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Vincent Ganaye et son exposition « Par-delà la ligne bleue »

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Rencontre avec l’artiste-peintre Vincent Ganaye

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Artiste-peintre, une vocation

Vincent Ganaye est artiste depuis toujours. Enfant, il peint déjà et, à 10 ans, il découvre la photo et ne s’est jamais arrêté depuis.

 

La nature, thème omniprésent

Sur cette exposition, il aborde surtout la montagne. Installé près de Saint-Dié-des-Vosges, il passe une grande partie de son temps sur les sommets et crêtes vosgiennes. Il s’inspire également de ses voyages en France et à l’étranger.

Ses œuvres sont un amalgame de toutes les impressions et émotions qu’il ramène de ses balades, ses randonnées et ses excursions. Les peintures, exposées au Département, reflètent l’imaginaire, la photographie, quant à elle, donne une prise dans le réel.

 

« Par-delà la ligne bleue »

Avec ce titre, Vincent Ganaye met l’accent sur le ressenti, le vécu et les émotions.

« C’est une façon de poursuivre un peu le voyage et le chemin, à travers la peinture, en donnant un peu plus de liberté et d’imaginaire. Cela ouvre la porte à beaucoup de choses tout en gardant le pied dans le réel, car la montagne est tout de même décrite et fantasmée. Elle peut être très présente dans mon esprit mais peut également être complètement recomposée et imaginée. »

 

 

Le processus de création, une forme de voyage

« Lorsque je commence une œuvre en atelier, je n’ai pas de fil directeur. Je commence sur une page blanche ; je trace parfois des traits et je ne sais pas où je vais. C’est au fur et à mesure que cela se tisse. Tout se met en place progressivement. Ça m’arrive de faire des petits croquis au préalable, mais globalement c’est dans le vif. C’est un peu comme une improvisation en musique, une partition qui se compose. On déroule son imagination et cela se construit. »

 

Les Vosges, une terre d’art

« C’est un territoire propice aux artistes. Aujourd’hui il y a une grande dynamique artistique et il y a beaucoup plus d’artistes qu’avant. »

Les Vosges et ses montagnes sont une source d’inspiration dans son art. Cela fait partie de son patrimoine artistique.

 

Zoom sur une œuvre de l’exposition

Ce dessin est assez représentatif de son travail, avec une perspective de montagnes, un parcours avec un chemin et un premier plan avec des rochers . Il reflète l’idée de voyage et de déplacement.

« C’est ma façon de pratiquer la montagne. Des rochers sont placés sur le chemin, comme des obstacles, pour montrer qu’on est dans une zone de nature. C’est un chemin pour le marcheur, pour la solitude et pour la découverte. Ce n’est pas lié à l’exploitation de la nature, tel qu’on peut la voir aujourd’hui, et du tourisme de masse. Cela n’a pas été tracé pour l’Homme. C’est important que la montagne garde son caractère sacré et qu’on puisse y trouver des refuges. »

 

Des conseils pour la génération d’artistes en devenir 

« Il faut être fidèle à soi, à son âme, à sa pensée. Il ne faut pas chercher à copier, à imiter les autres.  Il faut trouver sa voie, son style, sa signature, son orientation. Il faut se méfier des modes, des tendances et de tout ce qui pourrait polluer la création. Il faut que le message soit fort et ne pas se laisser submerger par tout ce qui se passe autour de vous. »

 

DÉCOUVREZ SES ŒUVRES SANS PLUS ATTENDRE ! 

Jusqu’au 8 septembre 2023
Entrée libre
de 9h à 16h30 du lundi au vendredi
Conseil départemental des Vosges | 8 rue de la Préfecture à Epinal

 

(RE)DÉCOUVREZ LE TEASER DE L’EXPOSITION

 

Pour plus d’informations sur Vincent Ganaye :
Facebook | Instagram | Site web : vincentganaye.com

 

Photos et teaser : ©CD88/ME

 

 

L’artiste Defo et son exposition « Attrape ton monde »

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Défo, tu te définis souvent comme étant un artiste « par instinct », qu’est-ce que cela veut dire pour toi ?

C’est une formule que je trouve amusante, je dis ça parce que c’est ce que je suis. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours dessiné, je suis en quelque sorte né comme ça.

Je n’attends pas que l’inspiration vienne. Il me suffit d’un support et ça vient naturellement, je me lance instinctivement dans la création. Je me laisse guider par le moment en essayant toujours de nouvelles choses.

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Tu as la volonté de laisser le public « communiquer » avec tes œuvres, tu n’aimes pas détailler l’histoire que raconte ta peinture, pourquoi ?

Je préfère l’idée que le public communique avec mon art et pas avec ma personne. Je lui offre un moment, une idée, une image sur une toile, et je choisis de lui en laisser la libre interprétation sans en influencer la lecture avec une idée qui m’est propre. Je suis peu bavard, je préfère parler aux gens à travers mes œuvres et laisser ma main transmettre les messages.

Quelque part, le public crée la toile avec moi et m’accompagne grâce à son regard porté sur l’œuvre. Il trouve par lui-même les réponses et, peut-être, ressentira par exemple un problème de société ou un vécu personnel. Et moi je deviens, en quelque sorte, un artiste invisible.

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On sent à travers tes peintures une réelle identité, tu peux nous en parler ?

J’aime les couleurs et la recherche de nouvelles nuances, expérimenter avec elles. Les couleurs, c’est la belle vie. Le mouvement est aussi très important. J’aime faire voyager le regard sur la toile. Il m’arrive parfois de faire de l’action painting, cela permet justement d’apporter ce mouvement à la composition.

Je prends souvent du recul une fois une toile finie, et lorsque quelque chose manque, j’anime la toile à l’aide de coups de pinceaux afin que la composition vive. Cette spontanéité transforme parfois l’œuvre en quelque chose de totalement différent. Rien n’est figé ou prévisible. Tout dépend du ressenti à l’instant T.

Je peins tout le temps. Je n’attends jamais les projets pour travailler. Sur les 36 œuvres qui sont exposées ici, 31 ont été réalisées cet été.

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Découvrez ses œuvres sans plus attendre ! 

Jusqu’au 28 décembre 2021
Entrée libre
Exposition ouverte de 9h à 16h30 du lundi au vendredi
Conseil départemental des Vosges

Pour plus d’informations sur l’exposition et l’artiste Defo :
Facebook : @Defo Defo

 

Découvrez le teaser de l’exposition :

 

 

 

L’artiste Setou et son exposition « Laissez parler les images »

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L’artiste Setou (Sylvie Maison)

 

Afin de soutenir la création artistique sur le territoire des Vosges, le Conseil départemental des Vosges ouvre ses portes aux artistes locaux. Quatre artistes ont été sélectionnés par un jury parmi 14 candidats. Setou est la 1ère artiste qui exposera ses oeuvres durant 3 mois. Elle sera suivi par 3 autres artistes vosgiens courant 2020. 

 

 

Pouvez-vous nous retracer un peu votre parcours d’artiste ?


J’ai eu envie de regarder là où on ne regarde pas.

J’ai fait une formation beaux-arts dans le Nord, plus précisément à Tourcoing, cependant ce n’est pas l’école qui rend artiste.

Mon parcours d’artiste se mélange à mon parcours d’existence. Mon art a grandi en Afrique de l’Ouest où j’ai vécu une dizaine d’années, plus précisément à Dakar au Sénégal. Cet éloignement de la France, cette immersion dans une culture nouvelle, m’a permis un cheminement vers la réappropriation de mes propres racines.

J’ai vécu une forme de métissage culturel, j’ai été saisie par la spiritualité et le côté mystique de l’Afrique noire. Ce vécu m’a permis d’opérer une forme de lâcher-prise par rapport aux contingences du quotidien occidental. Cela m’a aidé à m’assumer en tant qu’artiste, peintre et performeuse et à donner un sens à ma quête d’expression.

Avant le Sénégal, j’ai commencé mes 1ères expositions collectives à Paris. J’étais tellement timide, je me cachais souvent devant la presse. Pour la petite anecdote, un journaliste a pensé au début que j’étais un homme jeune, africain. Et ce même journaliste, étonné de rencontrer une jeune femme française, a pensé que j’avais vécu en Afrique. Lorsque je lui ai répondu que je n’y ai jamais mis les pieds, il m’a conseillé de m’y rendre.

Je suis donc partie une 1ère fois à Dakar où j’ai découvert le Village des Arts, un espace dédié à l’art contemporain où une cinquantaine d’artistes occupent leurs ateliers.

J’ai pu dans la foulée faire 2 résidences d’artistes dans ce lieu de création et par la suite j’ai décidé de fonder une association en France qui a permis à quelques jeunes artistes émergents sénégalais de réaliser des résidences d’artistes de 3 mois (2 mois de création, 1 mois d’exposition). A ce titre, j’ai été soutenue par le Conseil départemental des Vosges à l’occasion des 4 résidences qui ont eu lieu, ainsi que par le Ministère de la Culture du Sénégal.

 

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Quels sont les artistes d’hier et d’aujourd’hui qui vous ont inspiré tout au long de votre parcours ?

Il y en a tellement.
Par exemple, Jean-Michel Basquiat, Francis Bacon, Marc Chagall, Henri Matisse, …
Et puis certains artistes conceptuels qui ont travaillé avec leurs corps.

Quel est le point de départ d’un tableau, la genèse d’une œuvre (une image, un rêve, un souvenir, une émotion, une souffrance, le hasard, un mélange de plusieurs choses, …) ?


Oui, c’est un mélange de tout ça…
Selon moi, l’artiste est une éponge. Sa vision se doit d’être en quelque sorte circulaire. En ce qui me concerne, je parle d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Je suis à la fois à l’intérieur et à l’extérieur. Il y a à la fois quelque chose d’organique, d’intellectuel et de spirituel.

Au final, il en résulte des histoires, des sortes de légendes contemporaines ; je tente de sortir de l’évidence tangible.

J’essaie de proposer une vision onirique d’un quotidien transgressé, dans cette démarche je souhaite rester figurative afin de demeurer accessible.

 

 

 

On respire la culture africaine dans vos peintures. Votre « tribu d’images » comme vous nommez vos œuvres, est-elle un cri d’amour pour l’Afrique qui vous manque ? Un reflet de son absence et un rappel que vous êtes toujours auprès d’elle ?


Non, pas forcément… Il y a une déchirure en moi entre deux mondes, à savoir l’Occident et l’Orient, et paradoxalement cette fracture devient un outil de création, où l’Afrique est bien sûr très présente et m’habite.

 

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Il y a un rapport unique avec la couleur… Dans vous tableaux, on découvre des couleurs chatoyantes, à la limite de la saturation avec une intensité lumineuse et des couleurs pures. Pourquoi ce choix chromatique ? 


Ce n’est pas un choix. Sur cette exposition je propose des œuvres issues de mes 3 dernières collections. La plus ancienne avec des couleurs quasi primaires, les peintures datant de 2018 avec beaucoup plus de couleurs et les plus récentes de 2019 beaucoup plus chargées avec des œuvres plus en texture et moins lisses.

Le rouge est une couleur souvent prédominante dans mes peintures, peut-être est-ce parce que c’est une couleur proche de la vie, la couleur du sang. D’ailleurs j’ai travaillé avant avec du sang de bœuf, mais cela est interdit aujourd’hui.

J’ai accepté la couleur… je suis allée vers les couleurs. Je les veux violentes, fortes, contrastées.

 

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Le mouvement est là, présent. Nous spectateurs, on entre dans le mouvement, on suit les traits, les tracés du peintre, l’énergie du geste. Vous, l’artiste, tout votre être fond dans le décor, vos pensées circulent sur la toile. Puis ce mouvement constant entre Orient et Occident, cette déchirure sans cesse renouvelée. Comment crée-t-on ce mouvement… qu’est-ce qui se passe en vous ?


Je continue de décliner ma « tribu d’images », êtres réels et êtres inventés, ceux-ci s’imbriquent entre eux. Je leur donne une histoire, je raconte …

Et chaque personne regardant mes toiles pourra s’approprier un morceau d’histoire qui lui parlera d’avantage qu’un autre.

J’aime beaucoup travailler sur grand format qui nécessite une grande dépense d’énergie à la fois physique et mentale. C’est une sorte de combat avec la toile. D’où le fait que bien souvent j’ai voulu réaliser des performances où je mettais en scène mon propre corps comme ultime matériau de création.

 

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On ressent beaucoup de dualités… ou finalement d’harmonies… entre 2 choses opposées. Intérieur et extérieur, songe et réalité, homme et femme, le mystique et le quotidien, vie urbaine et nature/animaux, liberté et cadre, souffrance et espoir, … Vous pouvez nous en dire plus ?

En fait, j’aime le concept d’une sphère mouvante et vibratoire à l’intérieur de laquelle nous gravitons tous, parfois en paradoxes parfois en harmonies.

Il n’y a pas de juste milieu, de juste équilibre. Juste une infinitude de centres qui se déplacent à l’infini.

 

 

 

Vous associez souvent mots et images. Pour vous, les mots sont une sorte de transcription de vos œuvres, un miroir ? Les mots sont au service de l’œuvre ?


Les mots viennent dans les moments de pause dans mon atelier et font partie intégrante de mon univers de création.

Je ne raconte pas mes peintures avec mes mots… ce n’est pas une retranscription, j’ai l’idée en écrivant de permettre aux gens de rentrer davantage dans mon processus de création. Et les mots sont des images aussi.

J’essaie de livrer une explication poétique de mon travail avec les mots.

 

 

TEASER DE L’EXPOSITION « LAISSEZ PARLER LES IMAGES »

 

 

Travaillez-vous avec des publics différents dans le cadre d’ateliers de pratique artistique ? Et qu’avez-vous envie de transmettre ?


Oui. J’ai réalisé des ateliers pour des adultes (néophytes et personnes ayant déjà une pratique artistique).

J’aime travailler avec des publics singuliers (les malades mentaux, les handicapés mentaux, les malentendants, … ).

J’ai notamment aimé réaliser une installation artistique avec des personnes du spectre autistique dans laquelle j’ai mis un parallèle entre l’enfermement mental de l’artiste en processus de création et l’enfermement mental des personnes handicapées. La communication entre le langage de l’artiste et le langage de ces personnes fût très fluide. Et de cette rencontre naissait une sorte de « porte de sortie ».

Il était très important d’être extrêmement naturelle pour ce type d’échange.

Quels sont vos futurs projets artistiques (d’autres expositions, des performances, de nouvelles créations) ?

Bien sûr, l’envie de créer est bien présente. Bien que je travaille 365 jours dans ma tête, j’ai besoin pour créer de ne pas être parasitée par le quotidien, de m’extraire d’une forme de réalité. Je travaille donc par sessions.

 

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L’exposition « Laissez parler les images jusqu’au 7 février 2020, du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 16 h 30 en accès libre.

Pour plus d’informations sur l’exposition « Laissez parler les images » et l’artiste Setou :

Facebook : @setousetou

 

Crédits photos : ©CD88//JL et ME