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La compagnie Tempor’Air nous présente « des hauts et débat »

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Rencontre avec Kévin Briot, directeur artistique, danseur-interprète et intervenant pédagogique pour la Cie Témpor’Air

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Kévin Briot de la compagnie Tempor’Air / crédits photo : CD88/ME

 

La danse version Tempor’Air

Leur danse, c’est le top rock, la danse debout du break dance que l’on reconnait avec les jeux de jambes, les attitudes et la tenue de corps du b-boy (breaker). Cette discipline dans la discipline, Tempor’Air l’a choisi pour mettre en lumière l’aspect dansé du break dance. Le top rock est une danse caractérielle avec du mime et des jeux de rôles et qui, bien que dotée d’une technique bien spécifique, laisse place à une réelle improvisation et spontanéité.

 

 

Le parcours des danseurs-chorégraphes

Ce sont les voyages et les rencontres qui ont forgés Kévin Briot et Ala’Edinne Abdemouche de la compagnie Tempor’Air. En passant par la case des stages, aux côtés de pionniers de la danse hip hop partout en France et à l’étranger, ils ont pu se former. Ces stages ont été un réel héritage de l’univers du hip hop. En prenant conscience qu’il fallait se professionnaliser, parallèlement, ils se sont formé à l’enseignement artistique de la danse.

Puis il y les battles… la meilleure école.
Face à soi-même, les battles sont une réelle mise à nu servant à se dépasser. Kévin et Ala’Edinne ont évolué dans leur discipline grâce à ces confrontations qui les ont nourris et stimulés tout au long de leur parcours.

Les battles sont aussi une belle leçon de vie pour faire face à l’échec de manière positive. « Les 1ères barrières que l’on se met sont les nôtres », dit Kévin, « pendant 5 ans on a tout donné en battles sans rien gagner. Puis, on passe les pré-sélections, on arrive en quart de finale, en demi-finale…. et à force de persévérance, un jour on se retrouve en finale ». Une leçon importante qu’ils essaient de transmettre aujourd’hui à la jeunesse vosgienne.

Les 2 artistes ont touché à tous les styles de danse pour trouver leur signature bien à eux. Ils ont fait du popping, du locking, du hip hop, du break et se sont même instruits sur la danse contemporaine et classique. « Aujourd’hui on arrive à tout mettre ensemble pour en faire notre propre soupe. »

 

 

La pièce chorégraphique « Des Hauts et débat »

Cette pièce est la suite logique de leur parcours. Il y a 3 ans, elle prenait la forme d’une petite pièce de 20 minutes qu’ils ont pu tester auprès d’un public jeunesse au sein d’un collectif à Verdun dans le cadre de stages.

Dans les Grand Est, ils ont été repérés par Didier Patard, directeur de l’association Transversales, puis accompagnés également par Jacky Castang de Scènes Vosges, afin d’aller plus loin avec leur création qui aujourd’hui a pris la forme d’un spectacle professionnel de 50 minutes.

« Des Hauts et débat » est l’histoire de leurs voyages, de leur émancipation et de tous les hauts et bas qu’ils ont pu rencontrer sur leur parcours. C’est une mise en lumière de bouts de vie sur 10 ans.

J’ai dansé pendant 5 ans dans ma chambre. Je souhaite apporter aux jeunes ce que je n’ai pas pu avoir .

Avec ce spectacle, ils souhaitent donner accès à la culture et danse hip hop auprès d’un jeune public rural. La compagnie Tempor’Air souhaite faire passer un message simple : on peut réaliser ses rêves, même lorsqu’on habite un petit village vosgien, loin des grandes métropoles où le hip hop s’est considérablement investi.

 

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Quand la musique et la danse se mêlent…

Tempor’Air est accompagné sur scène par le musicien Yvain Von Stebut.

Rencontré il y a quelques années dans le cadre d’un projet d’ateliers, Yvain avait créé des captations sonores pour accompagner une chorégraphie proposée aux jeunes vosgiens.

Sollicité à nouveau pour faire une bande son de leur spectacle « Des hauts et débats » lors du confinement, ils ont fait le choix d’une musique en live sur scène afin de rendre la pièce plus interactive et vivante.

C’est une vraie connexion sur scène entre la danse et la musique. La magie opère .

 

Le hip hop et break dance dans les Vosges, ça donne quoi ?

« C’est compliqué », affirme Kévin.
Il y a une quinzaine d’années, il existait une fédération hip hop dans les Vosges avec des acteurs provenant de Nancy. Aujourd’hui, il y a tout à refaire pour dynamiser la culture hip hop dans les Vosges et que cela se démocratise en milieu rural.

Leur volonté a été de créer une compagnie professionnelle vosgienne afin de se donner du poids et de la crédibilité à cette discipline et les actions portées sur le territoire.

 

Un lien fort avec la jeunesse

La transmission auprès de la jeunesse est un axe phare de la compagnie.
Pour ce faire, la compagnie propose 2 volets :

  • EAC (éducation artistique culturelle) au sein d’établissements scolaires afin de monter des projets, sensibiliser les jeunes et leur donner un accès à la culture du hip hop
  • Enseignement de la discipline par le biais de cours de danse au sein des MJC et centres socioculturels du territoire

 

L’actualité Tempor’Air

Le spectacle « Des Hauts et débat »

  • le 15 juin 2021 au théâtre de La Rotonde à Thaon-les-Vosges
  • 24 septembre 2021 au Festival « Là haut sur la colline » à Epinal
  • 23 juillet 2021 au Festival Pluralies à Luxeuil-les-Bains
  • Maison d’arrêt à Epinal

 

Annonce

Une petite forme de 25 minutes du spectacle exporté hors murs (sans musicien) est proposée en extérieur, dans les écoles ou différents lieux accueillant la culture sur le territoire. Contactez la compagnie Tempor’Air pour plus d’informations !

 

Pour plus d’informations sur la compagnie Tempor’Air

Facebook : @temporair.cie

Instagram : @compagnie_temporair

Site internet : www.compagnietemporair.fr

Arnault Mougenot de la compagnie de théâtre Madame Oldies

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Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce métier-passion ?

 

Je suis originaire de Bussang. Quand les copains partaient en colonie de vacances, moi j’allais trainer au Théâtre du Peuple où je vendais des glaces, je tenais des petits rôles, … C’était presque écrit que j’allais faire du théâtre, alors par esprit de contradiction je ne voulais pas faire ça !

J’ai fait un sport-études équitation, puis un jour j’ai tout arrêté et je me suis un peu retrouvé entre deux. Un jour l’ancien directeur du Théâtre du Peuple m’appelle pour me dire qu’il manquait une personne dans la promotion à l’Ecole Nationale d’Art Dramatique de Montpellier aux côtés d’Ariel Garcia Valdès. Il a pensé à moi. J’ai commencé cette école un peu comme ça alors que d’autres s’arrachent les yeux de la tête pour y rentrer. Je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait.

Finalement, ce sont des rencontres avec des personnes qui font que…

 

Vous êtes revenu vivre et travailler dans votre région d’enfance. Pour vous, qu’est-ce qu’il y a d’unique dans les Vosges ?

Le parcours de la compagnie Madame Oldies est un peu particulier parce que j’ai beaucoup bougé entre Montpellier, Saint Etienne (artiste-associé à la Comédie de Saint Etienne) et Paris. La compagnie m’a accompagné tout le long, mais elle s’est vraiment construite ici dans les Vosges.

Nous avons recréé un vrai noyau dur artistique et administratif et nous avons pu tisser de vrais liens et échanges avec nos partenaires, que ce soit nos tutelles ou les professionnels. Et c’est ça qui est unique. Cela prend du temps, mais ça marche.

Ce n’est pas plus facile que dans d’autres régions, mais c’est ici que ça s’est fait pour nous. Et je suis très content de tout ce renouveau qu’il y a dans la compagnie et dans l’équipe.

 

Vous avez une vraie signature au niveau de l’écriture. Pourquoi avoir choisi de raconter vos histoires avec tant de poésie et d’humour noir et grinçant ? 

Tout d’abord j’ai été marqué et inspiré par des auteurs en tant que metteur en scène et personnellement, en tant que lecteur.

Il y a Copi, auteur argentin complètement surréaliste, fou, extravagant avec des situations abracadabrantesques et des personnages dingues un peu à la Pedro Almodóvar, où tout le monde se shoote et se baise … et c’est normal.

Il y a eu également Friedrich Dürrenmatt. Je dois dire que c’est ma rencontre dramaturgique. Il écrit des histoires dingues, immenses, exagérées, et en même temps complètement politisées, humanistes et populaires. Et il raconte tout cela sous forme d’humour.

Lorsque j’ai découvert cet auteur, je comprenais pas pourquoi ses pièces n’étaient plus montées. Aujourd’hui, le théâtre populaire, drôle, divertissant et un peu engagé a vraiment perdu ses lettres de noblesse. Encore que, je trouve que l’on y retourne tout doucement. Je pense que par le divertissement on peut raconter toutes les horreurs du monde, tous les sujets du monde et faire réfléchir les gens.

Puis à un moment donné je me suis dit qu’il était temps que je m’affirme en tant qu’auteur. Je me suis donc repositionné.

Et pour finir, cet humour est ma nature. Je préfère me moquer de moi-même que de m’apitoyer dessus.

Le rire n’est pas forcément un rire sonore. Cela peut aussi être un rire qui fait pleurer. La pièce « Ma Chair est Tendre » est un spectacle où certaines personnes vont rire à des choses, d’autres en seront gênées et d’autres y seront sensibles. J’aime bien ce genre de mixeur d’émotions vives et express.

L’autorisation de la folie est clé pour moi. Ne pas s’autoriser à être fou, ça rend dingue. Aujourd’hui on est dans une société où tout le monde fait attention à tout. Tout le monde se dit marginal et en même temps tout le monde fait comme tout le monde. Et on pète tous les plombs. La société ne va pas très bien…

 

 

MA CHAIR EST TENDRE

 

Vous pouvez nous faire un pitch d’enfer pour « Ma Chair est Tendre » ?

 

C’est l’histoire d’un homme de 40 ans qui est tout seul. L’âge, il n’arrive pas à le digérer. Il va manger pour combler. Et en mangeant, la moindre chose devient vecteur à s’inventer une histoire pour fuir une réalité.

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La nourriture a une place centrale sur scène (jusqu’à vous servir de masque de farine tel un clown mi-comique, mi-tragique). Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Ce n’est pas la place que j’ai voulu donner à la nourriture, c’est la place qu’elle a. Tous les jours elle est avec nous. On se réveille, la 1ere chose que l’on fait est manger. On se retrouve entre amis, on mange et on boit un verre. On est heureux, on mange. On est malheureux, on mange. Ou alors on ne mange plus du tout et on est en refus de la nourriture. On mange à excès… La nourriture est déjà centrale dans nos vies.

J’ai écrit un spectacle sur un personnage célibataire pour qui la nourriture est sa compagne qui rythme sa journée. La nourriture est centrale dans le spectacle et en même temps on n’en parle pas. Elle est là et elle l’accompagne, tout simplement.

A la compagnie, c’est vraiment une marque de fabrique… Depuis toujours, nos réunions c’est avec pinard et saucisson !

La prochaine pièce de la compagnie s’appelle « Le Fils du Boucher ». Finalement, on en revient toujours à la nourriture !

« Ma Chair est Tendre »  parle aussi du corps, à travers cette nourriture.  Un peu trop gros ici, un peu trop maigre là.  Un peu trop ridé, plus de cheveux, etc… Tout ça c’est à nous et c’est comme ça. Faisons avec et si on regarde bien, cet outil, dans sa singularité, est génial.

Le spectacle commence comme ça et finit comme ça, avec un message positif.

Depuis le début de la création on s’était dit qu’il fallait être très vigilant pour éviter d’être dans un rapport de culpabilisation par rapport à la nourriture. On a une responsabilité, on fait du spectacle et c’est notre responsabilité en tant qu’artiste. On ne peut pas dire n’importe quoi, parce qu’on est dans une démarche populaire et il faut que les choses soient comprises telles qu’elles sont dites. Un enfant en surpoids qui voit le spectacle, il faut qu’il sorte de là et qu’il soit bien avec lui-même. Car le monde ne le sera pas forcément.

 

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« Ma Chair est Tendre » met en lumière les rapports aux autres et à nous-mêmes, avec toutes nos failles, nos peurs, nos pulsions, nos difficultés, nos joies, nos émotions… Pour vous, quel est le message principal que vous avez voulu faire passer à travers cette pièce ? Qu’on a chacun une folie ordinaire, et que c’est OK ?

 

Oui ! Que ne pas s’autoriser à la folie rend fou.

Le Monsieur ou Madame tout le monde qu’on croise tous les jours est beaucoup plus fou ou folle qu’on peut le croire lorsque l’on voit ce qui se cache derrière. Nous avons tous des vies bien plus palpitantes nous pourrions le croire.

C’est comme dans les films de Yolande Moreau. Pour moi « Ma Chair est Tendre » est dans cette lignée-là. Je n’ai pas cette prétention d’être aussi doué qu’elle dans l’écriture et l’interprétation, mais l’idée de mettre en valeur des petits gens qui une fois rentrés chez eux, ont des vies extraordinaires, me fascine.

D’ailleurs j’avais mené un stage d’écriture au Plateau Ivre il y a quelques temps sur le thème : comment le quotidien devient extraordinaire.

Le réalisateur Emir Kusturica est aussi une grande source d’inspiration avec des petites scènes de vie complètement barrées… et en même temps tout paraît tellement simple et réaliste.

J’aime beaucoup parler de ce qu’on dit marginaux. Et en même temps on est tous en marge de quelqu’un d’autre. Donc finalement tout cela est très banal.

 

 

 

 

 

LE FILS DU BOUCHER

 

Qu’est-ce qui vous a amené à faire le choix de cette création inspirée de la vie d’Edouard II d’Angleterre ?

 

Ce n’était pas un choix…

En regardant dans ma bibliothèque un jour, je tombe sur une pièce que je ne savais pas avoir qui s’appelle « Edouard II » de Christopher Marlowe. Je lis cette pièce et c’est un véritable raz-de-marée dans ma tête. L’histoire et le personnage me chamboule. Mon souhait est de monter la pièce, mais au vue du nombre de personnages, la production a du mal à démarrer.

Puis je déménage. Et lorsque je fais mes cartons, je tombe sur une autre version d’Edouard II écrit par Bertolt Brecht, un de mes auteurs préférés. Je le trouve beaucoup plus drôle, beaucoup plus satirique. Il a vraiment repris la pièce de Marlowe avec les mêmes personnages, la même trame, mais l’a écrite autrement. Les ayants droits pour Brecht ont rendu l’adaptation impossible.

Tout cela, c’était il y a 10 ans…

Et depuis tout ce temps, Edouard II ne m’a jamais quitté. Je crois sincèrement, sans prétention aucune, qu’un acteur a parfois des rencontres avec des rôles. Je ne dis pas que ça finit bien, mais en tout cas, celle-là en est une.

J’ai eu la chance de mettre en scène un atelier amateur de Artopie. On a travaillé sur les 2 versions d’Edouard II. J’ai réécrit des choses, on a retravaillé des éléments. Puis en discutant avec l’équipe Madame Oldies, j’ai compris que ce que je voulais vraiment faire c’est écrire ma propre version.

L’histoire d’Edouard II est démesurée et extraordinaire. C’est une histoire d’amour qui se déroule sur 30 ans.  Des histoires de rois homosexuels il y en a toujours eu, sauf que lui il l’affiche et le revendique.  Il était pro mariage pour tous bien avant son époque.

Et puis c’est une histoire de guerre. Une vraie histoire shakespearienne avec des guerres, des alliances, des contre-alliances.

 

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Ce qui m’intéresse c’est de raconter l’histoire d’un roi qui rencontre un homme qui lui fera découvrir l’amour, la passion, l’excès, la liberté. A partir de là, plus rien n’arrêtera cet amour. J’avais envie que cet amant soit, comme Brecht l’avait fait, un fils du boucher, un homme du peuple, loin de la noblesse. J’ai voulu que le centre soit cet amant-là, qui est le déclencheur de tout. La pièce on va la positionner dans la dernière heure de la vie d’Edouard II. Son amant, lui est déjà mort depuis un moment.

 

 

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Comment s’est passé votre résidence de création à la NEF ? Quels ont été les challenges rencontrés ?

 

Cela fait 10 ans que ce projet m’accompagne. Cela fait 5 ans que je l’écris. Des versions du texte, j’en ai déjà écrit plein. La 1ère version je l’avais écrite avec autant de personnages que pour Brecht et Marlowe.

Par la suite, j’ai écrit une version avec 4 personnages à huit-clos, proche de l’esprit de Copi.

Puis avec le temps, j’ai voulu raconter Edouard II et pas forcément de le jouer. Comment arriver à glisser moi l’auteur, l’acteur, qui est en route depuis 10 ans pour aller vers cette rencontre avec ce personnage. Comment faire cohabiter tout ça. Et comment écrire cela pour juste 1 acteur et le cadavre qui sera là sous forme de « marionnette ».

A la NEF à Saint-Dié-des-Vosges, l’idée était d’arriver avec toute cette matière-là et de transmettre à Hélène Tisserand (mise en scène) et Marcela San Pedro (chorégraphie) tout ce que j’ai dans la tête depuis 10 ans, en faisant des essais pour voir approfondir la narration. On se rend vite compte qu’on ne pourra pas tout mettre. Cela m’a remis sur les rails pour pouvoir retourner à l’écriture.

Et puis, il y avait un challenge qui n’était pas évident. J’ai envie que mon Edouard ne parle pas beaucoup, qu’il n’en est plus besoin ou plus l’envie. Alors il faut trouver des stratagèmes : la danse, le cadavre, …

Chez Brecht et Marlowe il y a un grand absent dans leurs pièces : le peuple. Moi j’ai envie que toute la trame de l’histoire soit racontée par le peuple. Et en mettant tout cela dans le contexte de 2020 avec le réveil de l’homophobie, la religion, les médias.

Pour finir, il y a un rôle que j’ai eu très envie de mettre en lumière : sa femme, qui était mariée 13 ans avec un roi homosexuel. Elle est française, il est anglais… elle ne comprend rien de ce qu’il dit. Elle se tait. Elle observe. Puis un jour, c’est elle qui va reprendre le pouvoir. Et le jour où elle le fait, alors là, attention.

 

 

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Pour plus d’informations sur la compagnie Madame Oldies  

Site web : http://www.madameoldies.com/
Facebook : @MADAME-OLDIES-CIE

Crédits photos : ©CIE MADAME OLDIES

Anne Marion de la compagnie de danse l’Aéronef

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Anne Marion, danseuse interprète et chorégraphie, Compagnie L’Aéronef

 

 

Vous diriez que vous êtes née danseuse, avec une envie de mouvement déjà petite… ou est-ce quelque chose qui est apparue bien plus tard et a évolué avec le temps?

 

La danse a été présente dès mon enfance. Ma mère m’a inscrite à des cours de danse lorsque j’avais 4 ans et je n’ai jamais cessé de danser depuis.

 

 

Pouvez-vous nous retracer un peu votre parcours de danseuse-chorégraphe ?

 

J’ai un double parcours. Mes parents m’ont toujours encouragé à la danse, mais ils n’étaient pas particulièrement enthousiastes à l’idée d’une carrière artistique. J’ai donc fait des études de Lettres après le bac, puis une prépa et j’ai passé le concours pour devenir professeur de Lettres.

J’ai continué à faire des projets de danse en tant qu’interprète, en parallèle à mon métier d’enseignante.

En 2012 je fais le grand pas et je fonde la compagnie l’Aéronef. Il devenait difficile d’allier 2 métiers en même temps. J’ai donc fait le choix d’assumer ma passion et je me suis lancée à temps plein dans la danse et la création.

Depuis 2012, la compagnie crée une pièce par an.

Je me suis également formée en obtenant un Diplôme d’Etat en danse contemporaine, ce qui me permet la transmission, à travers des ateliers et des formations destinés à divers publics.

Je retrouve dans ce volet transmission mon 1er métier, l’enseignement. La pédagogie de la danse me passionne énormément. Et cela n’est jamais déconnecté du volet création car dans mes ateliers j’organise des sortes de laboratoire autour de mes pièces. Par exemple, pour « S », j’ai organisé des ateliers costume.

 

 

Loïe Füller vous a beaucoup inspiré pour la pièce « S ». Elle fut la première à innover autour du tissu à danser avec la lumière projetée sur ses robes en soie immenses dont les bras étaient prolongés de baguettes en bambou pour amplifier le mouvement, … Elle fut la star de l’exposition universelle de 1900.

 

Qu’est-ce que vous avez aimé le plus chez elle ?

 

Extrait de la « Danse Serpentine » de Loïe Füller des Frères Lumières

 

J’aime sa folie. C’est une 1ère rencontre entre la danse et la lumière. Le rapport est fascinant. La lumière éclaire et sculpte la danse.

Il y a quelque chose de révolutionnaire dans ses chorégraphies et de complétement aérien.

Ma pièce « S » est un hommage à ce tissu comme élément qui se métamorphose.

Et comme Loïe Füller, mes créations sont à mi-chemin entre danse et installation plastique. Il y a un vrai lien avec la peinture et les arts plastiques.

 

 

Et quels autres danseurs/danseuses-chorégraphes vous ont inspiré tout au long de votre parcours ?

 

Maguy Marin,
Pina Bausch,
Anne Teresa De Keersmaeker

J’aime l’hybridation, le rapport avec la théâtralité, l’absence de linéarité. J’aime trouver des incongruités, chercher d’autres corps. J’aime déconstruire, créer à chaque fois une gestuelle qui s’attache à un projet et trouver un vocabulaire propre à la pièce. J’aime une danse qui se renouvelle.

 

 

Le costume évolutif qui a été conçu pour « S » qui se transforme tout au long de la pièce est un personnage à part entière. Vous dites même que le solo S est un quatuor. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Oui, un quatuor. Je dirais même trois duos…

Il y a tout d’abord le tissu + moi.
Le tissu un personnage à part entière. Nous avons créé pour « S » un système de marionnettiste avec 32 fils et un pully.
[Philippe Hariga (régie générale et manipulation) est sur la plateau caché derrière les coulisses].

Puis il y a Olivier Irthum (scénographie, lumière, vidéo) + moi.
Il me suit tout au long du spectacle afin de créer une réelle interaction en direct entre la robe, la vidéo (mapping) et la lumière.

Et pour finir il y a Jean-Nicolas Mathieu (création musicale) + moi.
Une composition musicale a été créée pour « S » avec des ajouts sonores.

C’est un tissu souple, une matière imprévisible. Alors malgré une écriture forte programmée, nous devons tous nous écouter, nous attendre, nous retrouver. C’est très vivant. Nous sommes tous en synergie.

 

 

Extrait de la pièce « S »

 

 

 

Je suis venue voir la pièce « S » une après-midi. Il y avait des groupes scolaires (primaire) qui ont assisté à votre solo de danse. Qu’est-ce que vous aimeriez que cette jeune génération retienne de la pièce ? 

 

Je souhaite les sensibiliser à la poésie par le corps, la danse et le mouvement. Les enfants ont un imaginaire ardent. Ils se laissent traverser par les images qui leur viennent.

La nudité partielle est un parti pris ; un choix fait en travaillant la création. J’ai voulu quelque chose de sensuelle, mais pas érotique. J’ai voulu montrer le corps féminin dans ce contexte poétique et magique et leur permettre de voir la dimension sacrée du corps.

 

« S » est un vrai conte étrange et visuel où naissent tant d’images : la mer, la flaque, la cage, la robe, l’aile, la méduse, l’oiseau, la sirène, le fantôme, … Quel a été le point de départ de cette histoire racontée ? Quelle image vous est apparue en 1er lors de la création ?

 

La 1ère image qui m’est venue lors de la création est celle d’un corps nu avec un tissu autour du cou, l’image de la tulipe.

Après la création de la robe, d’autres images me sont apparues en manipulant et jouant avec le tissu (exemple : le nid).

 

Votre corps, celui de la femme, qui est prisonnier de ce tissu, puis se libère. Quelle est votre vision du féminin, du corps de la femme dans notre société d’aujourd’hui ?

 

Pour moi, « S » n’est pas un propos sur la femme dans notre société d’ajourd’hui, c’est plutôt quelque chose d’intemporel. J’ai simplement voulu montrer toutes les facettes du féminin avec pour outil ce tissu.

J’ai surtout souhaité exprimer l’éventail du féminin et les notions de douceur, de sensualité, de lumière, de liberté et de contraintes, aussi.

 

Quels sont les challenges que vous rencontrez en tant que jeune compagnie de danse ?

 

Chaque création est un pari fou. Le plus gros challenge pour la compagnie est la diffusion. Nous aimerions pouvoir rencontrer plus souvent les professionnels afin de pouvoir proposer au public une tournée plus conséquente de nos pièces.

Nous sommes également à la recherche d’opportunités pour mutualiser des compétences et des savoir-faire, plus particulièrement côté production et diffusion. Comme pour toute petite structure, il nous manque du temps et du personnel.

La danse contemporaine est aussi un challenge en soi. Il faut donner l’envie aux gens de se déplacer.

 

Quels sont les futurs projets de la compagnie Aéronef ?

 

La pièce « S » se reproduira encore une fois dans les Vosges au Trait d’Union à Neufchâteau le 1er février 2020.

Nous sommes en pleine création pour l’automne 2020 avec le danseur Sébastien Cormier. Cela s’intitulera « Une Aube (un crépuscule) ». La Méridienne à Lunéville nous accueille pour une résidence de création. Puis nous serons au Théâtre de la Rotonde à Thaon-les-vosges, Capavenir.

Nous cherchons également une autre résidence de création dans les Vosges. (Pour prendre contact avec Anne Marion : compagnielaeronef@gmail.com)

Cette nouvelle pièce parle du couple. C’est l’attelage et le dialogue de deux corps contenus dans un nid. J’avais pour désir de me pencher sur la question de la relation, de l’individu dans la relation, de l’alliance, de la combinaison des individualités.

Je voudrais écrire et chorégraphier le poème d’un couple métaphoriquement sous le joug (« unir, joindre, mettre sous le joug ») : resserrés dans une unité de temps, une unité de lieu, resserés dans leur relation.

 

Prochaines représentations :

« S »
> 1er février 2020 au Trait d’Union à Neufchâteau

« Une Aube (un crépuscule) »
> 6 novembre 2020 à la Méridienne, théâtre de Lunéville
> 27-28 novembre 2020 au théâtre de la Rotonde à Thaon-les-Vosges dans le cadre du salon Cousu du Fil Rouge.

Pour plus d’informations sur la compagnie L’Aéronef 

Page Facebook : @aeronef

Crédits photos : ©Aeronef

 

Lorelyne Foti de la compagnie Ultreia nous parle de « Trust »

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Lorelyne Foti, metteure en scène de la compagnie Ultreia

 

 

La danse, le chant, le théâtre, … qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce métier-passion ? Pouvez-vous nous raconter un peu votre parcours en tant qu’artiste ?

 

Je suis née à Epinal. J’ai commencé dans le milieu sportif, plus précisément en tant que patineuse artistique, pour ensuite me tourner vers la danse et le théâtre.

Je suis diplômée de l’Ecole Claude Mathieu en art et techniques de l’acteur – et de l’AICOM à Paris (Académie Internationale de Comédie Musicale) en chant, danse et théâtre.

J’ai complété ma formation auprès de Chet Walker aux Etats-Unis (Professional advancement award in Jazz musical Theater dance). Nous étions 24 étudiants boursiers de plusieurs nationalités. C’était une réelle richesse de rencontrer d’autres jeunes qui avaient différentes manières de travailler.

J’ai également récemment suivi une formation en dramaturgie à l’Université de Lausanne où j’ai pu allier voix, corps et texte.

A Paris j’ai vécu une période où je ne savais pas ce que je racontais. J’ai joué dans de nombreuses pièces et spectacles musicaux de renommée, en tournée dans toute la France et à l’étranger, mais je n’étais plus en accord avec les projets qu’on me proposait. A un moment je me suis demandée : « pourquoi je monte sur scène ? »

Puis je suis arrivée à saturation et j’ai décidé de faire une marche de Paris jusqu’à Saint Jacques de Compostelle pour me confronter à moi-même. C’est là que j’ai entendu « ultreia » [du latin ultra – au-delà et eia – vers], une façon pour les gens de saluer les pèlerins et dire « bon voyage ». C’était un parcours difficile, mais je me faisais la promesse tous les jours d’avancer (ultreia !). Pour moi, c’était un chemin initiatique où j’ai créé du lien et du sens. L’année qui a suivi, j’ai créé la compagnie Ultreia.

 

 

La compagnie Ultreia, créée en 2013, s’attache à construire des ponts entre les disciplines – danse, musique, voix, théâtre. Pour vous, cet aspect pluridisciplinaire fait la richesse de cette compagnie ?

 

La compagnie Ultreia est un cerveau collectif qui laisse la place aux personnes de créer, selon leurs compétences (son, lumière, scénographie, numérique, danse, etc). De plus, chaque personne a un profil pluridisciplinaire (vidéo + son / scénographie + lumière / comédie + danse ou chant, …).

Toutes mes expériences et mes rencontres m’ont permis d’élargir ma palette. J’ai fait de la danse, du chant, du théâtre et maintenant je veux réellement tester l’écriture.

 

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Vous concevez des stages, des ateliers de pratique artistique et des actions de médiation culturelle pour tout type de publics. Qu’avez-vous envie de transmettre aux autres ? 

 

La compagnie s’articule autour de 3 grands axes :

  • La création
  • La recherche artistique (notre laboratoire)
  • L’action culturelle

Ce dernier est très important pour moi.

Tout d’abord, j’ai eu de très bons professeurs tout au long de mon parcours, notamment au Théâtre du Soleil, qui m’ont donné l’envie d’enseigner.

La Cie Ultreia a également mené le projet citoyen « Confiance : Tous Acteurs » autour de la confiance en soi, en l’autre et en l’avenir. Avec le soutien des ATP nous avons invité des personnes qui n’ont jamais été sur scène et qui sont devenus créateurs et acteurs sur scène et au-delà, dans leurs vies de tous les jours. Nous avons voulu insuffler une énergie pour que cela devienne un collectif.

J’aime concevoir des actions culturelles pour des publics qui n’ont pas accès à la culture et donner une voix aux gens qui n’ont pas l’habitude d’être écoutés.

 

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Vous oeuvrez notamment pour sensibiliser les jeunes au théâtre ? Quel est votre retour d’expérience ?

 

J’adore faire des actions auprès des jeunes (collège, lycée). C’est le public de demain, les citoyens de demain, les futurs porteurs de projets. Les jeunes d’aujourd’hui sont conscients de plus de choses, grâce aux réseaux sociaux. Et à cet âge on se pose beaucoup de questions.

Il faut une école du spectateur, un théâtre immersif. Les ateliers de théâtre leur donnent confiance. On leur donne des outils et on les aide à développer un esprit critique. Cela crée du dialogue et du débat.

Le territoire vosgien est un formidable laboratoire d’expériences et il faut multiplier les actions envers les jeunes.

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Qu’est-ce qui vous donne envie de porter une œuvre théâtrale et d’y mettre votre empreinte ? Qu’est-ce qui vous a amené à faire le choix de « Trust » par exemple ?

 

« Trust » est une pièce de Falk Richter écrite en 2009 après la crise des « subprimes ». Mais aujourd’hui, c’est toujours d’actualité. On vit dans une société qui prône l’avoir au lieu de l’être. Il y a de plus en plus de « burnout » et de suicides.

En lisant le texte de Richter, quelque chose a résonné en moi. C’était des questions que je me posais en tant qu’artiste. Puis j’avais envie de choisir une œuvre contemporaine.

J’ai été séduite par la forme : « Trust » est écrit comme des pièces d’un puzzle. Aucune indication… pas de distribution… parfois même aucune ponctuation. Dans le texte original on peut lire « je crois que je suis en train de m’effondrer, tout simplement ». Puis, une page blanche. Il faut traiter cette page blanche avec le corps, la musique, le mur… comme on traite le vide. Cela m’a semblé fascinant. Un vrai challenge.

 

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La liberté (liberté d’expression théâtrale, liberté de mise en scène, liberté du corps à travers la danse, …) est quelque chose d’important pour vous ?

 

Sans liberté, il n’y a pas de création. On ne serait que des exécutants.

Dans la pièce « Trust », par exemple, j’ai pris énormément de liberté avec la musique. J’ai fait le choix de deux arrangements musicaux particuliers avec 3 niveaux de lecture : le texte, la musique et le cri de justice sociale. Je vous laisse le plaisir de découvrir cela lors de notre prochaine représentation.

Dans cette liberté, j’essaie cependant de créer un cadre très précis. Et dans ce cadre, les acteurs ont cette liberté de s’approprier des choses. J’ai un vrai échange avec les comédiens et toute l’équipe technique. Et on évolue tous grâce au public.

 

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Lors de la représentation, le public découvre une mise en scène épurée avec un grand mur qui permet de jouer sur la transparence et le reflet. On voit des ombres, on voit le reflet des acteurs, on voit des jeux de lumières, des projections de chiffres et puis on découvre même, nous, public, notre propre reflet dans le miroir… Racontez-nous un peu le concept de ce mur unique et original.

 

Pour commencer, je souhaitais quelque chose qui ressemble à la façade d’un building de quartier financier.

Falk Richter écrit : « on est tous au pied du mur ». Je souhaitais un grand mur pour donner une sensation d’écrasement et d’étouffement. Il fallait que l’espace se rétrécisse, que le décor bouge peu à peu vers l’avant, réduisant progressivement l’espace de jeu pour finir en avant-scène mettant comédiens et spectateurs au pied du mur dans un « sans issue » face à eux-mêmes. Le système nous écrase… et nous citoyens poussons le système.

Notre laboratoire artistique a permis de réfléchir à la conception de ce mur et les projections vidéos et numériques sur la surface de cette structure. On a une belle équipe avec d’excellents techniciens qui étaient tous force de proposition.

Ce mur est un élément principal de la pièce qui permet de jouer sur 2 points de vue selon l’éclairage… mais je n’en dis pas plus !

 

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A découvrir …
Prochaine représentation de « Trust » : le 10 janvier 2020 à l’Espace George Sadoul, Saint-Dié-des-Vosges

 

Pour plus d’informations sur la compagnie Ultreia :

Site web : www.compagnieultreia.fr
Facebook : @compagnieultreia1

Crédits photos : ©PierreDolzani

La nouvelle compagnie de la 5ème Sirène s’installe dans les Vosges

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Rencontre avec Mathieu Brassier, Directeur artistique de la Compagnie de la Cinquième Sirène.

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Vous êtes originaire de Marseille. Pourquoi avoir voulu vous installer dans les Vosges, à Saint-Dié-des-Vosges plus précisément, pour y créer votre compagnie théâtrale ? Pour vous c’est un territoire propice à la création artistique ?

 

La compagnie de la Cinquième Sirène a été créée en février 2019. C’est tout frais. J’avais des amis dans les Vosges, sur Epinal, qui m’ont fait découvrir le département. Je suis tombé sous le charme des paysages.

J’y ai d’ailleurs terminé l’écriture de ma pièce… pour moi c’était un signe. Je me suis dit « tentons l’aventure vosgienne ».

Et puis, c’est un territoire beaucoup moins saturé que Paris ou Marseille. Il y a moins de concurrence et plus de choses à faire pour une compagnie émergente comme la nôtre.

 

 

 

Quels sont les objectifs de la compagnie de la Cinquième Sirène ? La mission que vous vous êtes donnée ?

 

La mission principale est de mettre en lumière nos créations, puis de les décliner sous forme d’ateliers d’écriture et de théâtre. Nous souhaitons réellement travailler avec un public du champ social, du milieu rural ainsi que du milieu carcéral.

On travaille actuellement dans ce sens, sur des projets pédagogiques.

C’est important à ce stade de mieux connaître le territoire afin de nous permettre d’être le plus juste dans nos actions proposées.

 

 

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de choisir ce métier artistique ? Racontez-nous un peu votre parcours.

 

J’ai commencé dans le cinéma. J’ai étudié à l’université de Paris 8 à Saint Denis. J’y ai réalisé 2 court-métrages.

Puis j’étais Chargé de mission au sein de La Fémis, l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son à Paris.

J’ai également travaillé en tant que régisseur au café-théâtre « Le Lieu » à Paris. C’était une très bonne école pour apprendre le métier du théâtre. J’y ai monté sur scène, j’ai présenté des pièces, j’ai fait des 1ères parties. On est sur le terrain… on apprend à ne pas avoir peur du ridicule… on est obligé, le public est là face à nous, à 50cm à peine.

J’ai navigué entre le cinéma et le théâtre puis j’ai créé ma société de diffusion et de développement du théâtre à Marseille (Brassier Diffusion & Développement).

Mais finalement mon souhait était de créer un projet plus artistique et personnel. J’avais envie de changer. J’ai alors créé la Cie Cinquième Sirène.

 

La création d’une compagnie théâtrale peut s’avérer être une étape compliquée. Avez-vous des conseils à partager avec la communauté Culture C Nous et aux acteurs culturels qui envisagent la même démarche ?

 

Le plus pénible c’est la partie administrative. Il faut être très vigilant. Mais étant donné que j’avais mon vécu au café-théâtre « Le Lieu » puis j’avais créé ma société de diffusion, j’avais déjà une certaine expérience pour ça.

Pour ceux qui ne se sentent pas à l’aise avec cette partie admin, je leur conseille de prendre un coach ou un administrateur si possible.

Cette étape est valable pour toute personne qui entreprend finalement.

 

 

Vous avez créé votre 1ère pièce « J’aime Pas les Chats ». Ça parle de quoi ?

 

C’est une comédie dramatique qui parle de 2 frères et 1 sœur, suite à l’enterrement de leur mère, qui doivent décider ce qu’ils vont faire de son chat. C’est le point de départ de la pièce.

On s’aperçoit que dans cette fratrie, quelque chose n’est pas clair. Des alliances pour certains, du désordre chez d’autres. On découvre que des relations conflictuelles se cachent derrière beaucoup d’amour et que dans la tendresse apparente se cache une certaine rivalité.

Le chat représente l’héritage immatériel de nos parents (l’éducation, la morale, les valeurs, …) et puis la question qu’on se pose … « qu’est-ce qu’on en fait de tout ça après ? ».

La pièce dure environ 1h10. 1 acte. 1 tranche de vie. 1 dosage comédie + drame.

On rentre dans l’histoire de cette fratrie et on en sort. Il n’y a pas de morale ou de leçon de vie … c’est tout simplement une histoire à raconter.

 

 

 

Pourquoi souhaitiez-vous partager ce sujet sérieux et délicat sous forme de comédie ?

 

Je pense qu’il faut en rire de la mort. Cette histoire, ce n’est pas quelque chose qui m’a touché personnellement, mes parents sont encore là. Mais j’ai été touché par le deuil d’une manière ou d’une autre. Dans ces situations-là, on peut perdre les pédales… et c’est ça qui fait rire. C’est un réel matériel pour faire rire. J’ai vraiment voulu qu’il y ait des moments de rires mélangés à des moments émouvants.

Ce que j’aime dans le théâtre et le cinéma c’est qu’on est proche du public.

Il y a des vannes dont on était persuadé fonctionnerait, mais finalement ça tombe comme un soufflet.

Puis d’autres moments que vous n’aviez pas prévu et où vous entendez d’un coup le public rire. La réaction du public est souvent inattendu. C’est surprenant et galvanisant.

 

Vous avez présenté « J’aime pas les Chats » au Festival Off d’Avignon cet été. Quel est votre retour d’expérience ? Quel a été votre plus gros challenge ?

 

Le plus gros challenge a été de faire venir le public. Finalement, la salle était comble… il manquait même de la place !

C’est important d’avoir en face de nous le grand public et des professionnels. Quand on a nos amis et la famille pour les 1ères lectures publiques, personne ose vous froisser… on ne vous dit pas si c’était bon ou mauvais.

Nous avons reçu de supers retours du public.
Nous avions oublié de demander au public à la fin de mettre des commentaires sur le site de réservation BilletReduc. Finalement, certaines personnes l’ont fait spontanément et ont donné de très bons avis.

Notre objectif était rempli…plus que rempli.

 

Quelle est la suite pour « J’aime Pas les Chats » ?

 

Nous aimerions rentrer en résidence de création sur Saint-Dié-des-Vosges ou ailleurs afin que la pièce puisse se monter.

Nous voulons fixer des dates en sessions ou avec des Mairies pour représenter la pièce dans les salles sur le territoire.

 

En tant que nouvelle compagnie, les partenariats et les collaborations peuvent vous aider à vous développer. Culture C Nous est une plateforme qui permet cette mise en réseau. Quels sont vos besoins aujourd’hui ?

 

Nous avons été très heureux de voir que des représentants des Vosges, notamment Mathieu Pierrard, le nouveau Directeur du spectacle vivant à la ville de Saint-Dié-des-Vosges, ont fait le déplacement pour nous voir sur scène à Avignon.

En tant que jeune compagnie, les partenariats et les collaborations sont d’une grande importance pour nous développer sur le territoire.

 

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la Cie de la Cinquième Sirène pour la saison culturelle à venir ?

 

Notre pièce « Chantecler Solo », écrite par mon acolyte Axel Senequier, est une forme très simple adaptable partout, avec 1 seul acteur sur scène. Nous aimerions pouvoir la diffuser en milieu scolaire (collège). Nous avons déjà une offre pédagogique existante.

 

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Pour « J’aime Pas les Chats », nous aimerions trouver des aides de financement ainsi que des dates pour des représentations.

Ce que vous pouvez nous souhaiter :

  • que nos 2 projets tournent
  • que la pièce « J’aime pas les Chats » puisse se faire dans les Vosges
  • que nous puissions vous proposer une toute nouvelle création pour l’année prochaine (une idée qui a pris forme ici dans les Vosges me trotte dans la tête et c’est un projet sur lequel je travaille déjà. Et Axel Senequier a déjà certainement des idées plein la tête.)

 

Et pour finir… par curiosité, vous avez un chat ? 

Oui ! Un chat. César.

 

Pour plus d’informations sur la Compagnie de la Cinquième Sirène :

Site web : https://cie5sirene.wixsite.com/sirene5