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Les projets participatifs dans le cadre de « Un Monde Rêvé »

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Notre monde fait face à de multiples bouleversements : sanitaires, écologiques, économiques, sociétaux… Les repères bougent,
les cadres changent. Depuis toujours, l’Homme aime à imaginer, à se projeter, à inventer.

Et si nous rêvions le monde autrement?

 

Cette année, le Conseil Départemental des Vosges | service de l’Action Culturelle et Sportive Territoriale, ont proposé un vaste programme d’ateliers artistiques, d’expositions et d’animations, dans le cadre du projet « Un monde rêvé… » en collaboration avec différents partenaires et collectivités sur le territoire.

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Le projet « Un monde rêvé… » est le fruit d’un maillage culturel et social.

Publics bénéficiaires : Enfants et adultes de l’ADAPEI, résidents d’EHPAD et adultes bénéficiaires du RSA.

« Je fais un rêve »

Projet participatif coordonné par le Conseil départemental des Vosges (Action culturelle et sportive territoriale), en collaboration avec la MSVS de Saint-Dié-des-Vosges et les partenaires sociaux du territoire : ADAPEI 88 – SIPFPRO, FMS, EHPAD de Foucharupt, Centre social Saint-Roch, UFOLEP 88 – Mouv’Truck, Emmaüs.

Cette initiative est le fruit d’un maillage social, artistique, intergénérationnel et durable.

Elle a pour vocation de valoriser les circuits courts de la culture. Elle permet en cela de démocratiser les pratiques et échanges de savoir-faire artistique en participant au développement culturel de proximité.

 

Au programme

  • Ateliers sportifs animés par Mouv’Truck
  • Atelier magie animé par Jean-Luc
  • Entresorts musicaux avec la « Curcubit’à sons » animés par la compagnie Le Pays de ma Tête
  • Spectacle musical par la compagnie Le Pays de ma Tête avec l’intervention de Jean-Luc le magicien
  • Inauguration des oeuvres et déambulation artistique

Atelier menés

Depuis janvier 2022, 4 cycles d’ateliers de pratique artistique ont été imaginés en lien avec les acteurs du territoire et proposés à plus de 40 participants, encadrés par 4 artistes et 19 accompagnateurs.

  1. Cycle d’école de spectacteur : visite d’exposition et atelier de pratique autour de la gravure
  2. Cycle d’ateliers arts plastiques : cyanotype et gravure / découpage / assemblage / collage / maquette /peinture aquarette / gouache / encre
  3. Cycle d’ateliers de construction collective : sculpture bois, chemin artistique en mosaïque, création de mobilier de jardin, peinture et habillage bois
  4. Cycles d’atelier musical et vocal

Naissance d’un Tableau à ciel ouvert

 

De quoi naît le rêve ? Est-ce le matériau qui pousse au rêve ou le rêvequi transparaît dans le matériau ? – Florent Meyer, artiste-peintre

Artiste intervenants : Florent Meyer • Daphnée Demange • Compagnie le Pays de ma Tête

Florent MEYER : artiste peintre, graveur et pédagogue présent sur le territoire vosgien depuis plus de 2 ans, Floren Meyer travaille aussi bien avec les écoles primaires qu’avec les personnes âgées en situation de handicap ou en insertion. Sur ses toiles grands formats, il développe un travail pictural critique des travers de notre civilisation. Très sensibilisé aux problématiques du réchauffement climatique, il se donne pour but de développer une conscience collective autour des thèmes par ses oeuvres.

 

Daphne DEMANGE : artiste et pédagogue, Daphné Demange développe et transmet la technique du cyanotype, ce processus photographique ancien par le biais duquel on obtien un tirage photographique bleu de prusse, bleu cyan.

 

Max OLLIER et Charlène PLONER, compagnie Le Pays de ma Tête : Max Ollier est percussionniste, chanteur, joueur de scie musicale, colporteur de chansons à souvenirs dans ses interventions en solo. Charlène Ploner est multi-instrumentiste (contrebasse, viole de gambe, saz), chanteuse, clown. Elle crée des rencontres musicales et poétiques avec ses publics, sur des thèmes musicaux allant de l’occident à l’orient. C’est dans le cadre des activités de la compagnie Le Pays de ma Tête, créée en 2010, que ces deux artistes ont conçu l’entresort musical et féérique de la Curcurbit’à sons.

 

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Compagnie Le Pays de ma Tête

 

 

 

« Dans tes rêves »

Et à Vittel, voici un autre projet porté par le Conseil départemental des Vosges | service Action culturelle et sportive territoriale dans le cadre de l’évènement « Monde Rêvé », en partenariat avec une EPHAD.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lancement de la résidence de création départementale

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Définition de la résidence

La résidence départementale est une résidence de création d’œuvre(s) qui se nourrit des partenariats étroits avec l’ensemble des structures culturelles du territoire (associations, écoles d’enseignements artistiques spécialisées…).

Elle contribue par la rencontre entre le collectif d’artistes selectionné et les amateurs à favoriser l’appropriation du projet pour chacun des partenaires que ce soit de manière humaine, financière et pédagogique et à développer l’esprit de réseau des acteurs du schéma départemental des enseignements artistiques. Elle vise également à favoriser l’accès à la culture, en veillant à inclure des actions d’éducation artistique et culturelle.

Ce temps de résidence permet au collectif d’effectuer ses recherches et de créer tout en assurant une présence active sur le département.

 

Enjeux et objectifs

Les différents objectifs du projet de résidence de création sont :

  • Permettre d’appréhender le processus de création pour les amateurs
  • Contribuer au développement culturel et artistique en s’inscrivant dans une dynamique locale et participative
  • Réduire les inégalités en matière d’accès à la culture
  • Proposer une vision, une interaction au monde grâce au propos artistique.

 

Pilotage de la résidence de création

Dans le cadre de la résidence, La Souris Verte, son équipe et son équipement, est désignée pilote. Cette SMAC a pour mission :

  • D’accompagner le collectif pour mener le projet sur l’ensemble du territoire vosgien,
  • D’organiser la présence du collectif sur le territoire durant les trois années, en lien avec les acteurs des territoires concernés qui en assureront l’accueil,
  • D’accueillir les artistes du collectif en résidence dans ses locaux,
  • D’accompagner le collectif à élaborer des dossiers de financement (si besoin et si opportun)

 

Le Conseil départemental des Vosges, partenaire de la mise en place du projet à l’échelle du département :

  • Participe à la construction générale du projet (soutien en ingénierie de projet)
  • Fait le lien entre les artistes et les structures amateurs ou d’enseignements artistiques (équipe enseignante, apprenants, passionnés …)

 

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Emmanuelle Afanassieff – Conseil départemental des Vosges et Emmanuel Paysant – La Souris Verte

 

 

Un comité de suivi, composé du Conseil départemental, de La Souris Verte et des structures d’accueil et d’organisation des projets sur les territoires se réunira à minima 2 fois chaque année avec les artistes, pour permettre leur organisation.

 

 

Présentation d’Antiquarks

Mardi 16 février 2021, une présentation d’Antiquarks, collectif selectionné, a eu lieu à la Souris Verte à Epinal auprès des acteurs culturels du territoire des Vosges.

Les objectifs de transmission et de lien, l’approche pluridisciplinaire et l’inscription dans les musiques actuelles demandés pour cette résidence, sont autant de passerelles évidentes avec le projet de la compagnie musicale Antiquarks.

Régulièrement sollicités pour partager leur univers de compositeurs et leurs compétences de musiciens pédagogues, ils apportent une réponse artistique originale aux enjeux culturels, sociaux et politiques de chaque territoire.

Une approche particulière de la transmission développée par Richard Monségu et Sébastien Tron, directeurs artistiques de la Cie depuis 15 ans, qui fut notamment récompensée en 2014 dans le cadre de la cérémonie de remise du Prix De L’audace Artistique Et Culturelle à l’Elysée, en présence du Président de la République François Hollande et de Jamel Debbouze (Président du jury). Ce prix récompense des projets exemplaires en faveur de l’accès des jeunes aux arts et à la culture.

Artistes entrepreneurs indépendants, Richard Monségu et Sébastien Tron sont aussi acteurs de la vie musicale professionnelle du secteur des musiques actuelles avec 2 projets associés : un label discographique « Label du Coin » et un organisme de formation dédié au secteur culturel « Formassimo »

 

 

Antiquarks aime les corps et la danse, a toujours entretenu un rapport étroit avec des artistes africains et les cultures africaines, et a acquis une expérience solide sur la gestion de projets multi-partenariaux et à destination des habitants.

La Cie a donc initié en 2020 un cycle de création sur l’Afrique. Un cycle articulé autour de plusieurs projets :

  • la création « Afriquarks », réalisée ans le cadre du défilé de la 19e Biennale de la Danse de Lyon 2020-21, où Antiquarks est la 1ere compagnie musicale à porter la direction artistique d’un des projets.
  • Le nouveau spectacle avec le chanteur monument de la musique Sénégalaise Souleymane Faye.
  • Un travail sonore sur les textures et rythmes ouest africain qui ressortirons à l’écoute du nouvel album en 2021.


Ce cycle de création mêle musique, littérature, danse et arts visuels. Le projet de présence sur le territoire d’Epinal entreraient donc en résonnance avec ce cycle de création.

Allier pédagogie, création et interdisciplinarité

 

La compagnie musicale Antiquarks naît en 2004 de la rencontre de deux musiciens auteurs, compositeurs et interprètes : Sébastien Tron (vielle à roue électro acoustique, clavier et chant) et Richard Monségu (percussions batterie et chant).

Au fil de leurs albums et tournées ils explorent une musique “world progressive” à l’instrumentation atypique. Animés par un même souci de décloisonnement ils développent également des spectacles participatifs mêlant tous types de publics et diverses disciplines artistiques : danse, théâtre, slam, graphisme, arts plastiques…

La pédagogie et la transmission, éprouvées dans leurs expériences d’enseignants (université, conservatoires, écoles de
musique) tiennent une place importante dans leur vision de la création artistique. A chaque rencontre, les structures qui les sollicitent reconnaissent leur capacité à proposer des projets uniques adaptés aux enjeux artistiques et culturels locaux.

Écrire pour et avec le territoire

Antiquarks propose des créations musicales, métissées, vivantes, populaires et d’une grande exigence artistique.

Elle inscrit son expression dans le champ global d’une culture citoyenne et développe une poétique qui convie l’imaginaire de chacun, dans un cadre artistique assumé. Quelles que soient les formes que prennent
leurs spectacles, les membres de la compagnie s’attachent à prendre en compte la réalité physique, géographique, d’un territoire, mais aussi sa dimension culturelle, humaine, sociale.

Cette double approche artistique et de médiation est au coeur de la formation et l’identité des deux directeurs artistiques qui revendiquent une vision décloisonnée de la création, où transmission et création vont de paire.

 

Une esthétique métissée

Les spectacles crées sont des mises en scènes conçues sur mesure pour chaque territoire et ses publics où la musicalité est le fil rouge, l’espace de rencontre et de tension positive entre les différents participants.

Les temps d’ateliers et de répétitions sont des moments essentiels d’échanges et de création partagée. Parades carnavalesque, comédies musicales, bals chorégraphiés, orchestrations sportives, sont autant de formes que peuvent prendre ces spectacles qui convient des compétences variées (chorégraphie, graphisme, mise en scène, médiation…), réinterrogent les postures professionnelles de chacun et permettent de partager connaissances et savoir-faire.

Alors oui, ca remue, ça bouge, ça décoiffe, ça bouleverse, ce n’est pas du prêt à programmer, du prêt à penser mais ça génère du commun, de la joie, du mouvement et permet de rappeler que les paillettes et le groove de l’extraordinaire appartiennent également aux créations participatives!

 

 

Résider, approche artistique et méthodologique

 

Stimuler la création

Pour Antiquarks, l’écriture au prisme du territoire, représente une expérience artistique particulièrement motivante. Venant des musiques du monde et des musiques amplifiées, les artistes de la compagnie s’inspirent des musiques et danses de chaque territoire, quelles que soient leurs formes et leurs origines. Cette ouverture à d’autres cultures est également nourrie par leur expérience de transmission et de pédagogie, auprès de publics de tous âges et de tous milieux, qu’il s’agisse de l’enseignement de la danse, de la musique du chant ou encore des sciences sociales.

Une résidence de territoire est un moment privilégié de rencontre et d’innovation ou l’enjeu est d’assurer un cadre de création stimulant tout en laissant une grande liberté aux différentes parties prenantes. L’ouverture à d’autres disciplines artistiques (photographie, arts plastiques, théâtre, danse…) permet de répondre au mieux aux envies que sont susceptibles de formuler habitants et acteurs du territoire et constitue pour la compagnie un véritable laboratoire de recherche esthétique et sociale.

 

Faire l’expérience d’un territoire

La disponibilité de l’équipe pour sentir le pouls des choses et se laisser surprendre par le contexte est essentielle à l’écriture collective d’un projet artistique sur-mesure. Même sans structure d’envergure professionnelle ou compagnie de renom, ils sont convaincus que chaque territoire fait l’objet d’initiatives artistiques. Les déserts culturels n’existent que dans l’imaginaire de ceux qui ne mettent jamais les pieds sur le terrain. Les artistes de la compagnie ont en commun de porter un intérêt sincère aux cultures populaires sans chercher à les opposer à d’autres formes plus légitimes ou reconnues.

Des événements tels que le carnaval, le corso fleuri, les marchés, les festivités agricoles, peuvent être support
d’un travail artistique. L’histoire d’un territoire, ses figures tutélaires, ses légendes urbaines, ses dynamiques
sociales, son paysage, sont autant de sujets qui peuvent tisser la trame d’un spectacle et susciter une réflexion
et une mobilisation collective autour du processus de création.

 

Se rencontrer à travers une expérience artistique partagée

La mobilisation des publics passe par la conception et la réalisation d’interventions artistiques ou pédagogiques au sein des structures afin de permettre une première rencontre à travers une expérience esthétique. Il peut s’agir de concerts-mobiles reçus dans des lieux inattendus du territoire, de bal chorégraphiés, d’expositions, de temps de débats…

Ces dispositifs sont conçus comme des temps de collecte où les artistes repèrent et recueillent des paroles et les points de vue des participants.

 

Créer des collaborations inattendues

L’intervention d’une équipe artistique extérieure crée souvent une perturbation, de l’extraordinaire et permet de questionner de manière renouvelée un territoire et ses acteurs. Les créations d’Antiquarks suscitent des collaborations inédites entre structures, convient des publics aux pratiques artistiques différentiées. Ici la surprise, la poésie, sont moteur d’innovation culturelle et sociale.

 

Faire progresser les logiques de co-construction

Il leur semble stratégique de penser une progressivité des logiques de co-construction au fil de la résidence. L’organisation d’ateliers et de représentations auprès au sein des différentes structures est parfois une première étape pour ensuite penser la mixité et la mobilité des publics entre ces dernières.

 

Célébrer le potentiel artistique d’un territoire

Les spectacles issus de ces dynamiques de résidence sont l’occasion de valoriser le potentiel artistique de chacun et de réunir amateurs, professionnels, habitants autour d’une dynamique collective de création.

 

Richard Monsegu

Auteur, Compositeur, arrangeur & interprète, chant, batterie, percussions

 

DJ à 14 ans, Richard Monségu découvre la percussion et le chant au lycée. Attiré par la littérature, les pratiques artistiques, la philosophie et l’ethnomusicologie, il étudie la sociologie et l’ethnologie à l’université Toulouse Le Mirail et obtient en 1999 un DEA de Sciences Sociales à Lyon II.

Il multiplie les expériences musicales sur scène et en studio (une dizaine d’albums) dans les esthétiques world, chanson, reggae, trad, électro, jazz, rock. Pendant une dizaine d’années, il enquête et participe en tant que musiciens aux fêtes et mariages algériens, marocains, guinéens, sénégalais, afghans, gitans, etc. Cette pratique musicale peu ordinaire de terrain lui permet de développer un jeu personnel très apprécié par les danseurs et musiciens de différentes cultures.

Dès 1995, il diffuse son travail sociologique et artistique sur les « cultures musicales d’exil » par des conférences, articles ou interviews. Il contribue activement à l’élaboration du CD « Musiciens du Maghreb à Lyon » produit par le CMTRA en 1996.

Il a enseigné l’anthropologie et la sociologie à l’université Lyon II, les percussions et la batterie au CNN de Lyon, et intervient à l’Université Populaire de Lyon depuis 2011.

Richard Monségu se consacre à la composition, la création et l’arrangement avec son partenaire Sébastien Tron depuis 1999. Ensemble, ils réalisent plus d’une dizaine de projets entre spectacle et ciné-concert, création participative et transmission, conférence et workshop.

 

Sébastien Tron

Compositeur, arrangeur & Interprète, vielle à roue augmentée, piano, voix, machines

 

C’est à travers une éducation populaire autour des musiques et danses traditionnelles françaises que Sébastien fait ses premiers pas sur scène, en famille, entre festivals, fêtes de village, stages et animations. Enfant, il apprend le piano, aux frontières du classique, du jazz et de l’improvisation.

A 11 ans, son père l’encourage à jouer la vielle, un instrument intriguant qui deviendra plus tard « l’usine à son » d’Antiquarks, qu’il enseigne depuis ses 14 ans (CMTRA…).

En 1996, il rencontre l’artiste Richard Monségu avec qui il découvre les musiques traditionnelles extra-européennes et la pratique des tambours. Il s’installe à Lyon en 1998 pour ses études : attiré par le vivier de chercheurs pluridisciplinaires de l’IRCAM, il étudie les sciences physiques (UCBL Lyon1) et suit des cours de composition électroacoustique et d’informatique musicale (SONVS – CNSM de Lyon). L’apprentissage des tambours basses de la musique d’Afrique de l’Ouest nourrit son jeu et crée une valeur ajoutée à sa pratique instrumentale (piano, synthétiseurs, vielle à roue électrique).

En 2002, il rejoint le collectif grenoblois Mustradem au sein du groupe Djal avec qui il tourne dans de nombreux festivals en Europe. Depuis 2017, il compose et interprète la BO du BD-concert « Groenland Manhattan » avec l’accordéoniste Stéphane Milleret.

Avec Antiquarks, il développe une recherche singulière sur les textures, les effets, l’échantillonnage et l’acousmatique. Il se spécialise dans la réalisation d’albums studio, la conception sonore, la prise de son et introduit l’informatique sur scène. Il signe également la réalisation de deux clips en tant qu’illustrateur, animateur et monteur. Il mène un projet de lutherie numérique autour d’un projet de vielle à roue polyphonique.

 

Du duo à la compagnie

 

Artistes engagés et musiciens passionnés, Richard Monségu & Sébastien Tron sont compositeurs, orchestrateurs, arrangeurs de répertoires hybrides (électrique et acoustique) et réalisateurs post-prod.

Créateurs nomades, ils ont réalisé plus de 600 concerts en France et dans le monde (Mexique, Autriche, Portugal, Bolivie, Italie, Turkménistan, Suisse…).

Antiquarks rassemble ses recherches artistiques sous le terme « interterrestre ». Leur création est une
reconstruction conceptuelle qui tente de retrouver ce que la musique française des cinquante dernières années a refoulé dans son histoire musicale, et tout particulièrement son rapport avec les formes musicales des cultures colonisées.

Le processus créatif est axé sur les rythmes, phonèmes vocaux et timbres instrumentaux des musiques populaires et savantes de traditions orales des musiques Noires (Afrique, Antilles, Caraïbes), des Amériques (musiques amérindiennes & afroaméricaines) et du pourtour méditerranéen. Un travail spécifique sur l’esthétique sonore, qui passe par la modification de la lutherie traditionnelle de la vielle à roue, la création de samples à partir des sons de la vielle, jusqu’au mixage des compositions pour le studio ou la scène.

Leur travail musical se rapproche des explorations sonores audacieuses rock, jazz et contemporaines des années 70 : goût de l’album concept, de la musique épique ou intime, de l’improvisation, sans oublier les influences des musiques traditionnelles extra-européennes et des percussions en particulier.

De 2014 à 2018, le duo consacre ses créations aux corps dans tous ses états. Le corps rieur de Rabelais avec le Bal Interterrestre et Homo Rictus, fresque humaniste de visages grimaçants. Le corps émancipé de la fête avec Kô (concert + livre-CD + oeuvre numérique). Le corps féminin aliéné par la domination masculine avec la création de la Bande Originale du spectacle de danse Lune Bleue (Cie Madjem).

Chaque création est ainsi un objet de recherche esthétique et un défi artistique proposé sous la
forme de concerts, albums, créations participatives ou événements citoyens.

Ils investissent le terrain de la transmission et travaillent sur la question du territoire et de ses habitants avec des projets de médiation entre création participative et pédagogie de la création, conférences et workshops. Ils reçoivent le « Prix de L’Audace artistique et culturelle 2014 » délivré conjointement par le Ministère de la Culture et de la Communication et le Ministère de l’Education Nationale. Ce prix récompense des projets exemplaires en faveur de l’accès des jeunes aux arts et à la culture. De 2015 à 2018, ils sont sollicités par le dispositif CTEAC en Drôme Provençale.

En 2019, la cie Antiquarks porte la direction artistique d’« Afriquarks – l’Afrique du futur ». C’est l’un des
12 projets retenus pour le défilé de la Biennale de la Danse 2020, « le plus important et ambitieux des festivals de danse au monde » selon le New- York Times. Antiquarks mène une création francosénégalaise avec le chanteur dakarois Souleymane Faye en lien avec la saison Africa 2020 portée par l’Institut français.

 

Le Plateau Ivre dans les rues de Saint-Dié des Vosges

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La Compagnie Le Plateau Ivre s’est mis en jeu dans l’espace public au mois de mars, juste avant la crise sanitaire.

Ce moment vient s’inscrire dans le cadre de leur résidence artistique au sein de la communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges (3 sites : la NEF, Georges Sadoul et le Musée Pierre Noël) et dans les projets de création de la compagnie.

Cette sortie dans les rues a permis de révéler la curiosité des habitants. Le but était de créer des espaces intimes au cœur de l’espace public et de créer des histoires. Avec la caméra obscura installée dans la remorque, un travelling a été créé, avec Pierre-Marie, le magicien, qui représentait le regard.

On vous laisse découvrir en images…

Crédits photos : CD88/MEghtesad

 

Au mois de septembre, ils étaient en résidence à l’Espace Georges Sadoul où ils ont créé autour de leur thématique des « curiosités ».L’Espace Georges Sadoul était alors devenue une grande maison des curiosités et ils ont investi les sous-sols, les greniers et tous les petites espaces qui n’ont jamais été vus. Ils ont détourné des objets et détourné le regard.

La 2ème résidence de novembre, était à la NEF. Ils étaient en immersion au marché de Saint-Dié-des-Vosges. Comment connaître un territoire, c’est aussi en allant à sa rencontre et en allant vers les gens. L’idée était d’ouvrir le regard des habitants et d’éveiller leur curiosité. « Racontez-moi où vous habitez »… « Du marché à chez vous, qu’y a-t-il comme curiosités? » La visite du marché a donné lieu à des témoignages et la création de cette carte sensible, ce tableau, que vous pouvez apercevoir sur la remorque. L’idée était d’aller à la rencontre des gens et montrer qu’une résidence peut aussi se mêler à la vie publique.

Ils ont aussi fait un passage en résidence au Musée Pierre Noël où ils ont travaillé sur les objets avec des ateliers pour enfants autour de l’objet et la curiosité.

 

D’autres projets sont en cours de création :

  • 2021 – la création d’un cabinet de curiosités autour de la magie de manipulation et du mentalisme.
  • D’ici 3 ans : une forme de boîte mobile à curiosités. Une espèce de « tiny house », de maison roulante, qui est un élément de scénographie mais aussi un pré-élément qui vient servir le spectacle. Le but de cette boîte mobile c’est d’avoir, sous forme un peu de triptyque, un passage à l’extérieur de la boîte, comme un parcours initiatique où on va trafiquer quelque chose de relativement invraisemblable. Ensuite on va pouvoir l’éprouver à l’intérieur de la boîte mobile. Et après il y aura tout un 360° autour de soi qui donne une espèce de spectacle son et lumières, version théâtrale. Cette boîte viendra s’installer dans l’espace publique.

 

Pour plus d’informations :

Site web : https://leplateauivre.jimdo.com/
Page Facebook : @leplateauivre

Arnault Mougenot de la compagnie de théâtre Madame Oldies

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Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce métier-passion ?

 

Je suis originaire de Bussang. Quand les copains partaient en colonie de vacances, moi j’allais trainer au Théâtre du Peuple où je vendais des glaces, je tenais des petits rôles, … C’était presque écrit que j’allais faire du théâtre, alors par esprit de contradiction je ne voulais pas faire ça !

J’ai fait un sport-études équitation, puis un jour j’ai tout arrêté et je me suis un peu retrouvé entre deux. Un jour l’ancien directeur du Théâtre du Peuple m’appelle pour me dire qu’il manquait une personne dans la promotion à l’Ecole Nationale d’Art Dramatique de Montpellier aux côtés d’Ariel Garcia Valdès. Il a pensé à moi. J’ai commencé cette école un peu comme ça alors que d’autres s’arrachent les yeux de la tête pour y rentrer. Je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait.

Finalement, ce sont des rencontres avec des personnes qui font que…

 

Vous êtes revenu vivre et travailler dans votre région d’enfance. Pour vous, qu’est-ce qu’il y a d’unique dans les Vosges ?

Le parcours de la compagnie Madame Oldies est un peu particulier parce que j’ai beaucoup bougé entre Montpellier, Saint Etienne (artiste-associé à la Comédie de Saint Etienne) et Paris. La compagnie m’a accompagné tout le long, mais elle s’est vraiment construite ici dans les Vosges.

Nous avons recréé un vrai noyau dur artistique et administratif et nous avons pu tisser de vrais liens et échanges avec nos partenaires, que ce soit nos tutelles ou les professionnels. Et c’est ça qui est unique. Cela prend du temps, mais ça marche.

Ce n’est pas plus facile que dans d’autres régions, mais c’est ici que ça s’est fait pour nous. Et je suis très content de tout ce renouveau qu’il y a dans la compagnie et dans l’équipe.

 

Vous avez une vraie signature au niveau de l’écriture. Pourquoi avoir choisi de raconter vos histoires avec tant de poésie et d’humour noir et grinçant ? 

Tout d’abord j’ai été marqué et inspiré par des auteurs en tant que metteur en scène et personnellement, en tant que lecteur.

Il y a Copi, auteur argentin complètement surréaliste, fou, extravagant avec des situations abracadabrantesques et des personnages dingues un peu à la Pedro Almodóvar, où tout le monde se shoote et se baise … et c’est normal.

Il y a eu également Friedrich Dürrenmatt. Je dois dire que c’est ma rencontre dramaturgique. Il écrit des histoires dingues, immenses, exagérées, et en même temps complètement politisées, humanistes et populaires. Et il raconte tout cela sous forme d’humour.

Lorsque j’ai découvert cet auteur, je comprenais pas pourquoi ses pièces n’étaient plus montées. Aujourd’hui, le théâtre populaire, drôle, divertissant et un peu engagé a vraiment perdu ses lettres de noblesse. Encore que, je trouve que l’on y retourne tout doucement. Je pense que par le divertissement on peut raconter toutes les horreurs du monde, tous les sujets du monde et faire réfléchir les gens.

Puis à un moment donné je me suis dit qu’il était temps que je m’affirme en tant qu’auteur. Je me suis donc repositionné.

Et pour finir, cet humour est ma nature. Je préfère me moquer de moi-même que de m’apitoyer dessus.

Le rire n’est pas forcément un rire sonore. Cela peut aussi être un rire qui fait pleurer. La pièce « Ma Chair est Tendre » est un spectacle où certaines personnes vont rire à des choses, d’autres en seront gênées et d’autres y seront sensibles. J’aime bien ce genre de mixeur d’émotions vives et express.

L’autorisation de la folie est clé pour moi. Ne pas s’autoriser à être fou, ça rend dingue. Aujourd’hui on est dans une société où tout le monde fait attention à tout. Tout le monde se dit marginal et en même temps tout le monde fait comme tout le monde. Et on pète tous les plombs. La société ne va pas très bien…

 

 

MA CHAIR EST TENDRE

 

Vous pouvez nous faire un pitch d’enfer pour « Ma Chair est Tendre » ?

 

C’est l’histoire d’un homme de 40 ans qui est tout seul. L’âge, il n’arrive pas à le digérer. Il va manger pour combler. Et en mangeant, la moindre chose devient vecteur à s’inventer une histoire pour fuir une réalité.

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La nourriture a une place centrale sur scène (jusqu’à vous servir de masque de farine tel un clown mi-comique, mi-tragique). Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Ce n’est pas la place que j’ai voulu donner à la nourriture, c’est la place qu’elle a. Tous les jours elle est avec nous. On se réveille, la 1ere chose que l’on fait est manger. On se retrouve entre amis, on mange et on boit un verre. On est heureux, on mange. On est malheureux, on mange. Ou alors on ne mange plus du tout et on est en refus de la nourriture. On mange à excès… La nourriture est déjà centrale dans nos vies.

J’ai écrit un spectacle sur un personnage célibataire pour qui la nourriture est sa compagne qui rythme sa journée. La nourriture est centrale dans le spectacle et en même temps on n’en parle pas. Elle est là et elle l’accompagne, tout simplement.

A la compagnie, c’est vraiment une marque de fabrique… Depuis toujours, nos réunions c’est avec pinard et saucisson !

La prochaine pièce de la compagnie s’appelle « Le Fils du Boucher ». Finalement, on en revient toujours à la nourriture !

« Ma Chair est Tendre »  parle aussi du corps, à travers cette nourriture.  Un peu trop gros ici, un peu trop maigre là.  Un peu trop ridé, plus de cheveux, etc… Tout ça c’est à nous et c’est comme ça. Faisons avec et si on regarde bien, cet outil, dans sa singularité, est génial.

Le spectacle commence comme ça et finit comme ça, avec un message positif.

Depuis le début de la création on s’était dit qu’il fallait être très vigilant pour éviter d’être dans un rapport de culpabilisation par rapport à la nourriture. On a une responsabilité, on fait du spectacle et c’est notre responsabilité en tant qu’artiste. On ne peut pas dire n’importe quoi, parce qu’on est dans une démarche populaire et il faut que les choses soient comprises telles qu’elles sont dites. Un enfant en surpoids qui voit le spectacle, il faut qu’il sorte de là et qu’il soit bien avec lui-même. Car le monde ne le sera pas forcément.

 

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« Ma Chair est Tendre » met en lumière les rapports aux autres et à nous-mêmes, avec toutes nos failles, nos peurs, nos pulsions, nos difficultés, nos joies, nos émotions… Pour vous, quel est le message principal que vous avez voulu faire passer à travers cette pièce ? Qu’on a chacun une folie ordinaire, et que c’est OK ?

 

Oui ! Que ne pas s’autoriser à la folie rend fou.

Le Monsieur ou Madame tout le monde qu’on croise tous les jours est beaucoup plus fou ou folle qu’on peut le croire lorsque l’on voit ce qui se cache derrière. Nous avons tous des vies bien plus palpitantes nous pourrions le croire.

C’est comme dans les films de Yolande Moreau. Pour moi « Ma Chair est Tendre » est dans cette lignée-là. Je n’ai pas cette prétention d’être aussi doué qu’elle dans l’écriture et l’interprétation, mais l’idée de mettre en valeur des petits gens qui une fois rentrés chez eux, ont des vies extraordinaires, me fascine.

D’ailleurs j’avais mené un stage d’écriture au Plateau Ivre il y a quelques temps sur le thème : comment le quotidien devient extraordinaire.

Le réalisateur Emir Kusturica est aussi une grande source d’inspiration avec des petites scènes de vie complètement barrées… et en même temps tout paraît tellement simple et réaliste.

J’aime beaucoup parler de ce qu’on dit marginaux. Et en même temps on est tous en marge de quelqu’un d’autre. Donc finalement tout cela est très banal.

 

 

 

 

 

LE FILS DU BOUCHER

 

Qu’est-ce qui vous a amené à faire le choix de cette création inspirée de la vie d’Edouard II d’Angleterre ?

 

Ce n’était pas un choix…

En regardant dans ma bibliothèque un jour, je tombe sur une pièce que je ne savais pas avoir qui s’appelle « Edouard II » de Christopher Marlowe. Je lis cette pièce et c’est un véritable raz-de-marée dans ma tête. L’histoire et le personnage me chamboule. Mon souhait est de monter la pièce, mais au vue du nombre de personnages, la production a du mal à démarrer.

Puis je déménage. Et lorsque je fais mes cartons, je tombe sur une autre version d’Edouard II écrit par Bertolt Brecht, un de mes auteurs préférés. Je le trouve beaucoup plus drôle, beaucoup plus satirique. Il a vraiment repris la pièce de Marlowe avec les mêmes personnages, la même trame, mais l’a écrite autrement. Les ayants droits pour Brecht ont rendu l’adaptation impossible.

Tout cela, c’était il y a 10 ans…

Et depuis tout ce temps, Edouard II ne m’a jamais quitté. Je crois sincèrement, sans prétention aucune, qu’un acteur a parfois des rencontres avec des rôles. Je ne dis pas que ça finit bien, mais en tout cas, celle-là en est une.

J’ai eu la chance de mettre en scène un atelier amateur de Artopie. On a travaillé sur les 2 versions d’Edouard II. J’ai réécrit des choses, on a retravaillé des éléments. Puis en discutant avec l’équipe Madame Oldies, j’ai compris que ce que je voulais vraiment faire c’est écrire ma propre version.

L’histoire d’Edouard II est démesurée et extraordinaire. C’est une histoire d’amour qui se déroule sur 30 ans.  Des histoires de rois homosexuels il y en a toujours eu, sauf que lui il l’affiche et le revendique.  Il était pro mariage pour tous bien avant son époque.

Et puis c’est une histoire de guerre. Une vraie histoire shakespearienne avec des guerres, des alliances, des contre-alliances.

 

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Ce qui m’intéresse c’est de raconter l’histoire d’un roi qui rencontre un homme qui lui fera découvrir l’amour, la passion, l’excès, la liberté. A partir de là, plus rien n’arrêtera cet amour. J’avais envie que cet amant soit, comme Brecht l’avait fait, un fils du boucher, un homme du peuple, loin de la noblesse. J’ai voulu que le centre soit cet amant-là, qui est le déclencheur de tout. La pièce on va la positionner dans la dernière heure de la vie d’Edouard II. Son amant, lui est déjà mort depuis un moment.

 

 

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Comment s’est passé votre résidence de création à la NEF ? Quels ont été les challenges rencontrés ?

 

Cela fait 10 ans que ce projet m’accompagne. Cela fait 5 ans que je l’écris. Des versions du texte, j’en ai déjà écrit plein. La 1ère version je l’avais écrite avec autant de personnages que pour Brecht et Marlowe.

Par la suite, j’ai écrit une version avec 4 personnages à huit-clos, proche de l’esprit de Copi.

Puis avec le temps, j’ai voulu raconter Edouard II et pas forcément de le jouer. Comment arriver à glisser moi l’auteur, l’acteur, qui est en route depuis 10 ans pour aller vers cette rencontre avec ce personnage. Comment faire cohabiter tout ça. Et comment écrire cela pour juste 1 acteur et le cadavre qui sera là sous forme de « marionnette ».

A la NEF à Saint-Dié-des-Vosges, l’idée était d’arriver avec toute cette matière-là et de transmettre à Hélène Tisserand (mise en scène) et Marcela San Pedro (chorégraphie) tout ce que j’ai dans la tête depuis 10 ans, en faisant des essais pour voir approfondir la narration. On se rend vite compte qu’on ne pourra pas tout mettre. Cela m’a remis sur les rails pour pouvoir retourner à l’écriture.

Et puis, il y avait un challenge qui n’était pas évident. J’ai envie que mon Edouard ne parle pas beaucoup, qu’il n’en est plus besoin ou plus l’envie. Alors il faut trouver des stratagèmes : la danse, le cadavre, …

Chez Brecht et Marlowe il y a un grand absent dans leurs pièces : le peuple. Moi j’ai envie que toute la trame de l’histoire soit racontée par le peuple. Et en mettant tout cela dans le contexte de 2020 avec le réveil de l’homophobie, la religion, les médias.

Pour finir, il y a un rôle que j’ai eu très envie de mettre en lumière : sa femme, qui était mariée 13 ans avec un roi homosexuel. Elle est française, il est anglais… elle ne comprend rien de ce qu’il dit. Elle se tait. Elle observe. Puis un jour, c’est elle qui va reprendre le pouvoir. Et le jour où elle le fait, alors là, attention.

 

 

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Pour plus d’informations sur la compagnie Madame Oldies  

Site web : http://www.madameoldies.com/
Facebook : @MADAME-OLDIES-CIE

Crédits photos : ©CIE MADAME OLDIES

Anne Marion de la compagnie de danse l’Aéronef

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Anne Marion, danseuse interprète et chorégraphie, Compagnie L’Aéronef

 

 

Vous diriez que vous êtes née danseuse, avec une envie de mouvement déjà petite… ou est-ce quelque chose qui est apparue bien plus tard et a évolué avec le temps?

 

La danse a été présente dès mon enfance. Ma mère m’a inscrite à des cours de danse lorsque j’avais 4 ans et je n’ai jamais cessé de danser depuis.

 

 

Pouvez-vous nous retracer un peu votre parcours de danseuse-chorégraphe ?

 

J’ai un double parcours. Mes parents m’ont toujours encouragé à la danse, mais ils n’étaient pas particulièrement enthousiastes à l’idée d’une carrière artistique. J’ai donc fait des études de Lettres après le bac, puis une prépa et j’ai passé le concours pour devenir professeur de Lettres.

J’ai continué à faire des projets de danse en tant qu’interprète, en parallèle à mon métier d’enseignante.

En 2012 je fais le grand pas et je fonde la compagnie l’Aéronef. Il devenait difficile d’allier 2 métiers en même temps. J’ai donc fait le choix d’assumer ma passion et je me suis lancée à temps plein dans la danse et la création.

Depuis 2012, la compagnie crée une pièce par an.

Je me suis également formée en obtenant un Diplôme d’Etat en danse contemporaine, ce qui me permet la transmission, à travers des ateliers et des formations destinés à divers publics.

Je retrouve dans ce volet transmission mon 1er métier, l’enseignement. La pédagogie de la danse me passionne énormément. Et cela n’est jamais déconnecté du volet création car dans mes ateliers j’organise des sortes de laboratoire autour de mes pièces. Par exemple, pour « S », j’ai organisé des ateliers costume.

 

 

Loïe Füller vous a beaucoup inspiré pour la pièce « S ». Elle fut la première à innover autour du tissu à danser avec la lumière projetée sur ses robes en soie immenses dont les bras étaient prolongés de baguettes en bambou pour amplifier le mouvement, … Elle fut la star de l’exposition universelle de 1900.

 

Qu’est-ce que vous avez aimé le plus chez elle ?

 

Extrait de la « Danse Serpentine » de Loïe Füller des Frères Lumières

 

J’aime sa folie. C’est une 1ère rencontre entre la danse et la lumière. Le rapport est fascinant. La lumière éclaire et sculpte la danse.

Il y a quelque chose de révolutionnaire dans ses chorégraphies et de complétement aérien.

Ma pièce « S » est un hommage à ce tissu comme élément qui se métamorphose.

Et comme Loïe Füller, mes créations sont à mi-chemin entre danse et installation plastique. Il y a un vrai lien avec la peinture et les arts plastiques.

 

 

Et quels autres danseurs/danseuses-chorégraphes vous ont inspiré tout au long de votre parcours ?

 

Maguy Marin,
Pina Bausch,
Anne Teresa De Keersmaeker

J’aime l’hybridation, le rapport avec la théâtralité, l’absence de linéarité. J’aime trouver des incongruités, chercher d’autres corps. J’aime déconstruire, créer à chaque fois une gestuelle qui s’attache à un projet et trouver un vocabulaire propre à la pièce. J’aime une danse qui se renouvelle.

 

 

Le costume évolutif qui a été conçu pour « S » qui se transforme tout au long de la pièce est un personnage à part entière. Vous dites même que le solo S est un quatuor. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Oui, un quatuor. Je dirais même trois duos…

Il y a tout d’abord le tissu + moi.
Le tissu un personnage à part entière. Nous avons créé pour « S » un système de marionnettiste avec 32 fils et un pully.
[Philippe Hariga (régie générale et manipulation) est sur la plateau caché derrière les coulisses].

Puis il y a Olivier Irthum (scénographie, lumière, vidéo) + moi.
Il me suit tout au long du spectacle afin de créer une réelle interaction en direct entre la robe, la vidéo (mapping) et la lumière.

Et pour finir il y a Jean-Nicolas Mathieu (création musicale) + moi.
Une composition musicale a été créée pour « S » avec des ajouts sonores.

C’est un tissu souple, une matière imprévisible. Alors malgré une écriture forte programmée, nous devons tous nous écouter, nous attendre, nous retrouver. C’est très vivant. Nous sommes tous en synergie.

 

 

Extrait de la pièce « S »

 

 

 

Je suis venue voir la pièce « S » une après-midi. Il y avait des groupes scolaires (primaire) qui ont assisté à votre solo de danse. Qu’est-ce que vous aimeriez que cette jeune génération retienne de la pièce ? 

 

Je souhaite les sensibiliser à la poésie par le corps, la danse et le mouvement. Les enfants ont un imaginaire ardent. Ils se laissent traverser par les images qui leur viennent.

La nudité partielle est un parti pris ; un choix fait en travaillant la création. J’ai voulu quelque chose de sensuelle, mais pas érotique. J’ai voulu montrer le corps féminin dans ce contexte poétique et magique et leur permettre de voir la dimension sacrée du corps.

 

« S » est un vrai conte étrange et visuel où naissent tant d’images : la mer, la flaque, la cage, la robe, l’aile, la méduse, l’oiseau, la sirène, le fantôme, … Quel a été le point de départ de cette histoire racontée ? Quelle image vous est apparue en 1er lors de la création ?

 

La 1ère image qui m’est venue lors de la création est celle d’un corps nu avec un tissu autour du cou, l’image de la tulipe.

Après la création de la robe, d’autres images me sont apparues en manipulant et jouant avec le tissu (exemple : le nid).

 

Votre corps, celui de la femme, qui est prisonnier de ce tissu, puis se libère. Quelle est votre vision du féminin, du corps de la femme dans notre société d’aujourd’hui ?

 

Pour moi, « S » n’est pas un propos sur la femme dans notre société d’ajourd’hui, c’est plutôt quelque chose d’intemporel. J’ai simplement voulu montrer toutes les facettes du féminin avec pour outil ce tissu.

J’ai surtout souhaité exprimer l’éventail du féminin et les notions de douceur, de sensualité, de lumière, de liberté et de contraintes, aussi.

 

Quels sont les challenges que vous rencontrez en tant que jeune compagnie de danse ?

 

Chaque création est un pari fou. Le plus gros challenge pour la compagnie est la diffusion. Nous aimerions pouvoir rencontrer plus souvent les professionnels afin de pouvoir proposer au public une tournée plus conséquente de nos pièces.

Nous sommes également à la recherche d’opportunités pour mutualiser des compétences et des savoir-faire, plus particulièrement côté production et diffusion. Comme pour toute petite structure, il nous manque du temps et du personnel.

La danse contemporaine est aussi un challenge en soi. Il faut donner l’envie aux gens de se déplacer.

 

Quels sont les futurs projets de la compagnie Aéronef ?

 

La pièce « S » se reproduira encore une fois dans les Vosges au Trait d’Union à Neufchâteau le 1er février 2020.

Nous sommes en pleine création pour l’automne 2020 avec le danseur Sébastien Cormier. Cela s’intitulera « Une Aube (un crépuscule) ». La Méridienne à Lunéville nous accueille pour une résidence de création. Puis nous serons au Théâtre de la Rotonde à Thaon-les-vosges, Capavenir.

Nous cherchons également une autre résidence de création dans les Vosges. (Pour prendre contact avec Anne Marion : compagnielaeronef@gmail.com)

Cette nouvelle pièce parle du couple. C’est l’attelage et le dialogue de deux corps contenus dans un nid. J’avais pour désir de me pencher sur la question de la relation, de l’individu dans la relation, de l’alliance, de la combinaison des individualités.

Je voudrais écrire et chorégraphier le poème d’un couple métaphoriquement sous le joug (« unir, joindre, mettre sous le joug ») : resserrés dans une unité de temps, une unité de lieu, resserés dans leur relation.

 

Prochaines représentations :

« S »
> 1er février 2020 au Trait d’Union à Neufchâteau

« Une Aube (un crépuscule) »
> 6 novembre 2020 à la Méridienne, théâtre de Lunéville
> 27-28 novembre 2020 au théâtre de la Rotonde à Thaon-les-Vosges dans le cadre du salon Cousu du Fil Rouge.

Pour plus d’informations sur la compagnie L’Aéronef 

Page Facebook : @aeronef

Crédits photos : ©Aeronef

 

Lorelyne Foti de la compagnie Ultreia nous parle de « Trust »

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Lorelyne Foti, metteure en scène de la compagnie Ultreia

 

 

La danse, le chant, le théâtre, … qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce métier-passion ? Pouvez-vous nous raconter un peu votre parcours en tant qu’artiste ?

 

Je suis née à Epinal. J’ai commencé dans le milieu sportif, plus précisément en tant que patineuse artistique, pour ensuite me tourner vers la danse et le théâtre.

Je suis diplômée de l’Ecole Claude Mathieu en art et techniques de l’acteur – et de l’AICOM à Paris (Académie Internationale de Comédie Musicale) en chant, danse et théâtre.

J’ai complété ma formation auprès de Chet Walker aux Etats-Unis (Professional advancement award in Jazz musical Theater dance). Nous étions 24 étudiants boursiers de plusieurs nationalités. C’était une réelle richesse de rencontrer d’autres jeunes qui avaient différentes manières de travailler.

J’ai également récemment suivi une formation en dramaturgie à l’Université de Lausanne où j’ai pu allier voix, corps et texte.

A Paris j’ai vécu une période où je ne savais pas ce que je racontais. J’ai joué dans de nombreuses pièces et spectacles musicaux de renommée, en tournée dans toute la France et à l’étranger, mais je n’étais plus en accord avec les projets qu’on me proposait. A un moment je me suis demandée : « pourquoi je monte sur scène ? »

Puis je suis arrivée à saturation et j’ai décidé de faire une marche de Paris jusqu’à Saint Jacques de Compostelle pour me confronter à moi-même. C’est là que j’ai entendu « ultreia » [du latin ultra – au-delà et eia – vers], une façon pour les gens de saluer les pèlerins et dire « bon voyage ». C’était un parcours difficile, mais je me faisais la promesse tous les jours d’avancer (ultreia !). Pour moi, c’était un chemin initiatique où j’ai créé du lien et du sens. L’année qui a suivi, j’ai créé la compagnie Ultreia.

 

 

La compagnie Ultreia, créée en 2013, s’attache à construire des ponts entre les disciplines – danse, musique, voix, théâtre. Pour vous, cet aspect pluridisciplinaire fait la richesse de cette compagnie ?

 

La compagnie Ultreia est un cerveau collectif qui laisse la place aux personnes de créer, selon leurs compétences (son, lumière, scénographie, numérique, danse, etc). De plus, chaque personne a un profil pluridisciplinaire (vidéo + son / scénographie + lumière / comédie + danse ou chant, …).

Toutes mes expériences et mes rencontres m’ont permis d’élargir ma palette. J’ai fait de la danse, du chant, du théâtre et maintenant je veux réellement tester l’écriture.

 

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Vous concevez des stages, des ateliers de pratique artistique et des actions de médiation culturelle pour tout type de publics. Qu’avez-vous envie de transmettre aux autres ? 

 

La compagnie s’articule autour de 3 grands axes :

  • La création
  • La recherche artistique (notre laboratoire)
  • L’action culturelle

Ce dernier est très important pour moi.

Tout d’abord, j’ai eu de très bons professeurs tout au long de mon parcours, notamment au Théâtre du Soleil, qui m’ont donné l’envie d’enseigner.

La Cie Ultreia a également mené le projet citoyen « Confiance : Tous Acteurs » autour de la confiance en soi, en l’autre et en l’avenir. Avec le soutien des ATP nous avons invité des personnes qui n’ont jamais été sur scène et qui sont devenus créateurs et acteurs sur scène et au-delà, dans leurs vies de tous les jours. Nous avons voulu insuffler une énergie pour que cela devienne un collectif.

J’aime concevoir des actions culturelles pour des publics qui n’ont pas accès à la culture et donner une voix aux gens qui n’ont pas l’habitude d’être écoutés.

 

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Vous oeuvrez notamment pour sensibiliser les jeunes au théâtre ? Quel est votre retour d’expérience ?

 

J’adore faire des actions auprès des jeunes (collège, lycée). C’est le public de demain, les citoyens de demain, les futurs porteurs de projets. Les jeunes d’aujourd’hui sont conscients de plus de choses, grâce aux réseaux sociaux. Et à cet âge on se pose beaucoup de questions.

Il faut une école du spectateur, un théâtre immersif. Les ateliers de théâtre leur donnent confiance. On leur donne des outils et on les aide à développer un esprit critique. Cela crée du dialogue et du débat.

Le territoire vosgien est un formidable laboratoire d’expériences et il faut multiplier les actions envers les jeunes.

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Qu’est-ce qui vous donne envie de porter une œuvre théâtrale et d’y mettre votre empreinte ? Qu’est-ce qui vous a amené à faire le choix de « Trust » par exemple ?

 

« Trust » est une pièce de Falk Richter écrite en 2009 après la crise des « subprimes ». Mais aujourd’hui, c’est toujours d’actualité. On vit dans une société qui prône l’avoir au lieu de l’être. Il y a de plus en plus de « burnout » et de suicides.

En lisant le texte de Richter, quelque chose a résonné en moi. C’était des questions que je me posais en tant qu’artiste. Puis j’avais envie de choisir une œuvre contemporaine.

J’ai été séduite par la forme : « Trust » est écrit comme des pièces d’un puzzle. Aucune indication… pas de distribution… parfois même aucune ponctuation. Dans le texte original on peut lire « je crois que je suis en train de m’effondrer, tout simplement ». Puis, une page blanche. Il faut traiter cette page blanche avec le corps, la musique, le mur… comme on traite le vide. Cela m’a semblé fascinant. Un vrai challenge.

 

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La liberté (liberté d’expression théâtrale, liberté de mise en scène, liberté du corps à travers la danse, …) est quelque chose d’important pour vous ?

 

Sans liberté, il n’y a pas de création. On ne serait que des exécutants.

Dans la pièce « Trust », par exemple, j’ai pris énormément de liberté avec la musique. J’ai fait le choix de deux arrangements musicaux particuliers avec 3 niveaux de lecture : le texte, la musique et le cri de justice sociale. Je vous laisse le plaisir de découvrir cela lors de notre prochaine représentation.

Dans cette liberté, j’essaie cependant de créer un cadre très précis. Et dans ce cadre, les acteurs ont cette liberté de s’approprier des choses. J’ai un vrai échange avec les comédiens et toute l’équipe technique. Et on évolue tous grâce au public.

 

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Lors de la représentation, le public découvre une mise en scène épurée avec un grand mur qui permet de jouer sur la transparence et le reflet. On voit des ombres, on voit le reflet des acteurs, on voit des jeux de lumières, des projections de chiffres et puis on découvre même, nous, public, notre propre reflet dans le miroir… Racontez-nous un peu le concept de ce mur unique et original.

 

Pour commencer, je souhaitais quelque chose qui ressemble à la façade d’un building de quartier financier.

Falk Richter écrit : « on est tous au pied du mur ». Je souhaitais un grand mur pour donner une sensation d’écrasement et d’étouffement. Il fallait que l’espace se rétrécisse, que le décor bouge peu à peu vers l’avant, réduisant progressivement l’espace de jeu pour finir en avant-scène mettant comédiens et spectateurs au pied du mur dans un « sans issue » face à eux-mêmes. Le système nous écrase… et nous citoyens poussons le système.

Notre laboratoire artistique a permis de réfléchir à la conception de ce mur et les projections vidéos et numériques sur la surface de cette structure. On a une belle équipe avec d’excellents techniciens qui étaient tous force de proposition.

Ce mur est un élément principal de la pièce qui permet de jouer sur 2 points de vue selon l’éclairage… mais je n’en dis pas plus !

 

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A découvrir …
Prochaine représentation de « Trust » : le 10 janvier 2020 à l’Espace George Sadoul, Saint-Dié-des-Vosges

 

Pour plus d’informations sur la compagnie Ultreia :

Site web : www.compagnieultreia.fr
Facebook : @compagnieultreia1

Crédits photos : ©PierreDolzani

La nouvelle compagnie de la 5ème Sirène s’installe dans les Vosges

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Rencontre avec Mathieu Brassier, Directeur artistique de la Compagnie de la Cinquième Sirène.

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Vous êtes originaire de Marseille. Pourquoi avoir voulu vous installer dans les Vosges, à Saint-Dié-des-Vosges plus précisément, pour y créer votre compagnie théâtrale ? Pour vous c’est un territoire propice à la création artistique ?

 

La compagnie de la Cinquième Sirène a été créée en février 2019. C’est tout frais. J’avais des amis dans les Vosges, sur Epinal, qui m’ont fait découvrir le département. Je suis tombé sous le charme des paysages.

J’y ai d’ailleurs terminé l’écriture de ma pièce… pour moi c’était un signe. Je me suis dit « tentons l’aventure vosgienne ».

Et puis, c’est un territoire beaucoup moins saturé que Paris ou Marseille. Il y a moins de concurrence et plus de choses à faire pour une compagnie émergente comme la nôtre.

 

 

 

Quels sont les objectifs de la compagnie de la Cinquième Sirène ? La mission que vous vous êtes donnée ?

 

La mission principale est de mettre en lumière nos créations, puis de les décliner sous forme d’ateliers d’écriture et de théâtre. Nous souhaitons réellement travailler avec un public du champ social, du milieu rural ainsi que du milieu carcéral.

On travaille actuellement dans ce sens, sur des projets pédagogiques.

C’est important à ce stade de mieux connaître le territoire afin de nous permettre d’être le plus juste dans nos actions proposées.

 

 

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de choisir ce métier artistique ? Racontez-nous un peu votre parcours.

 

J’ai commencé dans le cinéma. J’ai étudié à l’université de Paris 8 à Saint Denis. J’y ai réalisé 2 court-métrages.

Puis j’étais Chargé de mission au sein de La Fémis, l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son à Paris.

J’ai également travaillé en tant que régisseur au café-théâtre « Le Lieu » à Paris. C’était une très bonne école pour apprendre le métier du théâtre. J’y ai monté sur scène, j’ai présenté des pièces, j’ai fait des 1ères parties. On est sur le terrain… on apprend à ne pas avoir peur du ridicule… on est obligé, le public est là face à nous, à 50cm à peine.

J’ai navigué entre le cinéma et le théâtre puis j’ai créé ma société de diffusion et de développement du théâtre à Marseille (Brassier Diffusion & Développement).

Mais finalement mon souhait était de créer un projet plus artistique et personnel. J’avais envie de changer. J’ai alors créé la Cie Cinquième Sirène.

 

La création d’une compagnie théâtrale peut s’avérer être une étape compliquée. Avez-vous des conseils à partager avec la communauté Culture C Nous et aux acteurs culturels qui envisagent la même démarche ?

 

Le plus pénible c’est la partie administrative. Il faut être très vigilant. Mais étant donné que j’avais mon vécu au café-théâtre « Le Lieu » puis j’avais créé ma société de diffusion, j’avais déjà une certaine expérience pour ça.

Pour ceux qui ne se sentent pas à l’aise avec cette partie admin, je leur conseille de prendre un coach ou un administrateur si possible.

Cette étape est valable pour toute personne qui entreprend finalement.

 

 

Vous avez créé votre 1ère pièce « J’aime Pas les Chats ». Ça parle de quoi ?

 

C’est une comédie dramatique qui parle de 2 frères et 1 sœur, suite à l’enterrement de leur mère, qui doivent décider ce qu’ils vont faire de son chat. C’est le point de départ de la pièce.

On s’aperçoit que dans cette fratrie, quelque chose n’est pas clair. Des alliances pour certains, du désordre chez d’autres. On découvre que des relations conflictuelles se cachent derrière beaucoup d’amour et que dans la tendresse apparente se cache une certaine rivalité.

Le chat représente l’héritage immatériel de nos parents (l’éducation, la morale, les valeurs, …) et puis la question qu’on se pose … « qu’est-ce qu’on en fait de tout ça après ? ».

La pièce dure environ 1h10. 1 acte. 1 tranche de vie. 1 dosage comédie + drame.

On rentre dans l’histoire de cette fratrie et on en sort. Il n’y a pas de morale ou de leçon de vie … c’est tout simplement une histoire à raconter.

 

 

 

Pourquoi souhaitiez-vous partager ce sujet sérieux et délicat sous forme de comédie ?

 

Je pense qu’il faut en rire de la mort. Cette histoire, ce n’est pas quelque chose qui m’a touché personnellement, mes parents sont encore là. Mais j’ai été touché par le deuil d’une manière ou d’une autre. Dans ces situations-là, on peut perdre les pédales… et c’est ça qui fait rire. C’est un réel matériel pour faire rire. J’ai vraiment voulu qu’il y ait des moments de rires mélangés à des moments émouvants.

Ce que j’aime dans le théâtre et le cinéma c’est qu’on est proche du public.

Il y a des vannes dont on était persuadé fonctionnerait, mais finalement ça tombe comme un soufflet.

Puis d’autres moments que vous n’aviez pas prévu et où vous entendez d’un coup le public rire. La réaction du public est souvent inattendu. C’est surprenant et galvanisant.

 

Vous avez présenté « J’aime pas les Chats » au Festival Off d’Avignon cet été. Quel est votre retour d’expérience ? Quel a été votre plus gros challenge ?

 

Le plus gros challenge a été de faire venir le public. Finalement, la salle était comble… il manquait même de la place !

C’est important d’avoir en face de nous le grand public et des professionnels. Quand on a nos amis et la famille pour les 1ères lectures publiques, personne ose vous froisser… on ne vous dit pas si c’était bon ou mauvais.

Nous avons reçu de supers retours du public.
Nous avions oublié de demander au public à la fin de mettre des commentaires sur le site de réservation BilletReduc. Finalement, certaines personnes l’ont fait spontanément et ont donné de très bons avis.

Notre objectif était rempli…plus que rempli.

 

Quelle est la suite pour « J’aime Pas les Chats » ?

 

Nous aimerions rentrer en résidence de création sur Saint-Dié-des-Vosges ou ailleurs afin que la pièce puisse se monter.

Nous voulons fixer des dates en sessions ou avec des Mairies pour représenter la pièce dans les salles sur le territoire.

 

En tant que nouvelle compagnie, les partenariats et les collaborations peuvent vous aider à vous développer. Culture C Nous est une plateforme qui permet cette mise en réseau. Quels sont vos besoins aujourd’hui ?

 

Nous avons été très heureux de voir que des représentants des Vosges, notamment Mathieu Pierrard, le nouveau Directeur du spectacle vivant à la ville de Saint-Dié-des-Vosges, ont fait le déplacement pour nous voir sur scène à Avignon.

En tant que jeune compagnie, les partenariats et les collaborations sont d’une grande importance pour nous développer sur le territoire.

 

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la Cie de la Cinquième Sirène pour la saison culturelle à venir ?

 

Notre pièce « Chantecler Solo », écrite par mon acolyte Axel Senequier, est une forme très simple adaptable partout, avec 1 seul acteur sur scène. Nous aimerions pouvoir la diffuser en milieu scolaire (collège). Nous avons déjà une offre pédagogique existante.

 

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Pour « J’aime Pas les Chats », nous aimerions trouver des aides de financement ainsi que des dates pour des représentations.

Ce que vous pouvez nous souhaiter :

  • que nos 2 projets tournent
  • que la pièce « J’aime pas les Chats » puisse se faire dans les Vosges
  • que nous puissions vous proposer une toute nouvelle création pour l’année prochaine (une idée qui a pris forme ici dans les Vosges me trotte dans la tête et c’est un projet sur lequel je travaille déjà. Et Axel Senequier a déjà certainement des idées plein la tête.)

 

Et pour finir… par curiosité, vous avez un chat ? 

Oui ! Un chat. César.

 

Pour plus d’informations sur la Compagnie de la Cinquième Sirène :

Site web : https://cie5sirene.wixsite.com/sirene5