houuu
Vosges (88)

Deux clowns qui s’aiment, se détestent, mais ne peuvent vivre l’un sans l’autre.
Ces deux amoureux du théâtre gestuel et du cinéma burlesque (Laurel et Hardy, Buster Keaton, …) cherchent à revisiter l’art du duo clownesque par une création à la fois tendre, primitive, absurde et poético-burlesque.

 

Max Ollier – Vexations mécaniques 1.0.1
Saint Barbe (88)

Une équipe d’ouvriers s’apprête à prendre son poste. Mission du jour : 840 répétitions d’une même pièce, d’un même ensemble de notes. Peu à peu, la machine grandit, s‘orne de rouages, courroies, mécanismes sonores. Elle enfle, emplit l’espace physique et acoustique. Reste aux ouvriers à trouver leur place dans ce fatras sonore. Suivre le mouvement, le précéder ? S’y contraindre ou le maîtriser ? Tant de voies possibles…

Max Ollier nous offre une performance musicale où il met à l’honneur l’homme, la machine et Erik Satie.

 

Minuit Compagnie – Wonder petrol
Caen (14)

Une fable circassienne musicale dansée, pour se confronter avec poésie et dérision à une réalité toute proche, celle de la fin de l’ère pétrolière. Sous une imposante grue, les six personnages vont faire face au vertige de demain en s’interrogeant sur les rêves et ambitions d’hier.

Minuit est une compagnie qui défend un théâtre circassien et poétique, dans lequel la musique et la scénographie sont au premier plan des créations.

 

 

Photos : ©CD88|ME

 

Icônes de l’association Les Fêlés du Local

A l’occasion du 20ème anniversaire de l’Espace culturel et social de la Pranzière à Cornimont, le public a pu découvrir le spectacle Icônes, écrit et mis en scène par Sylvia Voinet.

C’est une salle comble dans la salle J. Villeret. En effet, le public, venu entre amis ou en famille, est au RDV pour témoigner de la belle sororité et complicité entre toutes les comédiennes de l’association Les Fêlé.es du Local.

Icônes mêle amateures et professionnelles de tous âges (de 30 à 75 ans). Ce groupe de femmes a travaillé sur ce projet commun tout au long de l’année, de l’automne 2024 au printemps 2025.  Ecriture du spectacle grâce à leurs témoignages, arts de la scène, technique, fabrication de costumes et accessoires…, elles ont pu toucher à tous les métiers du spectacle vivant à travers cette création.

Le spectacle aborde le sujet du droit des femmes, mais pas que.
On y découvre le destin d’icônes féminines qui ont marqué l’histoire, mais on parle également du quotidien de toutes les femmes.
Avec humour, poésie, légèreté, force, audace et un brin de folie, on passe d’une scène à une autre en chant, en danse et de surprise en surprise.

Coco arrive à l’atelier. On l’appelait Mademoiselle, mais elle s’appelait Gabrielle.
Rokudenashiko est en prison parce qu’elle a osé sculpter une vulve, Sacheen Littlefeather vient affronter le public des Oscars au nom de Marlon Brando.
Et aussi Rosa Parks qui a refusé de céder sa place à un homme blanc, Carmen sacrifiée au nom de l’amour d’un homme jaloux, la Du Barry ou la Pompadour qui ont dû choisir l’ombre des Grands Hommes pour survivre.
Il y a bien sûr toutes ces injonctions faites aux hommes comme aux femmes pour perpétuer de vieilles traditions.
Un spectacle à rire et à pleurer pour se divertir et s’étonner.

 

A la fin du spectacle, le micro s’est ouvert pour laisser la parole au public et nous avons pu constater qu’Icônes parle à tous, femmes et hommes.

La restitution s’est faite dans le cadre des 20 ans de l’ECSP, qui a chaleureusement accueilli l’association lors du processus de création et des répétitions du spectacle.

 

L’association Les Fêlé.es du Local

L’association, créée en 2017, a pour mission de réaliser ou promouvoir des projets festifs et culturels. Elle œuvre également à revitaliser les lieux de culture au cœur des territoires vosgiens. Elle apporte son soutien à d’autres associations en mettant à leur disposition des bénévoles.

 

Icônes en images …

Photos : ©Les Fêlé.es du Local

 

 

Tryptique de la Cie La Gueule Ouverte proposé par l’association Côté Jardin

Ce samedi 11 mars, l’association Côté Jardin gâte son public avec un Tryptique, 3 spectacles en 1 de la compagnie La Gueule Ouverte.

 

1) Conseil de classe

De manière humoristique, il joue ce professeur de collège, qui se retrouve dans une classe vide et qui va revivre sa journée, parler de ses doutes, de sa solitude et de son désespoir tout en gardant une lueur d’espoir.

2) Le roi du silence

Face à l’urne renfermant les cendres de sa mère, le comédien entreprend un monologue imaginaire dans lequel elle revient d’entre les morts pour hanter son fils qui révèle sa vraie nature.

3) Dépôt de bilan

C’est dans la pénombre sur fond de musique électro que le comédien raconte l’histoire de ce personnage addict à son travail. Le public assiste médusé à la descente vertigineuse de cet homme. L’euphorie de la voix et la rapidité de la diction laissent place peu à peu aux dérapages, à la perte de réalité et maintiennent le public en apnée.

 

Le tryptique démarre à 18h. Chaque spectacle dure environ 1 heure avec un entracte de 30 minutes entre chaque spectacle.
Pendant que les décors changent, le public est invité à sortir de la salle afin de profiter d’une petite collation et d’un temps d’échanges.

 

 

Rencontre avec Michèle Collet et Marie Pascale Lesprit Kopp pour une interview Culture C Nous

 

Geoffrey Rouge-Carrassat se retrouve seul sur scène face au public, une mise en scène épurée et 3 histoires. Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette proposition scénique ?

Ce qui nous a scotché c’est la performance du comédien qui est capable de porter 3 spectacles à la suite avec l’intensité qu’il y met, la qualité de jeu et la présence scénique. Il y a quelque chose qui se passe. Il a une prestance, un magnétisme. Il m’a fait penser à Philippe Caubère dans La Danse du Diable, seul en scène capable de faire vivre plusieurs personnages.

Geoffrey Rouge-Carrassat a quelque chose. Je pense qu’il va être reconnu parmi les grands.

C’est ça qui nous a donné l’envie de le proposer dans les Vosges.

Le parcours de Geoffrey Rouge-Carrassat 

Geoffrey entre au Conservatoire de Lyon, puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, à l’âge de 17 ans. Son premier texte, Y’a pire, faut pas s’plaindre ! est primé par le Centre National du Théâtre en 2015. En 2016, il fonde la Compagnie La Gueule Ouverte.

Titulaire du Diplôme d’État de professeur de théâtre et d’un Master de création littéraire, il mène un doctorat SACRe (Sciences Arts Création Recherche) au CNSAD.

Actuellement artiste associé à Strasbourg, il vient nous offrir ce tryptique dans les Vosges.

 

Les thématiques abordées par les 3 spectacles, l’homosexualité, les relations prof-élèves, les addictions et le burn-out au travail, sont des sujets souvent tabous. Pensez-vous que le théâtre peut être vecteur de messages pour rompre les non-dits ? Est-ce une volonté de la part de votre association d’aborder des thématiques sociétales à travers votre programmation ?

Ce n’est pas ce qui vient en premier. Il se trouve que le théâtre peut « servir à », mais c’est la démarche artistique qui est d’abord notre centre d’intérêt. Nous regardons la qualité du spectacle.

 

 

L’association Côté Jardin a été fondée en 1986 pour promouvoir la culture et la diffusion du théâtre dans les Vosges et plus particulièrement sur le territoire de Saint-Dié-des-Vosges. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre association ?

L’association est née d’un ensemble de personnes réuni avec la volonté d’une programmation théâtrale professionnelle, classique ou contemporaine, sur le secteur de Saint-Dié-des-Vosges.

Nous travaillons également de plus en plus avec le public scolaire. C’est important pour nous. Nous avons de très bons relais avec tous les établissements scolaires du secteur. Pour nous, le théâtre a aussi cette mission tournée vers la jeunesse.

Nous travaillons étroitement avec le Spectacle Vivant de l’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges avec qui nous co-programmons des choses. Il nous arrive aussi d’avoir certaines interactions avec les associations ou les médiathèque. Cela dépend du spectacle et comment nous pouvons l’enrichir sur le territoire.

Pour en savoir plus sur l’association Côté Jardin, découvrez leur présentation complète.

 

Et le théâtre dans les Vosges, ça donne quoi ? Et la jeunesse dans tout ça ?

Depuis la Covid, nous avons une baisse de la fréquentation, en général, mais aussi une frilosité de la part des enseignants. Nous avons un spectacle qui est à sa 3ème programmation parce qu’il y a eu des annulations à cause de la Covid. Cela crée une démotivation de la part du corps enseignant, mais nous continuons d’avancer et de proposer des choses.

Pour ce qui est de la jeunesse, notre volonté est d’avoir au moins un spectacle sur les quatres qui soit ouvert aux scolaires. L’année dernière nous avions proposé 3 spectacles avec des séances scolaires, dont un spectacle avec 2 séances. Nous aimons faciliter les passerelles entre les professionnels de la culture et les enseignants.

 

Pour suivre l’actualité de l’association, suivez-les sur leur page Facebook et sur la plateforme Culture C Nous.
Il reste un spectacle en avril avant de clôturer la saison !

Et une nouvelle saison, déjà bouclée, s’annonce dores et déjà prometteuse avec des spectacles repérés au Festival d’Avignon et le spectacle 187,75 Hz de la compagnie vosgienne Cie Ultreia.

Lorelyne Foti, metteure en scène et comédienne de la Cie Ultreia est dotée d’un regard et d’une exigeance artistique formidable. C’est un spectacle très émouvant avec une forme particulière : une toute petite jauge, le public installé autour d’elle.

 

Crédits photos : Victor Tonelli
Vidéos: Cie La Gueule Ouverte

 

 

La compagnie IPAC et leur création « Après le déluge »

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Cette nouvelle création fait suite à l’appel à projets « Création Partagée Edition #1 » et reçoit le soutien à la création de la DRAC Grand Est (le dispositif Jeunes Estivants coordonné par Scènes et Territoires) , du Ministère de l’Education Nationale, du Conseil Départemental des Vosges, de la communauté de communes des Hautes-Vosges et du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges.

 

Une nouvelle création en immersion dans les Vosges

La compagnie IPAC avait pour souhait de créer hors du théâtre et de travailler les paysages, à l’extérieur, tel un tournage au cinéma mais sans les caméras et écrans. L’idée de départ était de mettre en lumière et en son les décors déjà existants pour raconter une histoire qui implique les publics.

Il y a un réel engagement auprès de toute l’équipe artistique et les collaborateurs techniques (scénographes, concepteurs lumière, directeurs techniques, costumières, …) pour créer des spectacles qui mettent en immersion, en pleine nature ou en salle, avec un univers sonore et visuel très prononcé.

Etre dehors, c’est aussi pour IPAC une manière de faire découvrir au public ces autres métiers du théâtre et mettre en lumière les techniciens. On y découvre un lieu qui est éclairé autrement, qui a été transformé.

 

Une série théâtrale… 4 épisodes, 4 lieux insolites

Cette création fait écho au format court de séries de 45 minutes que l’on peut voir aujourd’hui sur des plateformes telles que Netflix. « On a fait une sorte d’étude un peu intuitive du temps d’attention que pouvait accorder les publics au spectacle. Puis c’est un format qui permet aux personnes qui travaillent et aux familles avec des enfants de faire le déplacement, sans que cela devienne trop lourd ».

Ainsi, la compagnie IPAC a répondu à la commande de la Communauté de Communes des Hautes Vosges dans le cadre du Plan Paysage qui souhaitait que plusieurs thèmes soient abordés dans des lieux différents déjà repérés. « Il y avait ces ‘contraintes’ qui nous ont finalement beaucoup aidé en tant qu’artistes en nous évitant de partir uniquement de nos ressentis émotionnels. On a découvert en faisant. »

Les épisodes se suivent et la compagnie découvre alors un public de retour à chaque rendez-vous. « On a croisé beaucoup de familles avec parfois des enfants en bas âge. On a fait la rencontre de personnes qui n’avaient pas pour habitude d’aller au théâtre et qui étaient très agréablement surpris. Et nous l’étions aussi ! Cela a créé du lien entre eux et avec nous, acteurs et concepteurs. C’était très valorisant pour tout le monde. »

Ce travail a également permis à IPAC de se questionner sur comment renouveler le public et faire venir des jeunes au théâtre (adolescents et jeunes adultes) et qu’ils aient l’envie d’aller au théâtre plutôt que de rester devant les écrans.

Et ce format séries fonctionne. Les spectateurs se font attraper par la fiction. Ils croient aux personnages. La compagnie finit par tisser une histoire.

IPAC souhaite réitérer l’expérience d’une fiction qui se poursuit et qui va chercher un public qui viendrait au théâtre comme il regarderait « Plus belle la vie » à la télévision. Les artistes réfléchissent actuellement sur une série qui s’implanterait sur un lieu unique vosgien qui n’est pas destiné au théâtre. Au-delà de l’aspect écologique et économique, ils ont l’envie d’exploiter au mieux un même lieu afin de le faire découvrir autrement, à chaque épisode.

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Un thriller théâtral

Le mode de thriller théâtral plait beaucoup aux gens. Ça rejoint un thème populaire de ce qu’on peut voir à la télévision avec le suspens et l’univers mystérieux de la nuit. 

La compagnie a débuté avec 4 mois d’intervention auprès d’enfants âgés de 6 à 12 ans. Ils ont recueilli leurs témoignages sur leurs rapports à la vie, à la nature et l’écologie, à la crainte de demain, et à leur imaginaire. « Cela a permis de libérer la parole sur plein de choses. »

A partir de là, l’intrigue est née : un déluge frappe le territoire et les enfants décident de faire face à la situation d’urgence climatique pour trouver des solutions pour protéger les adultes. Leur soudaine disparition lève des doutes et des inquiétudes.

Le 1er épisode a été filmé et introduit à chaque épisode suivant comme un récapitulatif de l’intrigue. « Après le déluge » couvre l’enquête de la disparition des enfants. Un inspecteur de police est appelé de Bruxelles pour venir les trouver. On fait la rencontre des enquêteurs et des enquêtés.

 

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Un théâtre aujourd’hui pour un monde de demain

« Après le Déluge » parle de situation d’urgence climatique et d’enfants acteurs du monde de demain. C’est un théâtre qui souhaite sensibiliser et ouvrir la parole pour avancer vers un meilleur monde.  IPAC est une compagnie de jeunes artistes, tous concernés par ces sujets d’actualité.

C’est nous demain qui allons faire des enfants. Intimement nous sommes tous en questionnement. 

 

Des challenges rencontrés, des challenges surmontés

La compagnie a rencontré un grand challenge en terme de timing. Ils ont eu une semaine pour s’implanter, dessiner une histoire et un décor, penser l’éclairage, … Ils devaient créer vite et écrire au fur et à mesure des épisodes. Ils ont suivi leur intuition et se sont rendu compte que c’était vers là qu’ils voulaient orienter le travail des créations de la compagnie.

La météo était également un facteur à prendre en compte à chaque épisode. « Jusqu’à la dernière minute nous étions menacé de décamper ou trouver des solutions. »

 

Une belle collaboration avec la jeunesse

IPAC a travaillé avec 180 enfants et leurs enseignantes de 8 différentes écoles vosgiennes (Thiéfosse, Sapois, Cleurie, Gerbamont, Basse-sur-le-Rupt, Faucompierre, Laveline-du-Houx, La Forge). « Les 8 maîtresses d’écoles ont vraiment été des collaborateurs. C’était très touchant. Elles ne nous ont pas lâché jusqu’au dernier épisode. » 

La rencontre avec les enfants, qui n’était pas prévu au départ, était en réponse à cet appel à projets. La compagnie avait envie d’inviter des gens de leur propre génération et de la génération qui suit et cherchait un mode pour le faire.

« Lorsque nous avons rencontré les enfants, on a eu des indices sur ce qui eux les intéressait et ils nous ont un peu surpris. En les rencontrant et en voyant le potentiel qu’ils avaient, très rapidement on s’est dit avec le metteur en scène que l’on pouvait aller plus loin dans cette démarche de travail exigeant avec des exercices d’acteurs qu’on avait appris lors de nos différents voyages. Mobiliser ces compétences chez les enfants et les développer, ça donne au plateau quelque chose d’assez incroyable. » 

La compagnie IPAC a pour ambition de monter une sorte d’école alternative auprès d’enfants intéressés. Une école qui ne formerait pas au métier de comédien.ne mais qui développerait des compétences utiles pour leur vie future (en prise de parole, en positionnement, …).

C’est une vraie volonté de la compagnie et de l’ensemble de ses collaborateurs de poursuivre la création dans des lieux qui ne sont pas des théâtres, à partir de ce qui existe déjà et de poursuivre le travail avec les enfants.

On n’a pas une ambition d’éducation artistique et culturelle, mais on est plutôt dans une recherche artistique de ce potentiel de l’enfant et de ce qu’il peut amener sur un plateau. Puis comment nous pouvons nous aussi les accompagner à développer des compétences que l’on découvre souvent trop tard ou pas du tout. Ils nous ont beaucoup surpris et on a énormément appris à leurs côtés. L’échange s’est fait dans les deux sens. 

 

L’actualité de la compagnie

Leur nouveau spectacle, « Déluge », prévue pour 2022 est coproduite par le CDN de Nancy.

Pour la prochaine création, la compagnie IPAC aimerait faire une saison 2 « Après le déluge » dans les Vosges, mais n’est pas encore sûre de sa forme. Elle a une réelle envie artistique de continuer avec de vrais publics qui ne sont pas convaincus d’office, de poursuivre un travail avec les enfants, de faire avec un besoin aperçu sur le terrain. « On est en train de déposer des dossiers pour poursuivre cette création. Nous n’avons pas de modèle préconçu. Nous n’avons pas envie de suivre un chemin conventionnel. On a de la chance d’avoir des soutiens qui partagent nos valeurs. »

En parallèle de ce nouveau spectacle, IPAC, centre de formation reconnu par l’Etat, propose « VoiceLab », une formation professionnelle d’initiation au chant polyphonique géorgien à destination d’artistes professionnels ou en voie de professionnalisation du spectacle vivant. La formation se tiendra en 2022 à Paris et la compagnie souhaiterait l’implanter également sur le territoire vosgien.

Jusqu’ici l’équipe habitait à Paris, mais se rapproche petit à petit pour s’installer dans les Vosges. La compagnie a pour ambition de faire venir les artistes étrangers sur le territoire plutôt que de repartir en expédition dans le monde comme ces 5 dernières années. IPAC souhaite ouvrir des portes aux enfants et leur donner un espace pour se questionner sur des sujets universels comme l’interculturalité et l’étranger.

Pour des enfants qui ont des parcours différents, même intimement, cela a permis à certains de comprendre qu’ils ont une place. 

 

Pour plus d’informations sur la compagnie IPAC :
Site web : : http://www.ipac-cie.com
Facebook : @interculturalperformingartscie

Crédits photos : ©Vladimir Lutz

 

 

Rentrez dans la Zone au théâtre de Verdure à Vagney !

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Hélène Tisserand, comédienne et metteure en scène et Pierre-Marie Paturel, comédien et magicien, Compagnie Le Plateau Ivre

 

Une saison pas comme les autres les amène à créer La Zone…

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Au départ, comme 1ère piste pour répondre aux mesures imposées par la crise sanitaire, la compagnie Le Plateau Ivre a pensé réunir des groupes de 10 personnes, 2 fois par jour, avec les acteurs au centre et le public qui déambule autour.

Puis la question du théâtre fermé s’est posé. Qu’est-ce que cela veut dire exactement ? Qu’est-ce qu’il y a de si grave, au-delà du virus, qu’un théâtre fermé ? Que se passerait-il ?

Et de là est né quelque chose de suspect. L’envie de créer la rumeur autour de ces questionnements.

L’image des médias est arrivée vite lors de la création pour montrer comment les médias s’emparent du scoop.

La Zone a été inspiré des textes de Matei Visniec qui raconte l’homme dans le cercle et comment au fur et à mesure dans la ville, on voit fleurir tout un tas de cercles de craie avec des gens à l’intérieur, pour se protéger.

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Extrait de « Théâtre décomposé ou l’homme-poubelle » de Matei Visniec
« Si je veux être seul, je m’arrête, je sors la craie noire dans ma poche et je trace un cercle autour de moi. Dans mon cercle, je suis à l’abri. Personne n’a ni le droit ni le pouvoir de m’adresser la parole si je me trouve dans mon cercle. Personne n’a ni le droit ni le pouvoir d’y entrer, de me toucher ou même de me regarder trop longuement.

Quand je suis dans mon cercle, je n’entends plus les bruits de la rue, les vagues de la mer ou les cris des oiseaux. Je peux y rester, sans bouger, aussi longtemps que je veux. Rien de ce qui se passe autour de moi ne m’intéresse plus. Le cercle m’isole du monde extérieur et de moi-même. C’est la félicité totale, c’est la paix.

A l’intérieur du cercle on ne sent plus ni le froid ni la faim ni la douleur. Le temps s’arrête, lui aussi. On plonge dans l’abstraction comme dans un rêve protecteur. On devient le centre du cercle. »

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C’est un rapport fort au confinement avec l’idée de rester chez vous en toute sécurité. Ce petit texte de Visniec résonne beaucoup avec la situation.

Pour « La Zone », nous avons choisi des monologues de personnages qui sont enfermés dans leurs situations. Nous les avons fait vivre ça bien, de manière positive, même si la situation ne l’est pas. C’est un monde différent, mais un fonctionnement normal.

Et puis ça vient nous questionner sur nos libertés. Il y a un aspect mythique qu’on a voulu mettre en scène.

Un autre texte de Visniec nous a également : Le Lavage de Cerveau. Cette idée d’aller au centre du lavage de cerveau une fois par an pour renaître. Le parcours de ce spectacle était d’ailleurs imaginé au départ comme une boucle où les gens pouvaient déambuler, y rentrer puis ressortir. Mais en terme de mise en scène, avec les 6 acteurs, cela était trop compliqué.

Finalement c’est un parcours en pleine montagne avec le personnage de Mélanie Bauer dans son rôle d’investigatrice qui guide le public et fait le lien entre tout cela.

Elle est dans notre monde réel, mais un peu frappée, puis entre deux et pour finir par entrer dans ce monde autre.

Elle nous rassure au début et nous donne l’envie de glisser vers un monde différent, plus frais. C’est un travail sur la perte de repères. Le public se retrouve au Théâtre de verdure, mais ne sont pas dans l’endroit habituel. C’est un vrai voyage initiatique.

 

 

« LA ZONE » EN IMAGES…

 

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Le Plateau Ivre aujourd’hui et demain…

 

Nous avons pu lancer la saison 2020 du Théâtre de Verdure. Cela nous a demandé beaucoup de travail dans un délai très court, avec une commande d’écriture auprès de Sébastien Houbre pour la balade contée, une commande de photographie auprès d’Emmanuel Pierrot et une commande de série vidéo auprès de Tristan Bordmann. Ce sont des petites capsules à droite et à gauche pour que l’énergie du lieu ici à Vagney transpire à l’extérieur sur le territoire des Vosges.

Nous avons donc accroché une dizaine de portraits photo dans 8 communes des Vosges. La balade contée qui fait le lien avec ces photos, mais aussi avec ce qui peut se passer dans cette Zone.

Nous avons pris le pari de proposer quelque chose tous les jours. Nous nous sommes dit que si nous avions les autorisations de faire cela maintenant, il fallait le faire maintenant.

En septembre nous reprenons notre résidence de recherche sur l’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges, et ce jusqu’en 2021. Nous mettrons en place des ateliers en lien avec la ville et le territoire.

Puis il y a aussi nos prochaines créations : le cabinet de curiosités et la boîte mobile.
Le cabinet de curiosités verra le jour en 2021, la boîte mobile de curiosités en 2023.

L’idée au départ était de mettre toute l’énergie qu’on met dans le Théâtre de Verdure et la mettre dans une petite boîte qui peut être nomade et arrivée dans les villes. Encore une fois cette idée de perte de repères et de voyages initiatiques. Il se passe des choses dehors, il se passe des choses dedans.

A côté de cela, nous aimerions que « la Zone » puisse trouver sa place dans le théâtre de demain. Etant en extérieur, cela peut facilement se décliner sur tout le territoire. La balade contée peut aussi se rajouter au projet. Et ce personnage de magicien dans « La Zone » qui peut aussi nous ramener au cabinet de curiosités. Tout peut très bien s’imbriquer.

Nous sommes toujours en convention avec la DRAC, le Conseil départemental des Vosges, la Communauté des communes et la commune de Vagney sur le territoire des Hautes Vosges avec toutes les manifestations que nous menons :

  • Le Théâtre de Verdure l’été
  • L’Equinoxe au printemps et à l’automne avec un travail avec les amteurs
  • Le Théâtre au coin du Feu en hiver avec des petits spectacles chez les particuliers, associations et entreprises
  • Le Festival Mai en Scène à Gerardmer
  • L’école du spectateur qui est tout un dispositif que nous proposons aussi pour amener les scolaires ici.

Nous sommes aussi en train de préparer l’après et d’aller vers une structuration de la compagnie. Le climat n’est pas au beau fixe pour la culture, mais il faut plus que jamais qu’on s’entoure. L’année dernière on avait pu être à Avignon et démarrer la saison au Théâtre de Verdure en même temps. Ce n’est pas possible d’être les pilotes sur tous les fronts, alors c’est très important d’avoir une vraie équipe.

 

 

 

 

Le confinement en tant que compagnie de théâtre …

 

Nous avons vécu le confinement un peu comme un trou noir.
On a eu la chance d’être en contact avec nos partenaires pendant toute la durée du confinement afin de leur expliquer nos décisions prises quant à la saison estivale et comment on allait rebondir.

Pour la culture, les répercussions vont être assez longues car tout est reporté sur un an. Nous savons dores et déjà que ceux qui n’ont pas pu faire de représentation cette année vont prendre la place l’année prochaine. Cela ne laisse pas beaucoup de place à la nouveauté et la création.

Le confinement a eu du positif aussi. Cela nous a conforté dans notre choix de ne pas être qu’artiste créateur de spectacles. Je pense que c’est important de multiplier sa façon de travailler et sa façon d’être visible. Nous savons le faire, nous y arrivons encore et nous ne sommes pas encore complètement épuisés pour ça. Le danger c’est d’arriver dans une grande braderie du spectacles parce qu’il faut cachetonner.

Nous étions aussi ravis que toute l’équipe suivait la proposition de cette saison.

C’était difficile d’être sur la création pendant le confinement parce que les choses avaient un peu perdu de sens, sur les projets initiaux. « Pourquoi je monte cela ? », « qu’est-ce que je dis par rapport à ça ? », « est-ce que j’ai encore envie de ça ? »… une réelle remise en question.

Nous avions au départ imaginé proposer notre création « Burn Out » au Théâtre de Verdure avec une vraie recréation du spectacle. En parlant avec la metteure en scène Marie Denys, nous avions conclu que la thématique ne semblait pas coller avec les circonstances, avec l’actualité. Nous n’avions plus le même besoin et ne trouvions plus le sens. Ce confinement aura reflété une quête de sens.

 

 

La place du numérique dans la culture…

 

Pour notre festival Mai en scène pour la ville de Gérardmer, annulé en raison de la crise sanitaire, nous avons réussi à assurer quelque chose par le biais de capsules vidéo que nous avons pu créer agvec notre group d’amateurs participant à l’atelier.

Pour « La Zone », nous avons également créer une série vidéo, réalisée par Tristan Bordmann.

Voici un extrait :

 

Des GIFs et des outils en ligne ont été créés également pour ceux qui ne sont pas en mesure de se déplacer.

Le numérique est quelque chose qui nous plait beaucoup et sur lequel nous travaillons régulièrement. Cela nous permet d’aller chercher d’autres choses, d’autres regards. Nous avons de la chance de travailler avec des personnes qui viennent apporter un autre regard à la mise en scène, au sens large.

 

 

Profitez du Théâtre de Verdure jusqu’au 3 août !

Il reste encore quelques dates à ne pas rater.

 

Le programme complet

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Le Plateau Ivre dans les rues de Saint-Dié des Vosges

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La Compagnie Le Plateau Ivre s’est mis en jeu dans l’espace public au mois de mars, juste avant la crise sanitaire.

Ce moment vient s’inscrire dans le cadre de leur résidence artistique au sein de la communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges (3 sites : la NEF, Georges Sadoul et le Musée Pierre Noël) et dans les projets de création de la compagnie.

Cette sortie dans les rues a permis de révéler la curiosité des habitants. Le but était de créer des espaces intimes au cœur de l’espace public et de créer des histoires. Avec la caméra obscura installée dans la remorque, un travelling a été créé, avec Pierre-Marie, le magicien, qui représentait le regard.

On vous laisse découvrir en images…

Crédits photos : CD88/MEghtesad

 

Au mois de septembre, ils étaient en résidence à l’Espace Georges Sadoul où ils ont créé autour de leur thématique des « curiosités ».L’Espace Georges Sadoul était alors devenue une grande maison des curiosités et ils ont investi les sous-sols, les greniers et tous les petites espaces qui n’ont jamais été vus. Ils ont détourné des objets et détourné le regard.

La 2ème résidence de novembre, était à la NEF. Ils étaient en immersion au marché de Saint-Dié-des-Vosges. Comment connaître un territoire, c’est aussi en allant à sa rencontre et en allant vers les gens. L’idée était d’ouvrir le regard des habitants et d’éveiller leur curiosité. « Racontez-moi où vous habitez »… « Du marché à chez vous, qu’y a-t-il comme curiosités? » La visite du marché a donné lieu à des témoignages et la création de cette carte sensible, ce tableau, que vous pouvez apercevoir sur la remorque. L’idée était d’aller à la rencontre des gens et montrer qu’une résidence peut aussi se mêler à la vie publique.

Ils ont aussi fait un passage en résidence au Musée Pierre Noël où ils ont travaillé sur les objets avec des ateliers pour enfants autour de l’objet et la curiosité.

 

D’autres projets sont en cours de création :

  • 2021 – la création d’un cabinet de curiosités autour de la magie de manipulation et du mentalisme.
  • D’ici 3 ans : une forme de boîte mobile à curiosités. Une espèce de « tiny house », de maison roulante, qui est un élément de scénographie mais aussi un pré-élément qui vient servir le spectacle. Le but de cette boîte mobile c’est d’avoir, sous forme un peu de triptyque, un passage à l’extérieur de la boîte, comme un parcours initiatique où on va trafiquer quelque chose de relativement invraisemblable. Ensuite on va pouvoir l’éprouver à l’intérieur de la boîte mobile. Et après il y aura tout un 360° autour de soi qui donne une espèce de spectacle son et lumières, version théâtrale. Cette boîte viendra s’installer dans l’espace publique.

 

Pour plus d’informations :

Site web : https://leplateauivre.jimdo.com/
Page Facebook : @leplateauivre

Arnault Mougenot de la compagnie de théâtre Madame Oldies

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Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce métier-passion ?

 

Je suis originaire de Bussang. Quand les copains partaient en colonie de vacances, moi j’allais trainer au Théâtre du Peuple où je vendais des glaces, je tenais des petits rôles, … C’était presque écrit que j’allais faire du théâtre, alors par esprit de contradiction je ne voulais pas faire ça !

J’ai fait un sport-études équitation, puis un jour j’ai tout arrêté et je me suis un peu retrouvé entre deux. Un jour l’ancien directeur du Théâtre du Peuple m’appelle pour me dire qu’il manquait une personne dans la promotion à l’Ecole Nationale d’Art Dramatique de Montpellier aux côtés d’Ariel Garcia Valdès. Il a pensé à moi. J’ai commencé cette école un peu comme ça alors que d’autres s’arrachent les yeux de la tête pour y rentrer. Je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait.

Finalement, ce sont des rencontres avec des personnes qui font que…

 

Vous êtes revenu vivre et travailler dans votre région d’enfance. Pour vous, qu’est-ce qu’il y a d’unique dans les Vosges ?

Le parcours de la compagnie Madame Oldies est un peu particulier parce que j’ai beaucoup bougé entre Montpellier, Saint Etienne (artiste-associé à la Comédie de Saint Etienne) et Paris. La compagnie m’a accompagné tout le long, mais elle s’est vraiment construite ici dans les Vosges.

Nous avons recréé un vrai noyau dur artistique et administratif et nous avons pu tisser de vrais liens et échanges avec nos partenaires, que ce soit nos tutelles ou les professionnels. Et c’est ça qui est unique. Cela prend du temps, mais ça marche.

Ce n’est pas plus facile que dans d’autres régions, mais c’est ici que ça s’est fait pour nous. Et je suis très content de tout ce renouveau qu’il y a dans la compagnie et dans l’équipe.

 

Vous avez une vraie signature au niveau de l’écriture. Pourquoi avoir choisi de raconter vos histoires avec tant de poésie et d’humour noir et grinçant ? 

Tout d’abord j’ai été marqué et inspiré par des auteurs en tant que metteur en scène et personnellement, en tant que lecteur.

Il y a Copi, auteur argentin complètement surréaliste, fou, extravagant avec des situations abracadabrantesques et des personnages dingues un peu à la Pedro Almodóvar, où tout le monde se shoote et se baise … et c’est normal.

Il y a eu également Friedrich Dürrenmatt. Je dois dire que c’est ma rencontre dramaturgique. Il écrit des histoires dingues, immenses, exagérées, et en même temps complètement politisées, humanistes et populaires. Et il raconte tout cela sous forme d’humour.

Lorsque j’ai découvert cet auteur, je comprenais pas pourquoi ses pièces n’étaient plus montées. Aujourd’hui, le théâtre populaire, drôle, divertissant et un peu engagé a vraiment perdu ses lettres de noblesse. Encore que, je trouve que l’on y retourne tout doucement. Je pense que par le divertissement on peut raconter toutes les horreurs du monde, tous les sujets du monde et faire réfléchir les gens.

Puis à un moment donné je me suis dit qu’il était temps que je m’affirme en tant qu’auteur. Je me suis donc repositionné.

Et pour finir, cet humour est ma nature. Je préfère me moquer de moi-même que de m’apitoyer dessus.

Le rire n’est pas forcément un rire sonore. Cela peut aussi être un rire qui fait pleurer. La pièce « Ma Chair est Tendre » est un spectacle où certaines personnes vont rire à des choses, d’autres en seront gênées et d’autres y seront sensibles. J’aime bien ce genre de mixeur d’émotions vives et express.

L’autorisation de la folie est clé pour moi. Ne pas s’autoriser à être fou, ça rend dingue. Aujourd’hui on est dans une société où tout le monde fait attention à tout. Tout le monde se dit marginal et en même temps tout le monde fait comme tout le monde. Et on pète tous les plombs. La société ne va pas très bien…

 

 

MA CHAIR EST TENDRE

 

Vous pouvez nous faire un pitch d’enfer pour « Ma Chair est Tendre » ?

 

C’est l’histoire d’un homme de 40 ans qui est tout seul. L’âge, il n’arrive pas à le digérer. Il va manger pour combler. Et en mangeant, la moindre chose devient vecteur à s’inventer une histoire pour fuir une réalité.

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La nourriture a une place centrale sur scène (jusqu’à vous servir de masque de farine tel un clown mi-comique, mi-tragique). Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Ce n’est pas la place que j’ai voulu donner à la nourriture, c’est la place qu’elle a. Tous les jours elle est avec nous. On se réveille, la 1ere chose que l’on fait est manger. On se retrouve entre amis, on mange et on boit un verre. On est heureux, on mange. On est malheureux, on mange. Ou alors on ne mange plus du tout et on est en refus de la nourriture. On mange à excès… La nourriture est déjà centrale dans nos vies.

J’ai écrit un spectacle sur un personnage célibataire pour qui la nourriture est sa compagne qui rythme sa journée. La nourriture est centrale dans le spectacle et en même temps on n’en parle pas. Elle est là et elle l’accompagne, tout simplement.

A la compagnie, c’est vraiment une marque de fabrique… Depuis toujours, nos réunions c’est avec pinard et saucisson !

La prochaine pièce de la compagnie s’appelle « Le Fils du Boucher ». Finalement, on en revient toujours à la nourriture !

« Ma Chair est Tendre »  parle aussi du corps, à travers cette nourriture.  Un peu trop gros ici, un peu trop maigre là.  Un peu trop ridé, plus de cheveux, etc… Tout ça c’est à nous et c’est comme ça. Faisons avec et si on regarde bien, cet outil, dans sa singularité, est génial.

Le spectacle commence comme ça et finit comme ça, avec un message positif.

Depuis le début de la création on s’était dit qu’il fallait être très vigilant pour éviter d’être dans un rapport de culpabilisation par rapport à la nourriture. On a une responsabilité, on fait du spectacle et c’est notre responsabilité en tant qu’artiste. On ne peut pas dire n’importe quoi, parce qu’on est dans une démarche populaire et il faut que les choses soient comprises telles qu’elles sont dites. Un enfant en surpoids qui voit le spectacle, il faut qu’il sorte de là et qu’il soit bien avec lui-même. Car le monde ne le sera pas forcément.

 

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« Ma Chair est Tendre » met en lumière les rapports aux autres et à nous-mêmes, avec toutes nos failles, nos peurs, nos pulsions, nos difficultés, nos joies, nos émotions… Pour vous, quel est le message principal que vous avez voulu faire passer à travers cette pièce ? Qu’on a chacun une folie ordinaire, et que c’est OK ?

 

Oui ! Que ne pas s’autoriser à la folie rend fou.

Le Monsieur ou Madame tout le monde qu’on croise tous les jours est beaucoup plus fou ou folle qu’on peut le croire lorsque l’on voit ce qui se cache derrière. Nous avons tous des vies bien plus palpitantes nous pourrions le croire.

C’est comme dans les films de Yolande Moreau. Pour moi « Ma Chair est Tendre » est dans cette lignée-là. Je n’ai pas cette prétention d’être aussi doué qu’elle dans l’écriture et l’interprétation, mais l’idée de mettre en valeur des petits gens qui une fois rentrés chez eux, ont des vies extraordinaires, me fascine.

D’ailleurs j’avais mené un stage d’écriture au Plateau Ivre il y a quelques temps sur le thème : comment le quotidien devient extraordinaire.

Le réalisateur Emir Kusturica est aussi une grande source d’inspiration avec des petites scènes de vie complètement barrées… et en même temps tout paraît tellement simple et réaliste.

J’aime beaucoup parler de ce qu’on dit marginaux. Et en même temps on est tous en marge de quelqu’un d’autre. Donc finalement tout cela est très banal.

 

 

 

 

 

LE FILS DU BOUCHER

 

Qu’est-ce qui vous a amené à faire le choix de cette création inspirée de la vie d’Edouard II d’Angleterre ?

 

Ce n’était pas un choix…

En regardant dans ma bibliothèque un jour, je tombe sur une pièce que je ne savais pas avoir qui s’appelle « Edouard II » de Christopher Marlowe. Je lis cette pièce et c’est un véritable raz-de-marée dans ma tête. L’histoire et le personnage me chamboule. Mon souhait est de monter la pièce, mais au vue du nombre de personnages, la production a du mal à démarrer.

Puis je déménage. Et lorsque je fais mes cartons, je tombe sur une autre version d’Edouard II écrit par Bertolt Brecht, un de mes auteurs préférés. Je le trouve beaucoup plus drôle, beaucoup plus satirique. Il a vraiment repris la pièce de Marlowe avec les mêmes personnages, la même trame, mais l’a écrite autrement. Les ayants droits pour Brecht ont rendu l’adaptation impossible.

Tout cela, c’était il y a 10 ans…

Et depuis tout ce temps, Edouard II ne m’a jamais quitté. Je crois sincèrement, sans prétention aucune, qu’un acteur a parfois des rencontres avec des rôles. Je ne dis pas que ça finit bien, mais en tout cas, celle-là en est une.

J’ai eu la chance de mettre en scène un atelier amateur de Artopie. On a travaillé sur les 2 versions d’Edouard II. J’ai réécrit des choses, on a retravaillé des éléments. Puis en discutant avec l’équipe Madame Oldies, j’ai compris que ce que je voulais vraiment faire c’est écrire ma propre version.

L’histoire d’Edouard II est démesurée et extraordinaire. C’est une histoire d’amour qui se déroule sur 30 ans.  Des histoires de rois homosexuels il y en a toujours eu, sauf que lui il l’affiche et le revendique.  Il était pro mariage pour tous bien avant son époque.

Et puis c’est une histoire de guerre. Une vraie histoire shakespearienne avec des guerres, des alliances, des contre-alliances.

 

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Ce qui m’intéresse c’est de raconter l’histoire d’un roi qui rencontre un homme qui lui fera découvrir l’amour, la passion, l’excès, la liberté. A partir de là, plus rien n’arrêtera cet amour. J’avais envie que cet amant soit, comme Brecht l’avait fait, un fils du boucher, un homme du peuple, loin de la noblesse. J’ai voulu que le centre soit cet amant-là, qui est le déclencheur de tout. La pièce on va la positionner dans la dernière heure de la vie d’Edouard II. Son amant, lui est déjà mort depuis un moment.

 

 

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Comment s’est passé votre résidence de création à la NEF ? Quels ont été les challenges rencontrés ?

 

Cela fait 10 ans que ce projet m’accompagne. Cela fait 5 ans que je l’écris. Des versions du texte, j’en ai déjà écrit plein. La 1ère version je l’avais écrite avec autant de personnages que pour Brecht et Marlowe.

Par la suite, j’ai écrit une version avec 4 personnages à huit-clos, proche de l’esprit de Copi.

Puis avec le temps, j’ai voulu raconter Edouard II et pas forcément de le jouer. Comment arriver à glisser moi l’auteur, l’acteur, qui est en route depuis 10 ans pour aller vers cette rencontre avec ce personnage. Comment faire cohabiter tout ça. Et comment écrire cela pour juste 1 acteur et le cadavre qui sera là sous forme de « marionnette ».

A la NEF à Saint-Dié-des-Vosges, l’idée était d’arriver avec toute cette matière-là et de transmettre à Hélène Tisserand (mise en scène) et Marcela San Pedro (chorégraphie) tout ce que j’ai dans la tête depuis 10 ans, en faisant des essais pour voir approfondir la narration. On se rend vite compte qu’on ne pourra pas tout mettre. Cela m’a remis sur les rails pour pouvoir retourner à l’écriture.

Et puis, il y avait un challenge qui n’était pas évident. J’ai envie que mon Edouard ne parle pas beaucoup, qu’il n’en est plus besoin ou plus l’envie. Alors il faut trouver des stratagèmes : la danse, le cadavre, …

Chez Brecht et Marlowe il y a un grand absent dans leurs pièces : le peuple. Moi j’ai envie que toute la trame de l’histoire soit racontée par le peuple. Et en mettant tout cela dans le contexte de 2020 avec le réveil de l’homophobie, la religion, les médias.

Pour finir, il y a un rôle que j’ai eu très envie de mettre en lumière : sa femme, qui était mariée 13 ans avec un roi homosexuel. Elle est française, il est anglais… elle ne comprend rien de ce qu’il dit. Elle se tait. Elle observe. Puis un jour, c’est elle qui va reprendre le pouvoir. Et le jour où elle le fait, alors là, attention.

 

 

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Pour plus d’informations sur la compagnie Madame Oldies  

Site web : http://www.madameoldies.com/
Facebook : @MADAME-OLDIES-CIE

Crédits photos : ©CIE MADAME OLDIES