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Icônes de l’association Les Fêlés du Local

A l’occasion du 20ème anniversaire de l’Espace culturel et social de la Pranzière à Cornimont, le public a pu découvrir le spectacle Icônes, écrit et mis en scène par Sylvia Voinet.

C’est une salle comble dans la salle J. Villeret. En effet, le public, venu entre amis ou en famille, est au RDV pour témoigner de la belle sororité et complicité entre toutes les comédiennes de l’association Les Fêlé.es du Local.

Icônes mêle amateures et professionnelles de tous âges (de 30 à 75 ans). Ce groupe de femmes a travaillé sur ce projet commun tout au long de l’année, de l’automne 2024 au printemps 2025.  Ecriture du spectacle grâce à leurs témoignages, arts de la scène, technique, fabrication de costumes et accessoires…, elles ont pu toucher à tous les métiers du spectacle vivant à travers cette création.

Le spectacle aborde le sujet du droit des femmes, mais pas que.
On y découvre le destin d’icônes féminines qui ont marqué l’histoire, mais on parle également du quotidien de toutes les femmes.
Avec humour, poésie, légèreté, force, audace et un brin de folie, on passe d’une scène à une autre en chant, en danse et de surprise en surprise.

Coco arrive à l’atelier. On l’appelait Mademoiselle, mais elle s’appelait Gabrielle.
Rokudenashiko est en prison parce qu’elle a osé sculpter une vulve, Sacheen Littlefeather vient affronter le public des Oscars au nom de Marlon Brando.
Et aussi Rosa Parks qui a refusé de céder sa place à un homme blanc, Carmen sacrifiée au nom de l’amour d’un homme jaloux, la Du Barry ou la Pompadour qui ont dû choisir l’ombre des Grands Hommes pour survivre.
Il y a bien sûr toutes ces injonctions faites aux hommes comme aux femmes pour perpétuer de vieilles traditions.
Un spectacle à rire et à pleurer pour se divertir et s’étonner.

 

A la fin du spectacle, le micro s’est ouvert pour laisser la parole au public et nous avons pu constater qu’Icônes parle à tous, femmes et hommes.

La restitution s’est faite dans le cadre des 20 ans de l’ECSP, qui a chaleureusement accueilli l’association lors du processus de création et des répétitions du spectacle.

 

L’association Les Fêlé.es du Local

L’association, créée en 2017, a pour mission de réaliser ou promouvoir des projets festifs et culturels. Elle œuvre également à revitaliser les lieux de culture au cœur des territoires vosgiens. Elle apporte son soutien à d’autres associations en mettant à leur disposition des bénévoles.

 

Icônes en images …

Photos : ©Les Fêlé.es du Local

 

 

La compagnie IPAC et leur création « Après le déluge »

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Cette nouvelle création fait suite à l’appel à projets « Création Partagée Edition #1 » et reçoit le soutien à la création de la DRAC Grand Est (le dispositif Jeunes Estivants coordonné par Scènes et Territoires) , du Ministère de l’Education Nationale, du Conseil Départemental des Vosges, de la communauté de communes des Hautes-Vosges et du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges.

 

Une nouvelle création en immersion dans les Vosges

La compagnie IPAC avait pour souhait de créer hors du théâtre et de travailler les paysages, à l’extérieur, tel un tournage au cinéma mais sans les caméras et écrans. L’idée de départ était de mettre en lumière et en son les décors déjà existants pour raconter une histoire qui implique les publics.

Il y a un réel engagement auprès de toute l’équipe artistique et les collaborateurs techniques (scénographes, concepteurs lumière, directeurs techniques, costumières, …) pour créer des spectacles qui mettent en immersion, en pleine nature ou en salle, avec un univers sonore et visuel très prononcé.

Etre dehors, c’est aussi pour IPAC une manière de faire découvrir au public ces autres métiers du théâtre et mettre en lumière les techniciens. On y découvre un lieu qui est éclairé autrement, qui a été transformé.

 

Une série théâtrale… 4 épisodes, 4 lieux insolites

Cette création fait écho au format court de séries de 45 minutes que l’on peut voir aujourd’hui sur des plateformes telles que Netflix. « On a fait une sorte d’étude un peu intuitive du temps d’attention que pouvait accorder les publics au spectacle. Puis c’est un format qui permet aux personnes qui travaillent et aux familles avec des enfants de faire le déplacement, sans que cela devienne trop lourd ».

Ainsi, la compagnie IPAC a répondu à la commande de la Communauté de Communes des Hautes Vosges dans le cadre du Plan Paysage qui souhaitait que plusieurs thèmes soient abordés dans des lieux différents déjà repérés. « Il y avait ces ‘contraintes’ qui nous ont finalement beaucoup aidé en tant qu’artistes en nous évitant de partir uniquement de nos ressentis émotionnels. On a découvert en faisant. »

Les épisodes se suivent et la compagnie découvre alors un public de retour à chaque rendez-vous. « On a croisé beaucoup de familles avec parfois des enfants en bas âge. On a fait la rencontre de personnes qui n’avaient pas pour habitude d’aller au théâtre et qui étaient très agréablement surpris. Et nous l’étions aussi ! Cela a créé du lien entre eux et avec nous, acteurs et concepteurs. C’était très valorisant pour tout le monde. »

Ce travail a également permis à IPAC de se questionner sur comment renouveler le public et faire venir des jeunes au théâtre (adolescents et jeunes adultes) et qu’ils aient l’envie d’aller au théâtre plutôt que de rester devant les écrans.

Et ce format séries fonctionne. Les spectateurs se font attraper par la fiction. Ils croient aux personnages. La compagnie finit par tisser une histoire.

IPAC souhaite réitérer l’expérience d’une fiction qui se poursuit et qui va chercher un public qui viendrait au théâtre comme il regarderait « Plus belle la vie » à la télévision. Les artistes réfléchissent actuellement sur une série qui s’implanterait sur un lieu unique vosgien qui n’est pas destiné au théâtre. Au-delà de l’aspect écologique et économique, ils ont l’envie d’exploiter au mieux un même lieu afin de le faire découvrir autrement, à chaque épisode.

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Un thriller théâtral

Le mode de thriller théâtral plait beaucoup aux gens. Ça rejoint un thème populaire de ce qu’on peut voir à la télévision avec le suspens et l’univers mystérieux de la nuit. 

La compagnie a débuté avec 4 mois d’intervention auprès d’enfants âgés de 6 à 12 ans. Ils ont recueilli leurs témoignages sur leurs rapports à la vie, à la nature et l’écologie, à la crainte de demain, et à leur imaginaire. « Cela a permis de libérer la parole sur plein de choses. »

A partir de là, l’intrigue est née : un déluge frappe le territoire et les enfants décident de faire face à la situation d’urgence climatique pour trouver des solutions pour protéger les adultes. Leur soudaine disparition lève des doutes et des inquiétudes.

Le 1er épisode a été filmé et introduit à chaque épisode suivant comme un récapitulatif de l’intrigue. « Après le déluge » couvre l’enquête de la disparition des enfants. Un inspecteur de police est appelé de Bruxelles pour venir les trouver. On fait la rencontre des enquêteurs et des enquêtés.

 

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Un théâtre aujourd’hui pour un monde de demain

« Après le Déluge » parle de situation d’urgence climatique et d’enfants acteurs du monde de demain. C’est un théâtre qui souhaite sensibiliser et ouvrir la parole pour avancer vers un meilleur monde.  IPAC est une compagnie de jeunes artistes, tous concernés par ces sujets d’actualité.

C’est nous demain qui allons faire des enfants. Intimement nous sommes tous en questionnement. 

 

Des challenges rencontrés, des challenges surmontés

La compagnie a rencontré un grand challenge en terme de timing. Ils ont eu une semaine pour s’implanter, dessiner une histoire et un décor, penser l’éclairage, … Ils devaient créer vite et écrire au fur et à mesure des épisodes. Ils ont suivi leur intuition et se sont rendu compte que c’était vers là qu’ils voulaient orienter le travail des créations de la compagnie.

La météo était également un facteur à prendre en compte à chaque épisode. « Jusqu’à la dernière minute nous étions menacé de décamper ou trouver des solutions. »

 

Une belle collaboration avec la jeunesse

IPAC a travaillé avec 180 enfants et leurs enseignantes de 8 différentes écoles vosgiennes (Thiéfosse, Sapois, Cleurie, Gerbamont, Basse-sur-le-Rupt, Faucompierre, Laveline-du-Houx, La Forge). « Les 8 maîtresses d’écoles ont vraiment été des collaborateurs. C’était très touchant. Elles ne nous ont pas lâché jusqu’au dernier épisode. » 

La rencontre avec les enfants, qui n’était pas prévu au départ, était en réponse à cet appel à projets. La compagnie avait envie d’inviter des gens de leur propre génération et de la génération qui suit et cherchait un mode pour le faire.

« Lorsque nous avons rencontré les enfants, on a eu des indices sur ce qui eux les intéressait et ils nous ont un peu surpris. En les rencontrant et en voyant le potentiel qu’ils avaient, très rapidement on s’est dit avec le metteur en scène que l’on pouvait aller plus loin dans cette démarche de travail exigeant avec des exercices d’acteurs qu’on avait appris lors de nos différents voyages. Mobiliser ces compétences chez les enfants et les développer, ça donne au plateau quelque chose d’assez incroyable. » 

La compagnie IPAC a pour ambition de monter une sorte d’école alternative auprès d’enfants intéressés. Une école qui ne formerait pas au métier de comédien.ne mais qui développerait des compétences utiles pour leur vie future (en prise de parole, en positionnement, …).

C’est une vraie volonté de la compagnie et de l’ensemble de ses collaborateurs de poursuivre la création dans des lieux qui ne sont pas des théâtres, à partir de ce qui existe déjà et de poursuivre le travail avec les enfants.

On n’a pas une ambition d’éducation artistique et culturelle, mais on est plutôt dans une recherche artistique de ce potentiel de l’enfant et de ce qu’il peut amener sur un plateau. Puis comment nous pouvons nous aussi les accompagner à développer des compétences que l’on découvre souvent trop tard ou pas du tout. Ils nous ont beaucoup surpris et on a énormément appris à leurs côtés. L’échange s’est fait dans les deux sens. 

 

L’actualité de la compagnie

Leur nouveau spectacle, « Déluge », prévue pour 2022 est coproduite par le CDN de Nancy.

Pour la prochaine création, la compagnie IPAC aimerait faire une saison 2 « Après le déluge » dans les Vosges, mais n’est pas encore sûre de sa forme. Elle a une réelle envie artistique de continuer avec de vrais publics qui ne sont pas convaincus d’office, de poursuivre un travail avec les enfants, de faire avec un besoin aperçu sur le terrain. « On est en train de déposer des dossiers pour poursuivre cette création. Nous n’avons pas de modèle préconçu. Nous n’avons pas envie de suivre un chemin conventionnel. On a de la chance d’avoir des soutiens qui partagent nos valeurs. »

En parallèle de ce nouveau spectacle, IPAC, centre de formation reconnu par l’Etat, propose « VoiceLab », une formation professionnelle d’initiation au chant polyphonique géorgien à destination d’artistes professionnels ou en voie de professionnalisation du spectacle vivant. La formation se tiendra en 2022 à Paris et la compagnie souhaiterait l’implanter également sur le territoire vosgien.

Jusqu’ici l’équipe habitait à Paris, mais se rapproche petit à petit pour s’installer dans les Vosges. La compagnie a pour ambition de faire venir les artistes étrangers sur le territoire plutôt que de repartir en expédition dans le monde comme ces 5 dernières années. IPAC souhaite ouvrir des portes aux enfants et leur donner un espace pour se questionner sur des sujets universels comme l’interculturalité et l’étranger.

Pour des enfants qui ont des parcours différents, même intimement, cela a permis à certains de comprendre qu’ils ont une place. 

 

Pour plus d’informations sur la compagnie IPAC :
Site web : : http://www.ipac-cie.com
Facebook : @interculturalperformingartscie

Crédits photos : ©Vladimir Lutz

 

 

Rentrez dans la Zone au théâtre de Verdure à Vagney !

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Hélène Tisserand, comédienne et metteure en scène et Pierre-Marie Paturel, comédien et magicien, Compagnie Le Plateau Ivre

 

Une saison pas comme les autres les amène à créer La Zone…

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Au départ, comme 1ère piste pour répondre aux mesures imposées par la crise sanitaire, la compagnie Le Plateau Ivre a pensé réunir des groupes de 10 personnes, 2 fois par jour, avec les acteurs au centre et le public qui déambule autour.

Puis la question du théâtre fermé s’est posé. Qu’est-ce que cela veut dire exactement ? Qu’est-ce qu’il y a de si grave, au-delà du virus, qu’un théâtre fermé ? Que se passerait-il ?

Et de là est né quelque chose de suspect. L’envie de créer la rumeur autour de ces questionnements.

L’image des médias est arrivée vite lors de la création pour montrer comment les médias s’emparent du scoop.

La Zone a été inspiré des textes de Matei Visniec qui raconte l’homme dans le cercle et comment au fur et à mesure dans la ville, on voit fleurir tout un tas de cercles de craie avec des gens à l’intérieur, pour se protéger.

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Extrait de « Théâtre décomposé ou l’homme-poubelle » de Matei Visniec
« Si je veux être seul, je m’arrête, je sors la craie noire dans ma poche et je trace un cercle autour de moi. Dans mon cercle, je suis à l’abri. Personne n’a ni le droit ni le pouvoir de m’adresser la parole si je me trouve dans mon cercle. Personne n’a ni le droit ni le pouvoir d’y entrer, de me toucher ou même de me regarder trop longuement.

Quand je suis dans mon cercle, je n’entends plus les bruits de la rue, les vagues de la mer ou les cris des oiseaux. Je peux y rester, sans bouger, aussi longtemps que je veux. Rien de ce qui se passe autour de moi ne m’intéresse plus. Le cercle m’isole du monde extérieur et de moi-même. C’est la félicité totale, c’est la paix.

A l’intérieur du cercle on ne sent plus ni le froid ni la faim ni la douleur. Le temps s’arrête, lui aussi. On plonge dans l’abstraction comme dans un rêve protecteur. On devient le centre du cercle. »

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C’est un rapport fort au confinement avec l’idée de rester chez vous en toute sécurité. Ce petit texte de Visniec résonne beaucoup avec la situation.

Pour « La Zone », nous avons choisi des monologues de personnages qui sont enfermés dans leurs situations. Nous les avons fait vivre ça bien, de manière positive, même si la situation ne l’est pas. C’est un monde différent, mais un fonctionnement normal.

Et puis ça vient nous questionner sur nos libertés. Il y a un aspect mythique qu’on a voulu mettre en scène.

Un autre texte de Visniec nous a également : Le Lavage de Cerveau. Cette idée d’aller au centre du lavage de cerveau une fois par an pour renaître. Le parcours de ce spectacle était d’ailleurs imaginé au départ comme une boucle où les gens pouvaient déambuler, y rentrer puis ressortir. Mais en terme de mise en scène, avec les 6 acteurs, cela était trop compliqué.

Finalement c’est un parcours en pleine montagne avec le personnage de Mélanie Bauer dans son rôle d’investigatrice qui guide le public et fait le lien entre tout cela.

Elle est dans notre monde réel, mais un peu frappée, puis entre deux et pour finir par entrer dans ce monde autre.

Elle nous rassure au début et nous donne l’envie de glisser vers un monde différent, plus frais. C’est un travail sur la perte de repères. Le public se retrouve au Théâtre de verdure, mais ne sont pas dans l’endroit habituel. C’est un vrai voyage initiatique.

 

 

« LA ZONE » EN IMAGES…

 

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Le Plateau Ivre aujourd’hui et demain…

 

Nous avons pu lancer la saison 2020 du Théâtre de Verdure. Cela nous a demandé beaucoup de travail dans un délai très court, avec une commande d’écriture auprès de Sébastien Houbre pour la balade contée, une commande de photographie auprès d’Emmanuel Pierrot et une commande de série vidéo auprès de Tristan Bordmann. Ce sont des petites capsules à droite et à gauche pour que l’énergie du lieu ici à Vagney transpire à l’extérieur sur le territoire des Vosges.

Nous avons donc accroché une dizaine de portraits photo dans 8 communes des Vosges. La balade contée qui fait le lien avec ces photos, mais aussi avec ce qui peut se passer dans cette Zone.

Nous avons pris le pari de proposer quelque chose tous les jours. Nous nous sommes dit que si nous avions les autorisations de faire cela maintenant, il fallait le faire maintenant.

En septembre nous reprenons notre résidence de recherche sur l’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges, et ce jusqu’en 2021. Nous mettrons en place des ateliers en lien avec la ville et le territoire.

Puis il y a aussi nos prochaines créations : le cabinet de curiosités et la boîte mobile.
Le cabinet de curiosités verra le jour en 2021, la boîte mobile de curiosités en 2023.

L’idée au départ était de mettre toute l’énergie qu’on met dans le Théâtre de Verdure et la mettre dans une petite boîte qui peut être nomade et arrivée dans les villes. Encore une fois cette idée de perte de repères et de voyages initiatiques. Il se passe des choses dehors, il se passe des choses dedans.

A côté de cela, nous aimerions que « la Zone » puisse trouver sa place dans le théâtre de demain. Etant en extérieur, cela peut facilement se décliner sur tout le territoire. La balade contée peut aussi se rajouter au projet. Et ce personnage de magicien dans « La Zone » qui peut aussi nous ramener au cabinet de curiosités. Tout peut très bien s’imbriquer.

Nous sommes toujours en convention avec la DRAC, le Conseil départemental des Vosges, la Communauté des communes et la commune de Vagney sur le territoire des Hautes Vosges avec toutes les manifestations que nous menons :

  • Le Théâtre de Verdure l’été
  • L’Equinoxe au printemps et à l’automne avec un travail avec les amteurs
  • Le Théâtre au coin du Feu en hiver avec des petits spectacles chez les particuliers, associations et entreprises
  • Le Festival Mai en Scène à Gerardmer
  • L’école du spectateur qui est tout un dispositif que nous proposons aussi pour amener les scolaires ici.

Nous sommes aussi en train de préparer l’après et d’aller vers une structuration de la compagnie. Le climat n’est pas au beau fixe pour la culture, mais il faut plus que jamais qu’on s’entoure. L’année dernière on avait pu être à Avignon et démarrer la saison au Théâtre de Verdure en même temps. Ce n’est pas possible d’être les pilotes sur tous les fronts, alors c’est très important d’avoir une vraie équipe.

 

 

 

 

Le confinement en tant que compagnie de théâtre …

 

Nous avons vécu le confinement un peu comme un trou noir.
On a eu la chance d’être en contact avec nos partenaires pendant toute la durée du confinement afin de leur expliquer nos décisions prises quant à la saison estivale et comment on allait rebondir.

Pour la culture, les répercussions vont être assez longues car tout est reporté sur un an. Nous savons dores et déjà que ceux qui n’ont pas pu faire de représentation cette année vont prendre la place l’année prochaine. Cela ne laisse pas beaucoup de place à la nouveauté et la création.

Le confinement a eu du positif aussi. Cela nous a conforté dans notre choix de ne pas être qu’artiste créateur de spectacles. Je pense que c’est important de multiplier sa façon de travailler et sa façon d’être visible. Nous savons le faire, nous y arrivons encore et nous ne sommes pas encore complètement épuisés pour ça. Le danger c’est d’arriver dans une grande braderie du spectacles parce qu’il faut cachetonner.

Nous étions aussi ravis que toute l’équipe suivait la proposition de cette saison.

C’était difficile d’être sur la création pendant le confinement parce que les choses avaient un peu perdu de sens, sur les projets initiaux. « Pourquoi je monte cela ? », « qu’est-ce que je dis par rapport à ça ? », « est-ce que j’ai encore envie de ça ? »… une réelle remise en question.

Nous avions au départ imaginé proposer notre création « Burn Out » au Théâtre de Verdure avec une vraie recréation du spectacle. En parlant avec la metteure en scène Marie Denys, nous avions conclu que la thématique ne semblait pas coller avec les circonstances, avec l’actualité. Nous n’avions plus le même besoin et ne trouvions plus le sens. Ce confinement aura reflété une quête de sens.

 

 

La place du numérique dans la culture…

 

Pour notre festival Mai en scène pour la ville de Gérardmer, annulé en raison de la crise sanitaire, nous avons réussi à assurer quelque chose par le biais de capsules vidéo que nous avons pu créer agvec notre group d’amateurs participant à l’atelier.

Pour « La Zone », nous avons également créer une série vidéo, réalisée par Tristan Bordmann.

Voici un extrait :

 

Des GIFs et des outils en ligne ont été créés également pour ceux qui ne sont pas en mesure de se déplacer.

Le numérique est quelque chose qui nous plait beaucoup et sur lequel nous travaillons régulièrement. Cela nous permet d’aller chercher d’autres choses, d’autres regards. Nous avons de la chance de travailler avec des personnes qui viennent apporter un autre regard à la mise en scène, au sens large.

 

 

Profitez du Théâtre de Verdure jusqu’au 3 août !

Il reste encore quelques dates à ne pas rater.

 

Le programme complet

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Le Plateau Ivre dans les rues de Saint-Dié des Vosges

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La Compagnie Le Plateau Ivre s’est mis en jeu dans l’espace public au mois de mars, juste avant la crise sanitaire.

Ce moment vient s’inscrire dans le cadre de leur résidence artistique au sein de la communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges (3 sites : la NEF, Georges Sadoul et le Musée Pierre Noël) et dans les projets de création de la compagnie.

Cette sortie dans les rues a permis de révéler la curiosité des habitants. Le but était de créer des espaces intimes au cœur de l’espace public et de créer des histoires. Avec la caméra obscura installée dans la remorque, un travelling a été créé, avec Pierre-Marie, le magicien, qui représentait le regard.

On vous laisse découvrir en images…

Crédits photos : CD88/MEghtesad

 

Au mois de septembre, ils étaient en résidence à l’Espace Georges Sadoul où ils ont créé autour de leur thématique des « curiosités ».L’Espace Georges Sadoul était alors devenue une grande maison des curiosités et ils ont investi les sous-sols, les greniers et tous les petites espaces qui n’ont jamais été vus. Ils ont détourné des objets et détourné le regard.

La 2ème résidence de novembre, était à la NEF. Ils étaient en immersion au marché de Saint-Dié-des-Vosges. Comment connaître un territoire, c’est aussi en allant à sa rencontre et en allant vers les gens. L’idée était d’ouvrir le regard des habitants et d’éveiller leur curiosité. « Racontez-moi où vous habitez »… « Du marché à chez vous, qu’y a-t-il comme curiosités? » La visite du marché a donné lieu à des témoignages et la création de cette carte sensible, ce tableau, que vous pouvez apercevoir sur la remorque. L’idée était d’aller à la rencontre des gens et montrer qu’une résidence peut aussi se mêler à la vie publique.

Ils ont aussi fait un passage en résidence au Musée Pierre Noël où ils ont travaillé sur les objets avec des ateliers pour enfants autour de l’objet et la curiosité.

 

D’autres projets sont en cours de création :

  • 2021 – la création d’un cabinet de curiosités autour de la magie de manipulation et du mentalisme.
  • D’ici 3 ans : une forme de boîte mobile à curiosités. Une espèce de « tiny house », de maison roulante, qui est un élément de scénographie mais aussi un pré-élément qui vient servir le spectacle. Le but de cette boîte mobile c’est d’avoir, sous forme un peu de triptyque, un passage à l’extérieur de la boîte, comme un parcours initiatique où on va trafiquer quelque chose de relativement invraisemblable. Ensuite on va pouvoir l’éprouver à l’intérieur de la boîte mobile. Et après il y aura tout un 360° autour de soi qui donne une espèce de spectacle son et lumières, version théâtrale. Cette boîte viendra s’installer dans l’espace publique.

 

Pour plus d’informations :

Site web : https://leplateauivre.jimdo.com/
Page Facebook : @leplateauivre

Arnault Mougenot de la compagnie de théâtre Madame Oldies

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Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce métier-passion ?

 

Je suis originaire de Bussang. Quand les copains partaient en colonie de vacances, moi j’allais trainer au Théâtre du Peuple où je vendais des glaces, je tenais des petits rôles, … C’était presque écrit que j’allais faire du théâtre, alors par esprit de contradiction je ne voulais pas faire ça !

J’ai fait un sport-études équitation, puis un jour j’ai tout arrêté et je me suis un peu retrouvé entre deux. Un jour l’ancien directeur du Théâtre du Peuple m’appelle pour me dire qu’il manquait une personne dans la promotion à l’Ecole Nationale d’Art Dramatique de Montpellier aux côtés d’Ariel Garcia Valdès. Il a pensé à moi. J’ai commencé cette école un peu comme ça alors que d’autres s’arrachent les yeux de la tête pour y rentrer. Je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait.

Finalement, ce sont des rencontres avec des personnes qui font que…

 

Vous êtes revenu vivre et travailler dans votre région d’enfance. Pour vous, qu’est-ce qu’il y a d’unique dans les Vosges ?

Le parcours de la compagnie Madame Oldies est un peu particulier parce que j’ai beaucoup bougé entre Montpellier, Saint Etienne (artiste-associé à la Comédie de Saint Etienne) et Paris. La compagnie m’a accompagné tout le long, mais elle s’est vraiment construite ici dans les Vosges.

Nous avons recréé un vrai noyau dur artistique et administratif et nous avons pu tisser de vrais liens et échanges avec nos partenaires, que ce soit nos tutelles ou les professionnels. Et c’est ça qui est unique. Cela prend du temps, mais ça marche.

Ce n’est pas plus facile que dans d’autres régions, mais c’est ici que ça s’est fait pour nous. Et je suis très content de tout ce renouveau qu’il y a dans la compagnie et dans l’équipe.

 

Vous avez une vraie signature au niveau de l’écriture. Pourquoi avoir choisi de raconter vos histoires avec tant de poésie et d’humour noir et grinçant ? 

Tout d’abord j’ai été marqué et inspiré par des auteurs en tant que metteur en scène et personnellement, en tant que lecteur.

Il y a Copi, auteur argentin complètement surréaliste, fou, extravagant avec des situations abracadabrantesques et des personnages dingues un peu à la Pedro Almodóvar, où tout le monde se shoote et se baise … et c’est normal.

Il y a eu également Friedrich Dürrenmatt. Je dois dire que c’est ma rencontre dramaturgique. Il écrit des histoires dingues, immenses, exagérées, et en même temps complètement politisées, humanistes et populaires. Et il raconte tout cela sous forme d’humour.

Lorsque j’ai découvert cet auteur, je comprenais pas pourquoi ses pièces n’étaient plus montées. Aujourd’hui, le théâtre populaire, drôle, divertissant et un peu engagé a vraiment perdu ses lettres de noblesse. Encore que, je trouve que l’on y retourne tout doucement. Je pense que par le divertissement on peut raconter toutes les horreurs du monde, tous les sujets du monde et faire réfléchir les gens.

Puis à un moment donné je me suis dit qu’il était temps que je m’affirme en tant qu’auteur. Je me suis donc repositionné.

Et pour finir, cet humour est ma nature. Je préfère me moquer de moi-même que de m’apitoyer dessus.

Le rire n’est pas forcément un rire sonore. Cela peut aussi être un rire qui fait pleurer. La pièce « Ma Chair est Tendre » est un spectacle où certaines personnes vont rire à des choses, d’autres en seront gênées et d’autres y seront sensibles. J’aime bien ce genre de mixeur d’émotions vives et express.

L’autorisation de la folie est clé pour moi. Ne pas s’autoriser à être fou, ça rend dingue. Aujourd’hui on est dans une société où tout le monde fait attention à tout. Tout le monde se dit marginal et en même temps tout le monde fait comme tout le monde. Et on pète tous les plombs. La société ne va pas très bien…

 

 

MA CHAIR EST TENDRE

 

Vous pouvez nous faire un pitch d’enfer pour « Ma Chair est Tendre » ?

 

C’est l’histoire d’un homme de 40 ans qui est tout seul. L’âge, il n’arrive pas à le digérer. Il va manger pour combler. Et en mangeant, la moindre chose devient vecteur à s’inventer une histoire pour fuir une réalité.

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La nourriture a une place centrale sur scène (jusqu’à vous servir de masque de farine tel un clown mi-comique, mi-tragique). Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Ce n’est pas la place que j’ai voulu donner à la nourriture, c’est la place qu’elle a. Tous les jours elle est avec nous. On se réveille, la 1ere chose que l’on fait est manger. On se retrouve entre amis, on mange et on boit un verre. On est heureux, on mange. On est malheureux, on mange. Ou alors on ne mange plus du tout et on est en refus de la nourriture. On mange à excès… La nourriture est déjà centrale dans nos vies.

J’ai écrit un spectacle sur un personnage célibataire pour qui la nourriture est sa compagne qui rythme sa journée. La nourriture est centrale dans le spectacle et en même temps on n’en parle pas. Elle est là et elle l’accompagne, tout simplement.

A la compagnie, c’est vraiment une marque de fabrique… Depuis toujours, nos réunions c’est avec pinard et saucisson !

La prochaine pièce de la compagnie s’appelle « Le Fils du Boucher ». Finalement, on en revient toujours à la nourriture !

« Ma Chair est Tendre »  parle aussi du corps, à travers cette nourriture.  Un peu trop gros ici, un peu trop maigre là.  Un peu trop ridé, plus de cheveux, etc… Tout ça c’est à nous et c’est comme ça. Faisons avec et si on regarde bien, cet outil, dans sa singularité, est génial.

Le spectacle commence comme ça et finit comme ça, avec un message positif.

Depuis le début de la création on s’était dit qu’il fallait être très vigilant pour éviter d’être dans un rapport de culpabilisation par rapport à la nourriture. On a une responsabilité, on fait du spectacle et c’est notre responsabilité en tant qu’artiste. On ne peut pas dire n’importe quoi, parce qu’on est dans une démarche populaire et il faut que les choses soient comprises telles qu’elles sont dites. Un enfant en surpoids qui voit le spectacle, il faut qu’il sorte de là et qu’il soit bien avec lui-même. Car le monde ne le sera pas forcément.

 

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« Ma Chair est Tendre » met en lumière les rapports aux autres et à nous-mêmes, avec toutes nos failles, nos peurs, nos pulsions, nos difficultés, nos joies, nos émotions… Pour vous, quel est le message principal que vous avez voulu faire passer à travers cette pièce ? Qu’on a chacun une folie ordinaire, et que c’est OK ?

 

Oui ! Que ne pas s’autoriser à la folie rend fou.

Le Monsieur ou Madame tout le monde qu’on croise tous les jours est beaucoup plus fou ou folle qu’on peut le croire lorsque l’on voit ce qui se cache derrière. Nous avons tous des vies bien plus palpitantes nous pourrions le croire.

C’est comme dans les films de Yolande Moreau. Pour moi « Ma Chair est Tendre » est dans cette lignée-là. Je n’ai pas cette prétention d’être aussi doué qu’elle dans l’écriture et l’interprétation, mais l’idée de mettre en valeur des petits gens qui une fois rentrés chez eux, ont des vies extraordinaires, me fascine.

D’ailleurs j’avais mené un stage d’écriture au Plateau Ivre il y a quelques temps sur le thème : comment le quotidien devient extraordinaire.

Le réalisateur Emir Kusturica est aussi une grande source d’inspiration avec des petites scènes de vie complètement barrées… et en même temps tout paraît tellement simple et réaliste.

J’aime beaucoup parler de ce qu’on dit marginaux. Et en même temps on est tous en marge de quelqu’un d’autre. Donc finalement tout cela est très banal.

 

 

 

 

 

LE FILS DU BOUCHER

 

Qu’est-ce qui vous a amené à faire le choix de cette création inspirée de la vie d’Edouard II d’Angleterre ?

 

Ce n’était pas un choix…

En regardant dans ma bibliothèque un jour, je tombe sur une pièce que je ne savais pas avoir qui s’appelle « Edouard II » de Christopher Marlowe. Je lis cette pièce et c’est un véritable raz-de-marée dans ma tête. L’histoire et le personnage me chamboule. Mon souhait est de monter la pièce, mais au vue du nombre de personnages, la production a du mal à démarrer.

Puis je déménage. Et lorsque je fais mes cartons, je tombe sur une autre version d’Edouard II écrit par Bertolt Brecht, un de mes auteurs préférés. Je le trouve beaucoup plus drôle, beaucoup plus satirique. Il a vraiment repris la pièce de Marlowe avec les mêmes personnages, la même trame, mais l’a écrite autrement. Les ayants droits pour Brecht ont rendu l’adaptation impossible.

Tout cela, c’était il y a 10 ans…

Et depuis tout ce temps, Edouard II ne m’a jamais quitté. Je crois sincèrement, sans prétention aucune, qu’un acteur a parfois des rencontres avec des rôles. Je ne dis pas que ça finit bien, mais en tout cas, celle-là en est une.

J’ai eu la chance de mettre en scène un atelier amateur de Artopie. On a travaillé sur les 2 versions d’Edouard II. J’ai réécrit des choses, on a retravaillé des éléments. Puis en discutant avec l’équipe Madame Oldies, j’ai compris que ce que je voulais vraiment faire c’est écrire ma propre version.

L’histoire d’Edouard II est démesurée et extraordinaire. C’est une histoire d’amour qui se déroule sur 30 ans.  Des histoires de rois homosexuels il y en a toujours eu, sauf que lui il l’affiche et le revendique.  Il était pro mariage pour tous bien avant son époque.

Et puis c’est une histoire de guerre. Une vraie histoire shakespearienne avec des guerres, des alliances, des contre-alliances.

 

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Ce qui m’intéresse c’est de raconter l’histoire d’un roi qui rencontre un homme qui lui fera découvrir l’amour, la passion, l’excès, la liberté. A partir de là, plus rien n’arrêtera cet amour. J’avais envie que cet amant soit, comme Brecht l’avait fait, un fils du boucher, un homme du peuple, loin de la noblesse. J’ai voulu que le centre soit cet amant-là, qui est le déclencheur de tout. La pièce on va la positionner dans la dernière heure de la vie d’Edouard II. Son amant, lui est déjà mort depuis un moment.

 

 

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Comment s’est passé votre résidence de création à la NEF ? Quels ont été les challenges rencontrés ?

 

Cela fait 10 ans que ce projet m’accompagne. Cela fait 5 ans que je l’écris. Des versions du texte, j’en ai déjà écrit plein. La 1ère version je l’avais écrite avec autant de personnages que pour Brecht et Marlowe.

Par la suite, j’ai écrit une version avec 4 personnages à huit-clos, proche de l’esprit de Copi.

Puis avec le temps, j’ai voulu raconter Edouard II et pas forcément de le jouer. Comment arriver à glisser moi l’auteur, l’acteur, qui est en route depuis 10 ans pour aller vers cette rencontre avec ce personnage. Comment faire cohabiter tout ça. Et comment écrire cela pour juste 1 acteur et le cadavre qui sera là sous forme de « marionnette ».

A la NEF à Saint-Dié-des-Vosges, l’idée était d’arriver avec toute cette matière-là et de transmettre à Hélène Tisserand (mise en scène) et Marcela San Pedro (chorégraphie) tout ce que j’ai dans la tête depuis 10 ans, en faisant des essais pour voir approfondir la narration. On se rend vite compte qu’on ne pourra pas tout mettre. Cela m’a remis sur les rails pour pouvoir retourner à l’écriture.

Et puis, il y avait un challenge qui n’était pas évident. J’ai envie que mon Edouard ne parle pas beaucoup, qu’il n’en est plus besoin ou plus l’envie. Alors il faut trouver des stratagèmes : la danse, le cadavre, …

Chez Brecht et Marlowe il y a un grand absent dans leurs pièces : le peuple. Moi j’ai envie que toute la trame de l’histoire soit racontée par le peuple. Et en mettant tout cela dans le contexte de 2020 avec le réveil de l’homophobie, la religion, les médias.

Pour finir, il y a un rôle que j’ai eu très envie de mettre en lumière : sa femme, qui était mariée 13 ans avec un roi homosexuel. Elle est française, il est anglais… elle ne comprend rien de ce qu’il dit. Elle se tait. Elle observe. Puis un jour, c’est elle qui va reprendre le pouvoir. Et le jour où elle le fait, alors là, attention.

 

 

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Pour plus d’informations sur la compagnie Madame Oldies  

Site web : http://www.madameoldies.com/
Facebook : @MADAME-OLDIES-CIE

Crédits photos : ©CIE MADAME OLDIES

Lorelyne Foti de la compagnie Ultreia nous parle de « Trust »

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Lorelyne Foti, metteure en scène de la compagnie Ultreia

 

 

La danse, le chant, le théâtre, … qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce métier-passion ? Pouvez-vous nous raconter un peu votre parcours en tant qu’artiste ?

 

Je suis née à Epinal. J’ai commencé dans le milieu sportif, plus précisément en tant que patineuse artistique, pour ensuite me tourner vers la danse et le théâtre.

Je suis diplômée de l’Ecole Claude Mathieu en art et techniques de l’acteur – et de l’AICOM à Paris (Académie Internationale de Comédie Musicale) en chant, danse et théâtre.

J’ai complété ma formation auprès de Chet Walker aux Etats-Unis (Professional advancement award in Jazz musical Theater dance). Nous étions 24 étudiants boursiers de plusieurs nationalités. C’était une réelle richesse de rencontrer d’autres jeunes qui avaient différentes manières de travailler.

J’ai également récemment suivi une formation en dramaturgie à l’Université de Lausanne où j’ai pu allier voix, corps et texte.

A Paris j’ai vécu une période où je ne savais pas ce que je racontais. J’ai joué dans de nombreuses pièces et spectacles musicaux de renommée, en tournée dans toute la France et à l’étranger, mais je n’étais plus en accord avec les projets qu’on me proposait. A un moment je me suis demandée : « pourquoi je monte sur scène ? »

Puis je suis arrivée à saturation et j’ai décidé de faire une marche de Paris jusqu’à Saint Jacques de Compostelle pour me confronter à moi-même. C’est là que j’ai entendu « ultreia » [du latin ultra – au-delà et eia – vers], une façon pour les gens de saluer les pèlerins et dire « bon voyage ». C’était un parcours difficile, mais je me faisais la promesse tous les jours d’avancer (ultreia !). Pour moi, c’était un chemin initiatique où j’ai créé du lien et du sens. L’année qui a suivi, j’ai créé la compagnie Ultreia.

 

 

La compagnie Ultreia, créée en 2013, s’attache à construire des ponts entre les disciplines – danse, musique, voix, théâtre. Pour vous, cet aspect pluridisciplinaire fait la richesse de cette compagnie ?

 

La compagnie Ultreia est un cerveau collectif qui laisse la place aux personnes de créer, selon leurs compétences (son, lumière, scénographie, numérique, danse, etc). De plus, chaque personne a un profil pluridisciplinaire (vidéo + son / scénographie + lumière / comédie + danse ou chant, …).

Toutes mes expériences et mes rencontres m’ont permis d’élargir ma palette. J’ai fait de la danse, du chant, du théâtre et maintenant je veux réellement tester l’écriture.

 

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Vous concevez des stages, des ateliers de pratique artistique et des actions de médiation culturelle pour tout type de publics. Qu’avez-vous envie de transmettre aux autres ? 

 

La compagnie s’articule autour de 3 grands axes :

  • La création
  • La recherche artistique (notre laboratoire)
  • L’action culturelle

Ce dernier est très important pour moi.

Tout d’abord, j’ai eu de très bons professeurs tout au long de mon parcours, notamment au Théâtre du Soleil, qui m’ont donné l’envie d’enseigner.

La Cie Ultreia a également mené le projet citoyen « Confiance : Tous Acteurs » autour de la confiance en soi, en l’autre et en l’avenir. Avec le soutien des ATP nous avons invité des personnes qui n’ont jamais été sur scène et qui sont devenus créateurs et acteurs sur scène et au-delà, dans leurs vies de tous les jours. Nous avons voulu insuffler une énergie pour que cela devienne un collectif.

J’aime concevoir des actions culturelles pour des publics qui n’ont pas accès à la culture et donner une voix aux gens qui n’ont pas l’habitude d’être écoutés.

 

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Vous oeuvrez notamment pour sensibiliser les jeunes au théâtre ? Quel est votre retour d’expérience ?

 

J’adore faire des actions auprès des jeunes (collège, lycée). C’est le public de demain, les citoyens de demain, les futurs porteurs de projets. Les jeunes d’aujourd’hui sont conscients de plus de choses, grâce aux réseaux sociaux. Et à cet âge on se pose beaucoup de questions.

Il faut une école du spectateur, un théâtre immersif. Les ateliers de théâtre leur donnent confiance. On leur donne des outils et on les aide à développer un esprit critique. Cela crée du dialogue et du débat.

Le territoire vosgien est un formidable laboratoire d’expériences et il faut multiplier les actions envers les jeunes.

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Qu’est-ce qui vous donne envie de porter une œuvre théâtrale et d’y mettre votre empreinte ? Qu’est-ce qui vous a amené à faire le choix de « Trust » par exemple ?

 

« Trust » est une pièce de Falk Richter écrite en 2009 après la crise des « subprimes ». Mais aujourd’hui, c’est toujours d’actualité. On vit dans une société qui prône l’avoir au lieu de l’être. Il y a de plus en plus de « burnout » et de suicides.

En lisant le texte de Richter, quelque chose a résonné en moi. C’était des questions que je me posais en tant qu’artiste. Puis j’avais envie de choisir une œuvre contemporaine.

J’ai été séduite par la forme : « Trust » est écrit comme des pièces d’un puzzle. Aucune indication… pas de distribution… parfois même aucune ponctuation. Dans le texte original on peut lire « je crois que je suis en train de m’effondrer, tout simplement ». Puis, une page blanche. Il faut traiter cette page blanche avec le corps, la musique, le mur… comme on traite le vide. Cela m’a semblé fascinant. Un vrai challenge.

 

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La liberté (liberté d’expression théâtrale, liberté de mise en scène, liberté du corps à travers la danse, …) est quelque chose d’important pour vous ?

 

Sans liberté, il n’y a pas de création. On ne serait que des exécutants.

Dans la pièce « Trust », par exemple, j’ai pris énormément de liberté avec la musique. J’ai fait le choix de deux arrangements musicaux particuliers avec 3 niveaux de lecture : le texte, la musique et le cri de justice sociale. Je vous laisse le plaisir de découvrir cela lors de notre prochaine représentation.

Dans cette liberté, j’essaie cependant de créer un cadre très précis. Et dans ce cadre, les acteurs ont cette liberté de s’approprier des choses. J’ai un vrai échange avec les comédiens et toute l’équipe technique. Et on évolue tous grâce au public.

 

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Lors de la représentation, le public découvre une mise en scène épurée avec un grand mur qui permet de jouer sur la transparence et le reflet. On voit des ombres, on voit le reflet des acteurs, on voit des jeux de lumières, des projections de chiffres et puis on découvre même, nous, public, notre propre reflet dans le miroir… Racontez-nous un peu le concept de ce mur unique et original.

 

Pour commencer, je souhaitais quelque chose qui ressemble à la façade d’un building de quartier financier.

Falk Richter écrit : « on est tous au pied du mur ». Je souhaitais un grand mur pour donner une sensation d’écrasement et d’étouffement. Il fallait que l’espace se rétrécisse, que le décor bouge peu à peu vers l’avant, réduisant progressivement l’espace de jeu pour finir en avant-scène mettant comédiens et spectateurs au pied du mur dans un « sans issue » face à eux-mêmes. Le système nous écrase… et nous citoyens poussons le système.

Notre laboratoire artistique a permis de réfléchir à la conception de ce mur et les projections vidéos et numériques sur la surface de cette structure. On a une belle équipe avec d’excellents techniciens qui étaient tous force de proposition.

Ce mur est un élément principal de la pièce qui permet de jouer sur 2 points de vue selon l’éclairage… mais je n’en dis pas plus !

 

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A découvrir …
Prochaine représentation de « Trust » : le 10 janvier 2020 à l’Espace George Sadoul, Saint-Dié-des-Vosges

 

Pour plus d’informations sur la compagnie Ultreia :

Site web : www.compagnieultreia.fr
Facebook : @compagnieultreia1

Crédits photos : ©PierreDolzani

« Suzy Storck » au Théâtre du Peuple

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Simon Delétang, directeur du Théâtre du Peuple – Maurice Pottecher

 

 

Ce lieu, classé monument historique depuis 1976, contribue-t-il à l’art ? Comment fait-il partie intégrante des œuvres théâtrales qui se présentent sur scène ?

 

Avant d’être un bâtiment, c’est un projet… une utopie. L’art accessible au plus grand nombre. Depuis 1976 cette volonté y est ancrée. L’idée est de donner au public des œuvres exigeantes, de leur faire découvrir le théâtre.

Chaque directeur amène son projet. C’est un lieu au service de l’art, un lieu chargé de cette dimension « art » au sens noble.

Ce lieu induit les œuvres qu’on désire monter. Il est inspirant de par son architecture (portes qui s’ouvrent sur la forêt) puis par l’envie de mettre en scène des auteurs vosgiens.

 

 

 

Les Vosges, et cette scène avec un fond qui s’ouvre sur la forêt, est-ce une source d’inspiration pour les acteurs culturels et pour vous ?

 

Certains auteurs écrivent pour le Théâtre du Peuple.

Certains metteurs en scène, tel que Jean-Yves Ruf (« La Vie est un Rêve ») rêvait de travailler ici.

Finalement tout le monde est au service du lieu. Inspiré par la scène qui s’ouvre, le metteur en scène cherche quelle valeur lui donner. Comment la forêt devient un espace poétique et cinématographique. Trouver une analogie avec son propre travail pour y faire figurer la forêt de Bussang. Chacun est libre de s’en inspirer comme il le souhaite.

 

 

 

Vous êtes Directeur du Théâtre du Peuple depuis octobre 2017. Quels ont été les challenges les plus marquants rencontrés ? Quels sont les succès dont vous êtes le plus fier ?

 

Je ne sais pas si on peut vraiment parler de succès dans l’art…
Mais l’expérience la plus marquante pour moi a été de partir à pied du Théâtre du Peuple et d’aller à la rencontre des gens.

Ce projet a commencé en 2018 au nord de Bussang. En 4 ans, j’aurais sillonné tout le territoire avec une réelle dimension interrégionale. Côté sud vers la Franche-Comté cette année et pour finir en 2020-2021 coté est, vers l’Alsace.

J’ai joué dans les églises et les salles de fêtes. Les spectateurs avaient la possibilité de marcher à mes côtés. Je dormais chez les habitants.

Créer l’art auprès des gens, créer du lien. Leur rappeler que le théâtre est un lieu vivant et qu’on peut sortir du bâtiment. Et inciter les gens ensuite à venir au Théâtre du Peuple. Beaucoup connaissaient le théâtre, mais n’y étaient jamais allés.

Je suis fier de cette expérience. Je la vie intensément, seul dans la montagne. C’est une réelle performance physique et expérience humaine enrichissante.

 

 

 

Artiste, metteur en scène, directeur, … qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce métier-passion ?

 

J’étais très tôt au théâtre, vers 3-4 ans. J’étais souvent mis devant des pièces de théâtre. J’ai commencé le théâtre vers 14 ans dans un atelier au collège. J’étais très vite intéressé par ce qui se passait derrière la scène.

J’ai effectué un stage entreprise en 3ème à Limoges où j’ai découvert le métier de régisseur plateau. J’ai fait un cursus option théâtre au bac.

Je voulais tout faire : la mise en scène, la régie et jouer… Et aujourd’hui, je n’ai pas eu à renoncer à l’un ou l’autre. Je combine toujours les 2 ou les 3 dans mes créations.

La passion est venue aussi des spectacles que j’ai vu. Ce n’était pas un déclic…. Si ce n’est que la 1ère fois que je suis monté sur scène.  Là il s’est passé quelque chose en moi d’inexplicable.

 

 

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Vous avez souhaité créer un réel lien et une collaboration entre amateurs et professionnels. Pourquoi est-ce si important pour vous ? Quelle richesse est-ce que cette collaboration apporte à l’art ?

 

C’est l’histoire du Théâtre du Peuple et presque une obligation pour Bussang. L’après-midi on réunit des amateurs et des professionnels.

C’est ici que j’ai découvert les vertus de ce mélange. Les professionnels se ressourcent au contact des amateurs et les amateurs rehaussent leur degré d’exigence. Travailler avec les gens dans la vraie vie, des gens qui ont un travail ou qui sont retraités, c’est une réelle richesse. On sort un peu des circuits professionnels où l’on sait même plus pourquoi on fait ce métier. On retrouve l’essentiel et le plaisir de jouer. On revient à la base.

 

 

Pour vous, est-ce important de mettre en lumière les artistes locaux à Bussang ? Pourquoi ?

 

Des gens viennent de partout en France. C’est une manière de donner de la visibilité et de rendre hommage aux artistes qui sont sur le territoire.

Cette année, c’était un petit hasard d’avoir 3 artistes du Grand Est (Metz, Strasourg, Fraize).

Après Maurice Pottecher, aucun auteur vosgien avait joué au Théâtre du Peuple. Aujourd’hui il y a de nouveau des auteurs d’ici, comme Magali Mougel. Les gens ici sont sensibles à ça et sont fiers de leur territoire et les talents qui y émergent.

 

 

Le public continue d’être au RDV. Vous avez fait le choix de rendre le spectateur véritable participant du projet de théâtre. Expliquez-moi comment et pourquoi ?

 

Il y a des gens qui nous disent « je viens depuis 10 ans, 30 ans … ». Les gens se rendent compte de l’atmosphère unique : la magie du lieu et sa nature tout autour… Puis l’accueil du public avec la direction qui sert au bar. On déhiérarchise le métier et on donne une ambiance familiale.

Notre pari est de continuer à œuvrer à ce que de nouvelles personnes viennent et pas uniquement les habitués. C’est d’ailleurs pour cela qu’on a décalé les heures d’été pour accueillir de nouveaux publics. 450 collégiens du Thillot étaient présents par exemple. Avant, cela était impossible car le théâtre fermait fin août. Nous essayons de leur communiquer la magie du théâtre et leur donner l’envie de revenir avec leurs parents.

 

 

Oeuvrez-vous pour sensibiliser les jeunes au théâtre ? Et quelle vision avez-vous sur cette jeune génération? Une vision plutôt positive ?

 

Si on n’éveille pas la jeunesse et on leur donne que ce qu’ils consomment déjà, on ne va pas aller très loin.

On essaie de sensibiliser un maximum et on s’étend sur un territoire allant entre le Grand Est et la Franche-Comté.

On a travaillé avec des écoles primaires de 4 communes qui sont devenues très liées à notre projet. Toute l’année on essaie d’essaimer le goût pour le théâtre et le texte.

Le cœur de notre mission c’est d’être là pour leur montrer qu’il y a autre chose que la télévision et les smartphones… leur faire découvrir l’art vivant et les grands textes.

Si sur 300 collégiens il y en a que 15 qui auront été marqués, pour nous c’est très bien.

 

 

SUZY STORCK

 

Qu’est-ce qui vous a amené à faire le choix de cette création ?

 

La découverte du texte, tout simplement. Je fonctionne par le désir, en fonction de ce que je lis et ce que je veux raconter. Suzy Storck était un coup de cœur, un coup de poing. La manière d’écrire, la concision.

Puis le fait que Magali Mougel soit vosgienne était aussi un point important.

Et finalement, pour des raisons budgétaires pour la présentation du soir, nous voulions monter une pièce avec peu de comédiens.

C’est allé très vite. Cette pièce je l’ai lu en septembre 2018. Et en octobre, je l’avais prévu pour l’année d’après. Pour moi, il fallait parler de ça – de la place de la femme.

 

 

 

La charge mentale, la place de la femme dans cette société, la transparence de la femme et de la mère de famille, la pression de la maternité, l’identité, … tous des thèmes d’actualité. D’ailleurs un anglicisme, le « mom-shaming » (attaque aux agissements des mamans) est très souvent utilisé aujourd’hui. Suzy Storck fait partie des œuvres qui souhaitent donner une voix à ces femmes d’aujourd’hui ? 

 

Lui donner une voix, oui… mais en même temps cela ne résout rien. Malgré ce qui se passe, cela ne changera rien. Je l’ai réenfermé dans son quotidien à la fin…

Elle ne supporte pas cette situation … et on se rend compte que ça va continuer ainsi…

Elle représente les grandes figures de femmes qui disent stop à un état de fait. Souvent un état installé par les mères, qui les mettent dans les mêmes schémas qu’elles ont vécu elles-mêmes. Et la femme devient prisonnière de ce schéma.

 

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Pour vous, c’est une histoire qui a besoin d’être partagé, même si elle est difficile à entendre ?

 

Les histoires les plus difficiles à entendre sont celles qu’on doit entendre.
Les tabous. Le théâtre est là justement pour oser dire ce qui ne se dit pas dans les foyers.

Dans le public, ça a créé la discussion. Je trouve cela très sain. Des femmes ET des hommes sont venus nous remercier. Des hommes qui ont vécu avec des Suzy Storck et ont eu une vraie prise de conscience. Finalement, on rentre dans des mécanismes.

En tant que fils, je me rends compte maintentant de ce que c’est d’être mère. Les renoncements. On dit que c’est normal… mais c’est terriblement inscrit dans notre société.

C’est un sujet qui nous concerne tous, quel que soit le milieu social.

On va faire une tournée et présenter Suzy Storck dans les grandes villes. Nous voulons voir si la résonance est la même qu’ici.

 

 

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Pour plus d’informations sur le Théâtre du Peuple

Site web : https://www.theatredupeuple.com/
Page Facebook : @theatredupeuple

 

Crédits photos : ©CD88/MEghtesad

 

La nouvelle compagnie de la 5ème Sirène s’installe dans les Vosges

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Rencontre avec Mathieu Brassier, Directeur artistique de la Compagnie de la Cinquième Sirène.

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Vous êtes originaire de Marseille. Pourquoi avoir voulu vous installer dans les Vosges, à Saint-Dié-des-Vosges plus précisément, pour y créer votre compagnie théâtrale ? Pour vous c’est un territoire propice à la création artistique ?

 

La compagnie de la Cinquième Sirène a été créée en février 2019. C’est tout frais. J’avais des amis dans les Vosges, sur Epinal, qui m’ont fait découvrir le département. Je suis tombé sous le charme des paysages.

J’y ai d’ailleurs terminé l’écriture de ma pièce… pour moi c’était un signe. Je me suis dit « tentons l’aventure vosgienne ».

Et puis, c’est un territoire beaucoup moins saturé que Paris ou Marseille. Il y a moins de concurrence et plus de choses à faire pour une compagnie émergente comme la nôtre.

 

 

 

Quels sont les objectifs de la compagnie de la Cinquième Sirène ? La mission que vous vous êtes donnée ?

 

La mission principale est de mettre en lumière nos créations, puis de les décliner sous forme d’ateliers d’écriture et de théâtre. Nous souhaitons réellement travailler avec un public du champ social, du milieu rural ainsi que du milieu carcéral.

On travaille actuellement dans ce sens, sur des projets pédagogiques.

C’est important à ce stade de mieux connaître le territoire afin de nous permettre d’être le plus juste dans nos actions proposées.

 

 

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de choisir ce métier artistique ? Racontez-nous un peu votre parcours.

 

J’ai commencé dans le cinéma. J’ai étudié à l’université de Paris 8 à Saint Denis. J’y ai réalisé 2 court-métrages.

Puis j’étais Chargé de mission au sein de La Fémis, l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son à Paris.

J’ai également travaillé en tant que régisseur au café-théâtre « Le Lieu » à Paris. C’était une très bonne école pour apprendre le métier du théâtre. J’y ai monté sur scène, j’ai présenté des pièces, j’ai fait des 1ères parties. On est sur le terrain… on apprend à ne pas avoir peur du ridicule… on est obligé, le public est là face à nous, à 50cm à peine.

J’ai navigué entre le cinéma et le théâtre puis j’ai créé ma société de diffusion et de développement du théâtre à Marseille (Brassier Diffusion & Développement).

Mais finalement mon souhait était de créer un projet plus artistique et personnel. J’avais envie de changer. J’ai alors créé la Cie Cinquième Sirène.

 

La création d’une compagnie théâtrale peut s’avérer être une étape compliquée. Avez-vous des conseils à partager avec la communauté Culture C Nous et aux acteurs culturels qui envisagent la même démarche ?

 

Le plus pénible c’est la partie administrative. Il faut être très vigilant. Mais étant donné que j’avais mon vécu au café-théâtre « Le Lieu » puis j’avais créé ma société de diffusion, j’avais déjà une certaine expérience pour ça.

Pour ceux qui ne se sentent pas à l’aise avec cette partie admin, je leur conseille de prendre un coach ou un administrateur si possible.

Cette étape est valable pour toute personne qui entreprend finalement.

 

 

Vous avez créé votre 1ère pièce « J’aime Pas les Chats ». Ça parle de quoi ?

 

C’est une comédie dramatique qui parle de 2 frères et 1 sœur, suite à l’enterrement de leur mère, qui doivent décider ce qu’ils vont faire de son chat. C’est le point de départ de la pièce.

On s’aperçoit que dans cette fratrie, quelque chose n’est pas clair. Des alliances pour certains, du désordre chez d’autres. On découvre que des relations conflictuelles se cachent derrière beaucoup d’amour et que dans la tendresse apparente se cache une certaine rivalité.

Le chat représente l’héritage immatériel de nos parents (l’éducation, la morale, les valeurs, …) et puis la question qu’on se pose … « qu’est-ce qu’on en fait de tout ça après ? ».

La pièce dure environ 1h10. 1 acte. 1 tranche de vie. 1 dosage comédie + drame.

On rentre dans l’histoire de cette fratrie et on en sort. Il n’y a pas de morale ou de leçon de vie … c’est tout simplement une histoire à raconter.

 

 

 

Pourquoi souhaitiez-vous partager ce sujet sérieux et délicat sous forme de comédie ?

 

Je pense qu’il faut en rire de la mort. Cette histoire, ce n’est pas quelque chose qui m’a touché personnellement, mes parents sont encore là. Mais j’ai été touché par le deuil d’une manière ou d’une autre. Dans ces situations-là, on peut perdre les pédales… et c’est ça qui fait rire. C’est un réel matériel pour faire rire. J’ai vraiment voulu qu’il y ait des moments de rires mélangés à des moments émouvants.

Ce que j’aime dans le théâtre et le cinéma c’est qu’on est proche du public.

Il y a des vannes dont on était persuadé fonctionnerait, mais finalement ça tombe comme un soufflet.

Puis d’autres moments que vous n’aviez pas prévu et où vous entendez d’un coup le public rire. La réaction du public est souvent inattendu. C’est surprenant et galvanisant.

 

Vous avez présenté « J’aime pas les Chats » au Festival Off d’Avignon cet été. Quel est votre retour d’expérience ? Quel a été votre plus gros challenge ?

 

Le plus gros challenge a été de faire venir le public. Finalement, la salle était comble… il manquait même de la place !

C’est important d’avoir en face de nous le grand public et des professionnels. Quand on a nos amis et la famille pour les 1ères lectures publiques, personne ose vous froisser… on ne vous dit pas si c’était bon ou mauvais.

Nous avons reçu de supers retours du public.
Nous avions oublié de demander au public à la fin de mettre des commentaires sur le site de réservation BilletReduc. Finalement, certaines personnes l’ont fait spontanément et ont donné de très bons avis.

Notre objectif était rempli…plus que rempli.

 

Quelle est la suite pour « J’aime Pas les Chats » ?

 

Nous aimerions rentrer en résidence de création sur Saint-Dié-des-Vosges ou ailleurs afin que la pièce puisse se monter.

Nous voulons fixer des dates en sessions ou avec des Mairies pour représenter la pièce dans les salles sur le territoire.

 

En tant que nouvelle compagnie, les partenariats et les collaborations peuvent vous aider à vous développer. Culture C Nous est une plateforme qui permet cette mise en réseau. Quels sont vos besoins aujourd’hui ?

 

Nous avons été très heureux de voir que des représentants des Vosges, notamment Mathieu Pierrard, le nouveau Directeur du spectacle vivant à la ville de Saint-Dié-des-Vosges, ont fait le déplacement pour nous voir sur scène à Avignon.

En tant que jeune compagnie, les partenariats et les collaborations sont d’une grande importance pour nous développer sur le territoire.

 

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la Cie de la Cinquième Sirène pour la saison culturelle à venir ?

 

Notre pièce « Chantecler Solo », écrite par mon acolyte Axel Senequier, est une forme très simple adaptable partout, avec 1 seul acteur sur scène. Nous aimerions pouvoir la diffuser en milieu scolaire (collège). Nous avons déjà une offre pédagogique existante.

 

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Pour « J’aime Pas les Chats », nous aimerions trouver des aides de financement ainsi que des dates pour des représentations.

Ce que vous pouvez nous souhaiter :

  • que nos 2 projets tournent
  • que la pièce « J’aime pas les Chats » puisse se faire dans les Vosges
  • que nous puissions vous proposer une toute nouvelle création pour l’année prochaine (une idée qui a pris forme ici dans les Vosges me trotte dans la tête et c’est un projet sur lequel je travaille déjà. Et Axel Senequier a déjà certainement des idées plein la tête.)

 

Et pour finir… par curiosité, vous avez un chat ? 

Oui ! Un chat. César.

 

Pour plus d’informations sur la Compagnie de la Cinquième Sirène :

Site web : https://cie5sirene.wixsite.com/sirene5