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L’artiste Defo et son exposition « Attrape ton monde »

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Défo, tu te définis souvent comme étant un artiste « par instinct », qu’est-ce que cela veut dire pour toi ?

C’est une formule que je trouve amusante, je dis ça parce que c’est ce que je suis. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours dessiné, je suis en quelque sorte né comme ça.

Je n’attends pas que l’inspiration vienne. Il me suffit d’un support et ça vient naturellement, je me lance instinctivement dans la création. Je me laisse guider par le moment en essayant toujours de nouvelles choses.

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Tu as la volonté de laisser le public « communiquer » avec tes œuvres, tu n’aimes pas détailler l’histoire que raconte ta peinture, pourquoi ?

Je préfère l’idée que le public communique avec mon art et pas avec ma personne. Je lui offre un moment, une idée, une image sur une toile, et je choisis de lui en laisser la libre interprétation sans en influencer la lecture avec une idée qui m’est propre. Je suis peu bavard, je préfère parler aux gens à travers mes œuvres et laisser ma main transmettre les messages.

Quelque part, le public crée la toile avec moi et m’accompagne grâce à son regard porté sur l’œuvre. Il trouve par lui-même les réponses et, peut-être, ressentira par exemple un problème de société ou un vécu personnel. Et moi je deviens, en quelque sorte, un artiste invisible.

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On sent à travers tes peintures une réelle identité, tu peux nous en parler ?

J’aime les couleurs et la recherche de nouvelles nuances, expérimenter avec elles. Les couleurs, c’est la belle vie. Le mouvement est aussi très important. J’aime faire voyager le regard sur la toile. Il m’arrive parfois de faire de l’action painting, cela permet justement d’apporter ce mouvement à la composition.

Je prends souvent du recul une fois une toile finie, et lorsque quelque chose manque, j’anime la toile à l’aide de coups de pinceaux afin que la composition vive. Cette spontanéité transforme parfois l’œuvre en quelque chose de totalement différent. Rien n’est figé ou prévisible. Tout dépend du ressenti à l’instant T.

Je peins tout le temps. Je n’attends jamais les projets pour travailler. Sur les 36 œuvres qui sont exposées ici, 31 ont été réalisées cet été.

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Découvrez ses œuvres sans plus attendre ! 

Jusqu’au 28 décembre 2021
Entrée libre
Exposition ouverte de 9h à 16h30 du lundi au vendredi
Conseil départemental des Vosges

Pour plus d’informations sur l’exposition et l’artiste Defo :
Facebook : @Defo Defo

 

Découvrez le teaser de l’exposition :

 

 

 

La compagnie IPAC et leur création « Après le déluge »

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Cette nouvelle création fait suite à l’appel à projets « Création Partagée Edition #1 » et reçoit le soutien à la création de la DRAC Grand Est (le dispositif Jeunes Estivants coordonné par Scènes et Territoires) , du Ministère de l’Education Nationale, du Conseil Départemental des Vosges, de la communauté de communes des Hautes-Vosges et du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges.

 

Une nouvelle création en immersion dans les Vosges

La compagnie IPAC avait pour souhait de créer hors du théâtre et de travailler les paysages, à l’extérieur, tel un tournage au cinéma mais sans les caméras et écrans. L’idée de départ était de mettre en lumière et en son les décors déjà existants pour raconter une histoire qui implique les publics.

Il y a un réel engagement auprès de toute l’équipe artistique et les collaborateurs techniques (scénographes, concepteurs lumière, directeurs techniques, costumières, …) pour créer des spectacles qui mettent en immersion, en pleine nature ou en salle, avec un univers sonore et visuel très prononcé.

Etre dehors, c’est aussi pour IPAC une manière de faire découvrir au public ces autres métiers du théâtre et mettre en lumière les techniciens. On y découvre un lieu qui est éclairé autrement, qui a été transformé.

 

Une série théâtrale… 4 épisodes, 4 lieux insolites

Cette création fait écho au format court de séries de 45 minutes que l’on peut voir aujourd’hui sur des plateformes telles que Netflix. « On a fait une sorte d’étude un peu intuitive du temps d’attention que pouvait accorder les publics au spectacle. Puis c’est un format qui permet aux personnes qui travaillent et aux familles avec des enfants de faire le déplacement, sans que cela devienne trop lourd ».

Ainsi, la compagnie IPAC a répondu à la commande de la Communauté de Communes des Hautes Vosges dans le cadre du Plan Paysage qui souhaitait que plusieurs thèmes soient abordés dans des lieux différents déjà repérés. « Il y avait ces ‘contraintes’ qui nous ont finalement beaucoup aidé en tant qu’artistes en nous évitant de partir uniquement de nos ressentis émotionnels. On a découvert en faisant. »

Les épisodes se suivent et la compagnie découvre alors un public de retour à chaque rendez-vous. « On a croisé beaucoup de familles avec parfois des enfants en bas âge. On a fait la rencontre de personnes qui n’avaient pas pour habitude d’aller au théâtre et qui étaient très agréablement surpris. Et nous l’étions aussi ! Cela a créé du lien entre eux et avec nous, acteurs et concepteurs. C’était très valorisant pour tout le monde. »

Ce travail a également permis à IPAC de se questionner sur comment renouveler le public et faire venir des jeunes au théâtre (adolescents et jeunes adultes) et qu’ils aient l’envie d’aller au théâtre plutôt que de rester devant les écrans.

Et ce format séries fonctionne. Les spectateurs se font attraper par la fiction. Ils croient aux personnages. La compagnie finit par tisser une histoire.

IPAC souhaite réitérer l’expérience d’une fiction qui se poursuit et qui va chercher un public qui viendrait au théâtre comme il regarderait « Plus belle la vie » à la télévision. Les artistes réfléchissent actuellement sur une série qui s’implanterait sur un lieu unique vosgien qui n’est pas destiné au théâtre. Au-delà de l’aspect écologique et économique, ils ont l’envie d’exploiter au mieux un même lieu afin de le faire découvrir autrement, à chaque épisode.

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Un thriller théâtral

Le mode de thriller théâtral plait beaucoup aux gens. Ça rejoint un thème populaire de ce qu’on peut voir à la télévision avec le suspens et l’univers mystérieux de la nuit. 

La compagnie a débuté avec 4 mois d’intervention auprès d’enfants âgés de 6 à 12 ans. Ils ont recueilli leurs témoignages sur leurs rapports à la vie, à la nature et l’écologie, à la crainte de demain, et à leur imaginaire. « Cela a permis de libérer la parole sur plein de choses. »

A partir de là, l’intrigue est née : un déluge frappe le territoire et les enfants décident de faire face à la situation d’urgence climatique pour trouver des solutions pour protéger les adultes. Leur soudaine disparition lève des doutes et des inquiétudes.

Le 1er épisode a été filmé et introduit à chaque épisode suivant comme un récapitulatif de l’intrigue. « Après le déluge » couvre l’enquête de la disparition des enfants. Un inspecteur de police est appelé de Bruxelles pour venir les trouver. On fait la rencontre des enquêteurs et des enquêtés.

 

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Un théâtre aujourd’hui pour un monde de demain

« Après le Déluge » parle de situation d’urgence climatique et d’enfants acteurs du monde de demain. C’est un théâtre qui souhaite sensibiliser et ouvrir la parole pour avancer vers un meilleur monde.  IPAC est une compagnie de jeunes artistes, tous concernés par ces sujets d’actualité.

C’est nous demain qui allons faire des enfants. Intimement nous sommes tous en questionnement. 

 

Des challenges rencontrés, des challenges surmontés

La compagnie a rencontré un grand challenge en terme de timing. Ils ont eu une semaine pour s’implanter, dessiner une histoire et un décor, penser l’éclairage, … Ils devaient créer vite et écrire au fur et à mesure des épisodes. Ils ont suivi leur intuition et se sont rendu compte que c’était vers là qu’ils voulaient orienter le travail des créations de la compagnie.

La météo était également un facteur à prendre en compte à chaque épisode. « Jusqu’à la dernière minute nous étions menacé de décamper ou trouver des solutions. »

 

Une belle collaboration avec la jeunesse

IPAC a travaillé avec 180 enfants et leurs enseignantes de 8 différentes écoles vosgiennes (Thiéfosse, Sapois, Cleurie, Gerbamont, Basse-sur-le-Rupt, Faucompierre, Laveline-du-Houx, La Forge). « Les 8 maîtresses d’écoles ont vraiment été des collaborateurs. C’était très touchant. Elles ne nous ont pas lâché jusqu’au dernier épisode. » 

La rencontre avec les enfants, qui n’était pas prévu au départ, était en réponse à cet appel à projets. La compagnie avait envie d’inviter des gens de leur propre génération et de la génération qui suit et cherchait un mode pour le faire.

« Lorsque nous avons rencontré les enfants, on a eu des indices sur ce qui eux les intéressait et ils nous ont un peu surpris. En les rencontrant et en voyant le potentiel qu’ils avaient, très rapidement on s’est dit avec le metteur en scène que l’on pouvait aller plus loin dans cette démarche de travail exigeant avec des exercices d’acteurs qu’on avait appris lors de nos différents voyages. Mobiliser ces compétences chez les enfants et les développer, ça donne au plateau quelque chose d’assez incroyable. » 

La compagnie IPAC a pour ambition de monter une sorte d’école alternative auprès d’enfants intéressés. Une école qui ne formerait pas au métier de comédien.ne mais qui développerait des compétences utiles pour leur vie future (en prise de parole, en positionnement, …).

C’est une vraie volonté de la compagnie et de l’ensemble de ses collaborateurs de poursuivre la création dans des lieux qui ne sont pas des théâtres, à partir de ce qui existe déjà et de poursuivre le travail avec les enfants.

On n’a pas une ambition d’éducation artistique et culturelle, mais on est plutôt dans une recherche artistique de ce potentiel de l’enfant et de ce qu’il peut amener sur un plateau. Puis comment nous pouvons nous aussi les accompagner à développer des compétences que l’on découvre souvent trop tard ou pas du tout. Ils nous ont beaucoup surpris et on a énormément appris à leurs côtés. L’échange s’est fait dans les deux sens. 

 

L’actualité de la compagnie

Leur nouveau spectacle, « Déluge », prévue pour 2022 est coproduite par le CDN de Nancy.

Pour la prochaine création, la compagnie IPAC aimerait faire une saison 2 « Après le déluge » dans les Vosges, mais n’est pas encore sûre de sa forme. Elle a une réelle envie artistique de continuer avec de vrais publics qui ne sont pas convaincus d’office, de poursuivre un travail avec les enfants, de faire avec un besoin aperçu sur le terrain. « On est en train de déposer des dossiers pour poursuivre cette création. Nous n’avons pas de modèle préconçu. Nous n’avons pas envie de suivre un chemin conventionnel. On a de la chance d’avoir des soutiens qui partagent nos valeurs. »

En parallèle de ce nouveau spectacle, IPAC, centre de formation reconnu par l’Etat, propose « VoiceLab », une formation professionnelle d’initiation au chant polyphonique géorgien à destination d’artistes professionnels ou en voie de professionnalisation du spectacle vivant. La formation se tiendra en 2022 à Paris et la compagnie souhaiterait l’implanter également sur le territoire vosgien.

Jusqu’ici l’équipe habitait à Paris, mais se rapproche petit à petit pour s’installer dans les Vosges. La compagnie a pour ambition de faire venir les artistes étrangers sur le territoire plutôt que de repartir en expédition dans le monde comme ces 5 dernières années. IPAC souhaite ouvrir des portes aux enfants et leur donner un espace pour se questionner sur des sujets universels comme l’interculturalité et l’étranger.

Pour des enfants qui ont des parcours différents, même intimement, cela a permis à certains de comprendre qu’ils ont une place. 

 

Pour plus d’informations sur la compagnie IPAC :
Site web : : http://www.ipac-cie.com
Facebook : @interculturalperformingartscie

Crédits photos : ©Vladimir Lutz

 

 

Les InSolistes, nouveau quatuor insolite

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Piano : Dominique Allévêque
Flûte : Martine Odasso
Violon : Catherine Verbregghe
Saxophones et arrangements : Isabelle Berthelon

 

La naissance d’un nouveau quatuor

Les membres des InSolistes s’apprêtaient à jouer ensemble le 8 mars 2020 mais se sont très vite retrouvées cloîtrées chez elles lors du 1er confinement. L’envie de faire revivre la musique d’une manière active les a amenés à créer ce quatuor confiné et très vite elles se sont rendues compte que cela pourrait perdurer en dehors de leurs 4 murs.

Elles ont voulu être plus que des solistes… elle ont voulu être insolites !
« Dans les Vosges il n’y a pas beaucoup d’ensembles composés de professeurs de conservatoire ou d’école de musique. Les rencontres se font plutôt de manière épisodique et ponctuelle sur une manifestation. Avoir formé cette ensemble est déjà en soi quelque chose d’insolite. On trouve du temps dans nos emplois du temps respectifs pour se rencontrer alors qu’on vient toutes de villes et de conservatoires différents (Epinal, Neufchâteau, Remiremont, …). On tient bon et on est fière de cet engagement. »

Ce quatuor joue pour le plaisir, n’ayant plus rien à prouver musicalement. « Nous ne sommes pas Mozart, mais plutôt Salieri. Nous aimons autant travailler avec des amateurs qu’avec des professionnels. C’est ce qui nous émeut et nous anime. »

 

Un quatuor de 4 femmes … un quatuor d’amies

Cette formation, composée de 4 femmes, ne fut pas un hasard, mais une forte volonté. Les InSolistes souhaitent mettre en lumière les femmes dans la musique et, par le choix des répertoires, rendre hommage à ces compositrices de l’ombre.

Les InSolistes se connaissent depuis un certain nombre d’années et leurs routes se sont souvent croisées. Elles ont souvent travaillé ensemble au sein d’orchestres ou de formations, en France et à l’étranger. Quant à Dominique et Martine, elles se connaissent depuis 30 ans !

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Des parcours de vie musicale riche d’expériences et de rencontres

Catherine (violon) 

Pour Catherine, le violon n’est pas un instrument classique. « La musique classique fait partie de la vie du violon, mais d’une petite partie. Le 1er instrument à corde a été trouvé sur une fresque du 13ème siècle en Turquie. A l’époque de Louis XIV, XV et XVI, on jouait de la viole d’amour ou de la viole gambe, mais le violon était un instrument à danser, destiné pour le peuple ». Et c’est bien pour cela que pour elle, le violon a sa place aussi bien dans la musique jazz que la musique country, dans la musique Tzigane que la musique klezmer. Au sein des InSolistes, elle se sent libre de jouer du violon dans tous les styles où l’instrument peut s’épanouir.

Elle fait également partie de L’Ensemble Alliance, association spinalienne qui vise à promouvoir tous les artistes vosgiens de musique classique. (Zoom sur l’Ensemble Alliance en fin d’article).

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Dominique (piano)

Dominique a fait beaucoup de directions d’orchestres en laissant son piano de côté pendant quelques temps. Elle a beaucoup voyagé en tant que Directrice d’orchestre symphonique et a eu comme projet de faire chanter plus de 2000 enfants à Epinal en demandant à des compositeurs d’écrire des opéras dans des styles très différents (rock, musique orientale, pop, …). Elle est riche de beaucoup d’années d’expérience et très active sur le territoire.

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Martine (flute)

Martine est professeure au Conservatoire Gautier d’Epinal et également Présidente du Floréal Musical d’Epinal. « Nous sommes des acteurs présents et des musiciens impliqués dans nos lieux de vie. Nous nous investissons beaucoup ».(Zoom sur Floréal Musical en fin d’article).

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Isabelle (saxophone)

Isabelle a débuté la musique dans son village, puis a longtemps été directrice d’orchestre d’harmonie. Aujourd’hui elle enseigne également à l’Ecole Intercommunale de la Porte des Vosges Méridionale.

Elle aime beaucoup les projets transversaux et a collaboré avec des partenaires issus d’autres univers artistiques (cirque, théâtre, cinéma). Elle avait créé du côté des Hautes Vosges un ensemble départemental composé d’une vingtaine de musiciens et avait proposé une adaptation du Tour du Monde en 80 jours avec une compagnie de théâtre. « Je l’ai lu, je l’ai réduit, j’ai écrit des arrangements et on l’a mis en scène avec la troupe. » Elle avait également pris beaucoup de plaisir à proposer un ciné-concert où des arrangements avaient été créés sur des bouts de films.

« Isabelle a cette faculté d’arranger et le fait depuis très longtemps. Elle prend une partition et l’adapte à notre formation. C’est une vraie chance de l’avoir parmi nous », nous précise Dominique.

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Les membres des InSolistes se consacrent toutes également à la pédagogie parce que la transmission les passionne. « Quelqu’un qui veut avoir un enseignement complet doit aussi se confronter à la scène et jouer avec et pour d’autres personnes car c’est toujours un enrichissement, que l’on peut partager ensuite avec nos élèves ».

Elles sont partie prenante de cette vie culturelle vosgienne et engagées sur le territoire et la région Grand Est. Le quatuor est particulièrement attaché à des évènements pluridisciplinaires, mêlant leur musique à d’autres disciplines (arts plastiques, danse, vidéo, ….).

 

Les retrouvailles avec le public

Fin juin Les InSolistes se lançaient ensemble pour la 1ère fois devant un public. « Un vrai bonheur. Répéter c’est bien, mais à un moment donné on a envie de montrer au public ce que l’on fait et voir comment notre travail est reçu ». Cet été, au Théâtre Municipal à Epinal, ils ont pu à nouveau se régaler sur la scène.

Et lors de leur dernier concert organisé par la Ville de Remiremont, le public, adultes et enfants, était au rendez-vous pour le plus grand plaisir du quatuor et de leur invité.

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Artiste invité pour un beau mariage musical

Le quatuor a été accompagné pour l’occasion à la batterie par Guillaume Rodière, professeur à l’Ecole de batterie Dante Agostini et à l’Ecole Intercommunale de la Porte des Vosges Méridionale.

« La batterie était un instrument suffisamment attractif pour que l’on puisse trouver des répertoires et c’est un vrai bonheur de pouvoir compter sur cette collaboration musicale. L’intérêt d’avoir un artiste invité c’est que lui puisse également proposer des choses pour nourrir encore le répertoire. Il nous a proposé une pièce de jazz qu’on n’aurait certainement pas joué. Puis, sur une pièce où il n’y avait pas de batterie il a su faire un arrangement pour qu’il puisse jouer avec nous. »

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Un répertoire large et des musiques variées

Elles ont toutes des influences musicales différentes et ont su apporter des choses au quatuor. Certaines n’auraient certainement pas joué la suite orientale de la compositrice Mel Bonis. D’autres n’auraient très certainement pas pensé au répertoire de Pedro Iturralde. 

On a chacune apporté nos envies et nos goûts musicaux pour le partager avec les autres.

 

Et la suite ?

Pour commencer, Les InSolistes souhaiterait une meilleure visibilité. Elles continueront de jouer pour le public vosgien pour accroître leur notoriété.

Ce quatuor aimerait pouvoir mener des projets et actions artistiques au niveau du patrimoine et représenter le département des Vosges. « Il existe beaucoup de lieux insolites vosgiens. Nous aimerions les mettre à l’honneur à travers notre musique en donnant de notre temps et de notre énergie. Nous aimerions trouver des choses originales qui nous amènent vers d’autres aventures. »


Pour plus d’informations sur Les InSolistes :
Facebook : Les-InSolistes

 

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Ensemble Alliance

Ensemble Alliance est une association qui existe depuis plus de 30 ans sur Epinal et qui a été créée par Danièle et Gilbert Castello afin de promouvoir tous les artistes vosgiens issus principalement de la musique classique. Au fil des années, l’association a été amené à inviter aussi des personnes de Franche-Comté, du grand Paris ou de l’étranger.

Ils organisent des concerts au mois de juillet et août dans le cadre des mardis music qui ont lieu à la Basilique ou au Théâtre Municipal lorsqu’un piano à queue est nécessaire.

Cette année ils ont également proposé un concert Vivaldi gratuit au mois de juillet à l’espace Cour avec la participation du Carnaval de Remiremont et les costumes vénitiens.

L’association propose des programmes très différents avec accordéons, cordes des alpes ou vibraphones tuba et des concerts à géométrie variable. Elle peut accompagner des chorales vosgiennes ou animer des concerts dans les villages. Elle peut venir à 2, 4, 10 ou 20 musiciens.

Ensemble Alliance se veut également un tremplin pour les jeunes musiciens et participe à des événements pluridisciplinaires alliant par exemple musique et arts plastiques.

Leur actualité
Concert Trio Pilgrim (piano-violon-violoncelle)
30 octobre 2021
Théâtre Municipal d’Epinal

Pour plus d’informations :
Facebook :@EnsembleAlliance

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Floréal Musical

Floréal Musical est un festival printanier à Epinal qui a lieu en avril-mai de chaque année. L’association existe depuis 1983 et Martine Odasso en est la Présidente depuis 3 ans.

L’association avait pour missions au départ de faire connaître la musique à tous les publics, de proposer la musique dans les écoles ainsi qu’à Epinal. Les grands artistes à l’époque se produisaient principalement sur Paris et Floréal a permis de faire venir de artistes de renommée sur le territoire vosgien.

C’est un festival basé sur des styles très éclectiques allant du baroque au jazz et de l’opéra à la musique vocale.

Un Petit Floréal, dédié aux artistes locaux, a également vu le jour il y a 3 ans.

2 saisons ont dû être annulées en raison de la crise sanitaire. « Nous avons voulu faire 2 concerts début septembre pour fidéliser les partenaires et montrer que l’on existait toujours », nous explique Martine. Un premier concert s’est tenu à l’auditorium de la Louvière avec Jean-François Zygel et André Manoukian, très connus du grand public. Le public a pu assister à une battle de piano entre classique et jazz. Un deuxième concert, « Songs and Dances », était proposé à la Basilique avec Tim Mead et sa très belle voix de contre-ténor. Il était accompagné par les Musiciens de Saint-Julien, groupe Baroque dirigé par François Lazarevitch. C’était un programme baroque-celtique dédié à Henry Purcell  où les musiques irlandaises étaient incorporées dans la musique du compositeur anglais.

La nouvelle saison Floréal est prévue en avril et mai 2022.

Pour plus d’informations
http://www.floreal-epinal.fr
Page Facebook : @FlorealEpinal

L’artiste Ghizlane nous dévoile sa Presque

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Une signature artistique… ou pas !

Ghizlane a beaucoup expérimenté. Son travail artistique est fluctuant et évolue en continu. « J’ai l’envie de garder une réelle spontanéité et naïveté dans mon art. Ce sont des ambiances ; mes œuvres représentent un instant T ».

Un descriptif de son art ? Il n’en est pas question pour elle ! Elle essaie plutôt de s’écarter de l’analyse de son art et d’éviter d’y mettre des mots. Pour elle, l’art est bien plus complexe et appartient aux personnes qui le regarde.

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Un parcours d’artiste sous le signe de l’humain

Ghizlane, curieuse de nature, se laisse porter par les gens passionnés qui l’entourent, véritables moteurs dans son cheminement d’artiste. Elle fonctionne à l’humain et se dit bien accompagnée pour se donner la motivation de tout tenter sans peur du ridicule.

La danse et le théâtre ou encore le clown lui ont aussi beaucoup apporté. Ses dessins, autre moyen d’expression artistique, ont été très certainement nourris par ces autres disciplines. Quand son père tombe malade, le dessin devient un refuge, un besoin compulsif. Ghizlane se met alors à dessiner tous les jours.

Le dessin aujourd’hui a pris une grande place dans sa vie d’artiste, grâce à toutes ses rencontres humaines et culturelles et ses expériences de vie.   

ghizlane

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Du petit au grand…

Ghizlane a travaillé sur petit format pour une question purement de contraintes logistiques. Le dessin sur papier petit format était simplement plus pratique.

Elle repasse au grand format lorsque son ami lui prête un espace. C’est alors que l’aventure de la Presque commence. « Je souhaitais expérimenter des choses pour voir ce que cela faisait de faire du très grand et approfondir le travail à l’encre de chine et la plume. Ça s’est construit petit à petit. »

Dans la pièce elle ne voyait que 2 mètres à la fois et a vite ressenti le besoin de dérouler entièrement l’œuvre pour la visionner avec du recul. Dans la rue en bas de l’immeuble, la Presque s’ouvre pour laisser place à des échanges riches avec les gens du voisinage. Elle attise la curiosité des passants et fait de belles rencontres improvisées avec des personnes dont elle ne connait pas le lien à l’art.

Et lorsque la Presque fut presque finie, elle eut l’envie de la dévoiler aux autres et de l’exposer à plusieurs endroits, dont certains encore tenus secret !

Ghizlane

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L’écriture accompagne sa plume…

Ghizlane aime les mots. Elle est fascinée par l’écriture comme graphisme et l’art de la calligraphie, mais également par le sens des mots et leurs différentes interprétations possibles.

Sans vouloir enfermer ses œuvres, afin que les gens s’approprient librement ses dessins, elle se laisse parfois inspirée par des mots. Parfois elle y pose un titre et parfois elle mêle mots aux dessins, comme sur la Presque.

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Le processus de création de La Presque

Il a fallu 4 mois de création pour La Presque, entrecoupé de temps de vide qui ont permis à l’artiste de sortir de l’œuvre. Pour Ghizlane, elle ne sera « peut-être jamais finie et vivra le plus longtemps possible ».

Lors de sa création, des moments imprévus ont enrichi l’œuvre. La musique s’y est invitée sur une période lorsqu’une amie musicienne jouait de la guitare pendant qu’elle dessinait. Ghizlane répétait des gestes dans des moments très méditatifs.

« Puis, le doute débarque parfois, mais tant mieux ! » Des petits coups de pouce sont nécessaires avec la visite d’amis bienveillants, le professeur d’arts plastiques plein de bons conseils, …

Ghizlane

 

L’exposition de la Presque

Ghizlane expose grâce aux propositions qui lui font sortir de sa zone de confort. C’est ainsi qu’elle se laisse porter par son ami Nico, patron du bar Le Phonographe à Epinal, qui lui propose un format expo-concert aux côtés d’un groupe de musique qu’elle ne connaît pas.

Lors d’une exposition précédente, Ghizlane décide de cacher des morceaux de la Presque pour garder le mystère sur l’œuvre le plus longtemps possible. Ce mystère, elle y tient beaucoup.

Depuis le début, Ghizlane opte pour une installation en extérieur, malgré les intempéries estivales. « Je la trouve bien dehors. Je laisse faire les choses. J’ai envie de continuer ma démarche, même dans la manière d’exposer et que mes choix ne soient pas de mon fait. Comme au théâtre, ‘c’est le plateau qui décide’ ».

Elle veut faire vivre La Presque aussi dans ses réparations. Tel l’art du Kintsugi, elle souhaite utiliser les parties abîmées ou déchirées. « Tous ces morceaux disparates forment quelque chose de beau ». Ghizlane fait le choix du lâcher-prise pour s’accepter dans sa pluralité et ses imperfections et pour accepter son art.

Ghizlane

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Ghizlane

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Les défis en tant qu’artiste-plasticienne vosgienne

Son plus grand défi : être présente là où on ne l’attend pas.
Pour Ghizlane, beaucoup de gens ne se sentent pas légitimes d’aller voir des œuvres d’art et pensent que l’art est réservé à un milieu privilégié. « L’art demande tout simplement de la curiosité. On est tous équipé d’un corps et d’émotions. L’art peut apporter beaucoup de choses à beaucoup de gens. Je préfère qu’on me dise on n’aime pas mon art, mais qu’on vienne le voir ».

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L’actualité de Ghizlane

Cet été elle quitte les Vosges pour voir du pays et laisse place au vide et à l’improvisation. « C’est quelque chose qui me tient à cœur ». Elle ne sait pas où elle part, mais elle se laissera guider par les gens qu’elle rencontre et les lieux qui l’inspirent. Elle s’intéresse à l’incongru et au jamais tenté.
La Presque continuera son aventure lors de ce voyage. Elle n’en dira pas plus… à nous de la suivre sur ses réseaux !

 

Pour plus d’informations sur Ghizlane  
Instagram : @ghizlane_hanas

 

Crédits photos : ©CD88 / DCS / MEghtesad

 

 

 

 

Le Phonographe, lieu culturel avant tout !

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Bar, resto, mais pas que …
Un lieu convivial qui invite la culture sous toutes ses formes

L’idée de départ était de créer un lieu culturel, une sorte de MJC décalée, avant même de créer un bar-restaurant. « Un lieu où les geeks viennent jouer à des jeux de société, les zikos viennent découvrir de la musique insolite, … Chez nous, vous pouvez entendre du métal, puis du jazz et finir sur de la musique classique. Il y a même de la musique aux toilettes ! »

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« L’Arrière-cour des Miracles », nouveau concept estival

Toujours plein d’idées pour apporter de la nouveauté, Nico a souhaité créer un espace à l’extérieur pour mettre l’art à l’honneur. Malgré les intempéries de l’été, la nouvelle terrasse couverte a permis d’éviter les rassemblements à l’intérieur en période de Covid et de proposer des moments de partage et de découverte, autrement.

La fermeture des bars et des lieux culturels a été un coup dur car il croit dur comme fer que la « culture est un allié bien-être ». Etre ensemble, partager des idées, vivre un moment fort artistique… tous des ingrédients pour garder un regard positif sur la vie et une bonne santé mentale.

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« Les P’tits Lives du Phono » – le numérique pour garder le lien

Ces vidéos ont été créées « en attendant la suite… ». Finalement, le déconfinement et la réouverture ne se sont pas fait de suite et il a fallu trouver un moyen pour que les artistes de la musique puissent continuer de créer et de jouer. Tout comme La Souris Verte l’a fait avec leurs « Lives », il a voulu faire travailler les intermittents du spectacle, les musiciens, le chanteurs et chanteuses, … « Lors de la fermeture de notre établissement, la vidéo était le seul moyen d’apporter de la culture aux gens. » Mais Le numérique, selon lui, ne remplacera jamais un concert.

« Les P’tit Lives du Phono », c’est 2 morceaux de composition par live. Le Phonographe a pu accueillir de nombreux artistes tels que Muriel d’Ailleurs ou Jack Simard. Le groupe local Bottomz Up s’est amusé à faire une version acoustique de leur nouvel EP rock et ont pu dévoiler leur talent de musiciens. Chaque artiste invité a montré un réel enthousiasme sur la petite scène du Phonographe et le public sur les réseaux sociaux était toujours au rendez-vous.

 

A la trouvaille d’artistes et d’idées …

Le Phonographe met en lumière la création musicale avant tout, mais offre également un lieu d’expression pour les artistes qui s’accaparent de morceaux pour les transformer en reprises uniques. La créativité est le mot clé !

L’intelligence collective et la fusion d’idées reflètent également l’esprit du Phonographe. Des concepts les plus farfelus avec ses voisins Division Skateshop (12 rue des Etats-Unis) aux idées collaboratives avec les artistes invités, Le Phonographe trouve toujours de quoi surprendre.

Lorsqu’il y a une intelligence de groupe, malgré des petits moyens, cela fait son effet !

 

Un Expo-concert : une note pluridisciplinaire

« La culture appartient à tous et ne doit pas être élitiste. C’est un truc de la rue… et ce soir lors de l’expo-concert, c’est littéralement dans la rue ! ». Le Phonographe nous offre une soirée placée sous le signe de la pluridisciplinarité avec un beau mélange visuel et sonore. Sous un ciel éclairci, la Presque (et non fresque) de l’artiste-plasticienne Ghizlane prend place directement sur la rue, illuminée pour l’occasion, et le groupe de musique I -ii- I embellit le tout avec ses airs exaltants nous transportant dans un autre univers. La musique est cohérente avec l’œuvre ; les passants dans la rue des Etats-Unis s’arrêtent tous pour contempler et écouter. « C’est une réelle volonté de mélanger les disciplines et le rendu est réussi, bien au-delà de mes espérances ! »

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Ghizlane

Ghizlane

 

L’artiste-plasticienne Ghizlane et sa « Presque »

Découvrez l’interview de Ghizlane >> par ici
Page Instagram : @ghizlane_hanas

Nous vous dévoilons presque son oeuvre afin de garder son mystère !

Ghizlane

Ghizlane

ghizlane

 

Le groupe I -ii- I

Pour plus d’information sur I -ii- I :
Site web : iitwoeyes.bandcamp.com
Page Facebook : @iitwoeyes 

I -ii- I

I -ii- I

I -ii- I

 

L’actualité du Phonographe

A la rentrée en septembre 2022, les concerts reprennent.
Un petit avant-goût du programme :
Muriel d’Ailleurs
Raymond court toujours
David Vincent
et plein d’autres choses !

Vous êtes un artiste ou groupe vosgien et souhaitez faire une proposition insolite au Phonographe, contactez Nico !


Pour plus d’informations sur le Phonographe

Facebook : @lephonographeepinal

Crédits photos : CD88 / DCS / MEghtesad

 

Jackdal et son exposition au Conseil départemental des Vosges

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Sensible au développement de la création artistique en arts visuels sur son territoire, le Conseil départemental des Vosges accueille des expositions au sein de l’Hôtel du Département tout au long de l’année. Cette action a pour objectif de faire connaître des artistes plasticiens vosgiens.

Culture C Nous a donc eu le plaisir d’interviewer Jackdal photos dans le cadre de son exposition qui est prolongée jusqu’au 20 août 2021. Zoom sur ce photographe de rue qui montre l’émotion d’un instant, la fugacité d’une situation. Dans cette vie qui va trop vite, Jackdal amène le spectateur à prendre le temps de regarder et de penser.

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Découvrez l’interview :

 

DÉCOUVREZ LE TEASER DE L’EXPOSITION :

La compagnie Tempor’Air nous présente « des hauts et débat »

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Rencontre avec Kévin Briot, directeur artistique, danseur-interprète et intervenant pédagogique pour la Cie Témpor’Air

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Kévin Briot de la compagnie Tempor’Air / crédits photo : CD88/ME

 

La danse version Tempor’Air

Leur danse, c’est le top rock, la danse debout du break dance que l’on reconnait avec les jeux de jambes, les attitudes et la tenue de corps du b-boy (breaker). Cette discipline dans la discipline, Tempor’Air l’a choisi pour mettre en lumière l’aspect dansé du break dance. Le top rock est une danse caractérielle avec du mime et des jeux de rôles et qui, bien que dotée d’une technique bien spécifique, laisse place à une réelle improvisation et spontanéité.

 

 

Le parcours des danseurs-chorégraphes

Ce sont les voyages et les rencontres qui ont forgés Kévin Briot et Ala’Edinne Abdemouche de la compagnie Tempor’Air. En passant par la case des stages, aux côtés de pionniers de la danse hip hop partout en France et à l’étranger, ils ont pu se former. Ces stages ont été un réel héritage de l’univers du hip hop. En prenant conscience qu’il fallait se professionnaliser, parallèlement, ils se sont formé à l’enseignement artistique de la danse.

Puis il y les battles… la meilleure école.
Face à soi-même, les battles sont une réelle mise à nu servant à se dépasser. Kévin et Ala’Edinne ont évolué dans leur discipline grâce à ces confrontations qui les ont nourris et stimulés tout au long de leur parcours.

Les battles sont aussi une belle leçon de vie pour faire face à l’échec de manière positive. « Les 1ères barrières que l’on se met sont les nôtres », dit Kévin, « pendant 5 ans on a tout donné en battles sans rien gagner. Puis, on passe les pré-sélections, on arrive en quart de finale, en demi-finale…. et à force de persévérance, un jour on se retrouve en finale ». Une leçon importante qu’ils essaient de transmettre aujourd’hui à la jeunesse vosgienne.

Les 2 artistes ont touché à tous les styles de danse pour trouver leur signature bien à eux. Ils ont fait du popping, du locking, du hip hop, du break et se sont même instruits sur la danse contemporaine et classique. « Aujourd’hui on arrive à tout mettre ensemble pour en faire notre propre soupe. »

 

 

La pièce chorégraphique « Des Hauts et débat »

Cette pièce est la suite logique de leur parcours. Il y a 3 ans, elle prenait la forme d’une petite pièce de 20 minutes qu’ils ont pu tester auprès d’un public jeunesse au sein d’un collectif à Verdun dans le cadre de stages.

Dans les Grand Est, ils ont été repérés par Didier Patard, directeur de l’association Transversales, puis accompagnés également par Jacky Castang de Scènes Vosges, afin d’aller plus loin avec leur création qui aujourd’hui a pris la forme d’un spectacle professionnel de 50 minutes.

« Des Hauts et débat » est l’histoire de leurs voyages, de leur émancipation et de tous les hauts et bas qu’ils ont pu rencontrer sur leur parcours. C’est une mise en lumière de bouts de vie sur 10 ans.

J’ai dansé pendant 5 ans dans ma chambre. Je souhaite apporter aux jeunes ce que je n’ai pas pu avoir .

Avec ce spectacle, ils souhaitent donner accès à la culture et danse hip hop auprès d’un jeune public rural. La compagnie Tempor’Air souhaite faire passer un message simple : on peut réaliser ses rêves, même lorsqu’on habite un petit village vosgien, loin des grandes métropoles où le hip hop s’est considérablement investi.

 

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Quand la musique et la danse se mêlent…

Tempor’Air est accompagné sur scène par le musicien Yvain Von Stebut.

Rencontré il y a quelques années dans le cadre d’un projet d’ateliers, Yvain avait créé des captations sonores pour accompagner une chorégraphie proposée aux jeunes vosgiens.

Sollicité à nouveau pour faire une bande son de leur spectacle « Des hauts et débats » lors du confinement, ils ont fait le choix d’une musique en live sur scène afin de rendre la pièce plus interactive et vivante.

C’est une vraie connexion sur scène entre la danse et la musique. La magie opère .

 

Le hip hop et break dance dans les Vosges, ça donne quoi ?

« C’est compliqué », affirme Kévin.
Il y a une quinzaine d’années, il existait une fédération hip hop dans les Vosges avec des acteurs provenant de Nancy. Aujourd’hui, il y a tout à refaire pour dynamiser la culture hip hop dans les Vosges et que cela se démocratise en milieu rural.

Leur volonté a été de créer une compagnie professionnelle vosgienne afin de se donner du poids et de la crédibilité à cette discipline et les actions portées sur le territoire.

 

Un lien fort avec la jeunesse

La transmission auprès de la jeunesse est un axe phare de la compagnie.
Pour ce faire, la compagnie propose 2 volets :

  • EAC (éducation artistique culturelle) au sein d’établissements scolaires afin de monter des projets, sensibiliser les jeunes et leur donner un accès à la culture du hip hop
  • Enseignement de la discipline par le biais de cours de danse au sein des MJC et centres socioculturels du territoire

 

L’actualité Tempor’Air

Le spectacle « Des Hauts et débat »

  • le 15 juin 2021 au théâtre de La Rotonde à Thaon-les-Vosges
  • 24 septembre 2021 au Festival « Là haut sur la colline » à Epinal
  • 23 juillet 2021 au Festival Pluralies à Luxeuil-les-Bains
  • Maison d’arrêt à Epinal

 

Annonce

Une petite forme de 25 minutes du spectacle exporté hors murs (sans musicien) est proposée en extérieur, dans les écoles ou différents lieux accueillant la culture sur le territoire. Contactez la compagnie Tempor’Air pour plus d’informations !

 

Pour plus d’informations sur la compagnie Tempor’Air

Facebook : @temporair.cie

Instagram : @compagnie_temporair

Site internet : www.compagnietemporair.fr

Arnault Mougenot de la compagnie de théâtre Madame Oldies

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Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce métier-passion ?

 

Je suis originaire de Bussang. Quand les copains partaient en colonie de vacances, moi j’allais trainer au Théâtre du Peuple où je vendais des glaces, je tenais des petits rôles, … C’était presque écrit que j’allais faire du théâtre, alors par esprit de contradiction je ne voulais pas faire ça !

J’ai fait un sport-études équitation, puis un jour j’ai tout arrêté et je me suis un peu retrouvé entre deux. Un jour l’ancien directeur du Théâtre du Peuple m’appelle pour me dire qu’il manquait une personne dans la promotion à l’Ecole Nationale d’Art Dramatique de Montpellier aux côtés d’Ariel Garcia Valdès. Il a pensé à moi. J’ai commencé cette école un peu comme ça alors que d’autres s’arrachent les yeux de la tête pour y rentrer. Je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait.

Finalement, ce sont des rencontres avec des personnes qui font que…

 

Vous êtes revenu vivre et travailler dans votre région d’enfance. Pour vous, qu’est-ce qu’il y a d’unique dans les Vosges ?

Le parcours de la compagnie Madame Oldies est un peu particulier parce que j’ai beaucoup bougé entre Montpellier, Saint Etienne (artiste-associé à la Comédie de Saint Etienne) et Paris. La compagnie m’a accompagné tout le long, mais elle s’est vraiment construite ici dans les Vosges.

Nous avons recréé un vrai noyau dur artistique et administratif et nous avons pu tisser de vrais liens et échanges avec nos partenaires, que ce soit nos tutelles ou les professionnels. Et c’est ça qui est unique. Cela prend du temps, mais ça marche.

Ce n’est pas plus facile que dans d’autres régions, mais c’est ici que ça s’est fait pour nous. Et je suis très content de tout ce renouveau qu’il y a dans la compagnie et dans l’équipe.

 

Vous avez une vraie signature au niveau de l’écriture. Pourquoi avoir choisi de raconter vos histoires avec tant de poésie et d’humour noir et grinçant ? 

Tout d’abord j’ai été marqué et inspiré par des auteurs en tant que metteur en scène et personnellement, en tant que lecteur.

Il y a Copi, auteur argentin complètement surréaliste, fou, extravagant avec des situations abracadabrantesques et des personnages dingues un peu à la Pedro Almodóvar, où tout le monde se shoote et se baise … et c’est normal.

Il y a eu également Friedrich Dürrenmatt. Je dois dire que c’est ma rencontre dramaturgique. Il écrit des histoires dingues, immenses, exagérées, et en même temps complètement politisées, humanistes et populaires. Et il raconte tout cela sous forme d’humour.

Lorsque j’ai découvert cet auteur, je comprenais pas pourquoi ses pièces n’étaient plus montées. Aujourd’hui, le théâtre populaire, drôle, divertissant et un peu engagé a vraiment perdu ses lettres de noblesse. Encore que, je trouve que l’on y retourne tout doucement. Je pense que par le divertissement on peut raconter toutes les horreurs du monde, tous les sujets du monde et faire réfléchir les gens.

Puis à un moment donné je me suis dit qu’il était temps que je m’affirme en tant qu’auteur. Je me suis donc repositionné.

Et pour finir, cet humour est ma nature. Je préfère me moquer de moi-même que de m’apitoyer dessus.

Le rire n’est pas forcément un rire sonore. Cela peut aussi être un rire qui fait pleurer. La pièce « Ma Chair est Tendre » est un spectacle où certaines personnes vont rire à des choses, d’autres en seront gênées et d’autres y seront sensibles. J’aime bien ce genre de mixeur d’émotions vives et express.

L’autorisation de la folie est clé pour moi. Ne pas s’autoriser à être fou, ça rend dingue. Aujourd’hui on est dans une société où tout le monde fait attention à tout. Tout le monde se dit marginal et en même temps tout le monde fait comme tout le monde. Et on pète tous les plombs. La société ne va pas très bien…

 

 

MA CHAIR EST TENDRE

 

Vous pouvez nous faire un pitch d’enfer pour « Ma Chair est Tendre » ?

 

C’est l’histoire d’un homme de 40 ans qui est tout seul. L’âge, il n’arrive pas à le digérer. Il va manger pour combler. Et en mangeant, la moindre chose devient vecteur à s’inventer une histoire pour fuir une réalité.

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La nourriture a une place centrale sur scène (jusqu’à vous servir de masque de farine tel un clown mi-comique, mi-tragique). Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Ce n’est pas la place que j’ai voulu donner à la nourriture, c’est la place qu’elle a. Tous les jours elle est avec nous. On se réveille, la 1ere chose que l’on fait est manger. On se retrouve entre amis, on mange et on boit un verre. On est heureux, on mange. On est malheureux, on mange. Ou alors on ne mange plus du tout et on est en refus de la nourriture. On mange à excès… La nourriture est déjà centrale dans nos vies.

J’ai écrit un spectacle sur un personnage célibataire pour qui la nourriture est sa compagne qui rythme sa journée. La nourriture est centrale dans le spectacle et en même temps on n’en parle pas. Elle est là et elle l’accompagne, tout simplement.

A la compagnie, c’est vraiment une marque de fabrique… Depuis toujours, nos réunions c’est avec pinard et saucisson !

La prochaine pièce de la compagnie s’appelle « Le Fils du Boucher ». Finalement, on en revient toujours à la nourriture !

« Ma Chair est Tendre »  parle aussi du corps, à travers cette nourriture.  Un peu trop gros ici, un peu trop maigre là.  Un peu trop ridé, plus de cheveux, etc… Tout ça c’est à nous et c’est comme ça. Faisons avec et si on regarde bien, cet outil, dans sa singularité, est génial.

Le spectacle commence comme ça et finit comme ça, avec un message positif.

Depuis le début de la création on s’était dit qu’il fallait être très vigilant pour éviter d’être dans un rapport de culpabilisation par rapport à la nourriture. On a une responsabilité, on fait du spectacle et c’est notre responsabilité en tant qu’artiste. On ne peut pas dire n’importe quoi, parce qu’on est dans une démarche populaire et il faut que les choses soient comprises telles qu’elles sont dites. Un enfant en surpoids qui voit le spectacle, il faut qu’il sorte de là et qu’il soit bien avec lui-même. Car le monde ne le sera pas forcément.

 

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« Ma Chair est Tendre » met en lumière les rapports aux autres et à nous-mêmes, avec toutes nos failles, nos peurs, nos pulsions, nos difficultés, nos joies, nos émotions… Pour vous, quel est le message principal que vous avez voulu faire passer à travers cette pièce ? Qu’on a chacun une folie ordinaire, et que c’est OK ?

 

Oui ! Que ne pas s’autoriser à la folie rend fou.

Le Monsieur ou Madame tout le monde qu’on croise tous les jours est beaucoup plus fou ou folle qu’on peut le croire lorsque l’on voit ce qui se cache derrière. Nous avons tous des vies bien plus palpitantes nous pourrions le croire.

C’est comme dans les films de Yolande Moreau. Pour moi « Ma Chair est Tendre » est dans cette lignée-là. Je n’ai pas cette prétention d’être aussi doué qu’elle dans l’écriture et l’interprétation, mais l’idée de mettre en valeur des petits gens qui une fois rentrés chez eux, ont des vies extraordinaires, me fascine.

D’ailleurs j’avais mené un stage d’écriture au Plateau Ivre il y a quelques temps sur le thème : comment le quotidien devient extraordinaire.

Le réalisateur Emir Kusturica est aussi une grande source d’inspiration avec des petites scènes de vie complètement barrées… et en même temps tout paraît tellement simple et réaliste.

J’aime beaucoup parler de ce qu’on dit marginaux. Et en même temps on est tous en marge de quelqu’un d’autre. Donc finalement tout cela est très banal.

 

 

 

 

 

LE FILS DU BOUCHER

 

Qu’est-ce qui vous a amené à faire le choix de cette création inspirée de la vie d’Edouard II d’Angleterre ?

 

Ce n’était pas un choix…

En regardant dans ma bibliothèque un jour, je tombe sur une pièce que je ne savais pas avoir qui s’appelle « Edouard II » de Christopher Marlowe. Je lis cette pièce et c’est un véritable raz-de-marée dans ma tête. L’histoire et le personnage me chamboule. Mon souhait est de monter la pièce, mais au vue du nombre de personnages, la production a du mal à démarrer.

Puis je déménage. Et lorsque je fais mes cartons, je tombe sur une autre version d’Edouard II écrit par Bertolt Brecht, un de mes auteurs préférés. Je le trouve beaucoup plus drôle, beaucoup plus satirique. Il a vraiment repris la pièce de Marlowe avec les mêmes personnages, la même trame, mais l’a écrite autrement. Les ayants droits pour Brecht ont rendu l’adaptation impossible.

Tout cela, c’était il y a 10 ans…

Et depuis tout ce temps, Edouard II ne m’a jamais quitté. Je crois sincèrement, sans prétention aucune, qu’un acteur a parfois des rencontres avec des rôles. Je ne dis pas que ça finit bien, mais en tout cas, celle-là en est une.

J’ai eu la chance de mettre en scène un atelier amateur de Artopie. On a travaillé sur les 2 versions d’Edouard II. J’ai réécrit des choses, on a retravaillé des éléments. Puis en discutant avec l’équipe Madame Oldies, j’ai compris que ce que je voulais vraiment faire c’est écrire ma propre version.

L’histoire d’Edouard II est démesurée et extraordinaire. C’est une histoire d’amour qui se déroule sur 30 ans.  Des histoires de rois homosexuels il y en a toujours eu, sauf que lui il l’affiche et le revendique.  Il était pro mariage pour tous bien avant son époque.

Et puis c’est une histoire de guerre. Une vraie histoire shakespearienne avec des guerres, des alliances, des contre-alliances.

 

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Ce qui m’intéresse c’est de raconter l’histoire d’un roi qui rencontre un homme qui lui fera découvrir l’amour, la passion, l’excès, la liberté. A partir de là, plus rien n’arrêtera cet amour. J’avais envie que cet amant soit, comme Brecht l’avait fait, un fils du boucher, un homme du peuple, loin de la noblesse. J’ai voulu que le centre soit cet amant-là, qui est le déclencheur de tout. La pièce on va la positionner dans la dernière heure de la vie d’Edouard II. Son amant, lui est déjà mort depuis un moment.

 

 

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Comment s’est passé votre résidence de création à la NEF ? Quels ont été les challenges rencontrés ?

 

Cela fait 10 ans que ce projet m’accompagne. Cela fait 5 ans que je l’écris. Des versions du texte, j’en ai déjà écrit plein. La 1ère version je l’avais écrite avec autant de personnages que pour Brecht et Marlowe.

Par la suite, j’ai écrit une version avec 4 personnages à huit-clos, proche de l’esprit de Copi.

Puis avec le temps, j’ai voulu raconter Edouard II et pas forcément de le jouer. Comment arriver à glisser moi l’auteur, l’acteur, qui est en route depuis 10 ans pour aller vers cette rencontre avec ce personnage. Comment faire cohabiter tout ça. Et comment écrire cela pour juste 1 acteur et le cadavre qui sera là sous forme de « marionnette ».

A la NEF à Saint-Dié-des-Vosges, l’idée était d’arriver avec toute cette matière-là et de transmettre à Hélène Tisserand (mise en scène) et Marcela San Pedro (chorégraphie) tout ce que j’ai dans la tête depuis 10 ans, en faisant des essais pour voir approfondir la narration. On se rend vite compte qu’on ne pourra pas tout mettre. Cela m’a remis sur les rails pour pouvoir retourner à l’écriture.

Et puis, il y avait un challenge qui n’était pas évident. J’ai envie que mon Edouard ne parle pas beaucoup, qu’il n’en est plus besoin ou plus l’envie. Alors il faut trouver des stratagèmes : la danse, le cadavre, …

Chez Brecht et Marlowe il y a un grand absent dans leurs pièces : le peuple. Moi j’ai envie que toute la trame de l’histoire soit racontée par le peuple. Et en mettant tout cela dans le contexte de 2020 avec le réveil de l’homophobie, la religion, les médias.

Pour finir, il y a un rôle que j’ai eu très envie de mettre en lumière : sa femme, qui était mariée 13 ans avec un roi homosexuel. Elle est française, il est anglais… elle ne comprend rien de ce qu’il dit. Elle se tait. Elle observe. Puis un jour, c’est elle qui va reprendre le pouvoir. Et le jour où elle le fait, alors là, attention.

 

 

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Pour plus d’informations sur la compagnie Madame Oldies  

Site web : http://www.madameoldies.com/
Facebook : @MADAME-OLDIES-CIE

Crédits photos : ©CIE MADAME OLDIES

Tiphaine Gondouin et son labo-expo « Les Heures Grises »

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Rencontre avec la plasticienne-photographe Tiphaine Gondouin

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Afin de soutenir la création artistique sur le territoire des Vosges, le Conseil départemental des Vosges ouvre ses portes aux artistes locaux. Quatre artistes ont été sélectionnés par un jury parmi 14 candidats. Tiphaine Gondouin est la 2ème artiste à exposer ses oeuvres. Elle sera suivi par 2 autres artistes vosgiens courant 2020.

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Pouvez-vous nous retracer un peu votre parcours ?

 

Je pratique en labo la photographie depuis la 3ème au collège. Au lycée, pendant les semaines banalisées, j’ai effectué un stage d’entreprise auprès d’un photographe et j’ai continué d’y aller pendant les petites vacances. Après un bac ES, j’ai fait des études d’arts plastiques à l’Université de Strasbourg. J’y ai suivi en parallèle des cours de Lettres Moderne, de philosophie esthétique et de Cinéma.

J’ai énormément aimé étudier d’autres sujets que l’art : les questions sur la société et le monde qui nous entoure, l’économie, la littérature et les sciences, … Cela m’a beaucoup servi dans ma pratique.

J’ai eu parfois du mal avec l’enseignement traditionnelle des arts plastiques (dessin, croquis, peinture, sculpture) au début de ma formation. Par conséquent, j’ai souvent essayé d’imposer une réponse photographique à des sujets que l’on nous donnait, quand c’était possible.

J’ai obtenu une maîtrise en arts plastiques puis un DEA en arts visuels à l’Université de Strasbourg, puis j’ai soutenu ma thèse en 2012. Cela a cristallisé beaucoup de choses. C’est un moment hors du temps où l’on peut pousser la discussion très loin sans avoir peur de la critique ou du vide. Un moment rare, unique, déconnecté d’une certaine utilité et du quotidien, qui se focalise sur la beauté des idées et le processus de recherche qui nous laisse entrevoir cet espace de liberté. Sans doute mes meilleures années malgré certaines difficultés.

Je suis actuellement enseignante en arts plastiques et en arts appliqués à l’Ensemble scolaire

Notre-Dame/St Joseph à Epinal, ainsi que professeure en « Histoire de la photographie » et « Histoire de l’Art » à l’Ecole de Condé à Nancy. J’initie aussi les étudiants à la théorie photographique et les suit (avec d’autres intervenants) dans l’élaboration de leur mémoire de fin d’étude.

J’allie mon métier de professeure et la photographie car je souhaite garder la partie pratique tout en continuant d’être pédagogue. Je le conçois comme un tout. J’envisage cela comme un cercle : pratique, théorie, enseignement, communication. J’y trouve mon équilibre. Il m’est nécessaire de connaître la photographie actuelle, les photographes du moment, comment se vend une photo. Il faut être à la page.

 

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Quels sont les artistes d’hier et d’aujourd’hui qui vous ont inspiré tout au long de votre parcours ?

 

Mes sources d’inspiration sont multiples et variées : la photographie bien sûr, mais aussi la littérature, le cinéma, et aussi des démarches singulières de plasticiens. Je retrouve mes propres interrogations dans des domaines à priori très éloignés, et j’y suis sensible dans ma propre réflexion en retour. Dès que l’on se centre sur le process et moins sur l’image ou le résultat, un médium que l’on travaille, cela me retient. C’est vrai que j’ai été plus inspirée par les anciens.

Pêle mêle, j’aime beaucoup le photographe néerlandais Jan Dibbets, Philippe Gronon et Michael Snow (photo + vidéo). Mais aussi Ugo Mulas, Chantal Akerman, Jorges Luis Borges, Franz Kafka, John Hilliard, Bernar Venet, Marcel Duchamp, Jean-Marc Bustamante… J’ai découvert le travail de Mustapha Azeroual.

Je me suis également penchée sur certains philosophes tel que Jean-Louis Déotte (concept d’appareil en philosophie esthétique) qui m’a inspiré dans mes recherches lors de ma thèse. C’est lui qui m’a offert les portes de sa collection « Esthétiques ». Bien sûr, je reste proche de W. Benjamin et la pensée de R. Passeron.

 

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Et c’est quoi votre définition de la photographie ?

 

Pour moi, c’est le centre. Une possibilité de comprendre.

 

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Votre photographie est comme une science, comme un laboratoire d’expériences où l’on teste et expérimente… Vous vous décrivez comme une artiste plasticienne faisant de la recherche ?

 

Le réel est une matière comme une autre. Une matière que je vais transformer en photographie, ou plus précisément, que je vais rendre photographique. Le réel est quelque chose de donné et qu’on doit faire apparaître selon une modalité, un programme, celui de la photographie. Puis nous jouons avec des éléments spécifiques (lumière, cadre) qui permettent au réel d’être là.

L’échec est nécessaire. Nous avons l’idée, le déclic, mais après nous sommes confrontés aux aléas liés à notre corps de plasticien et aux limites données par la matière par exemple. Il faut y être attentif et savoir les voir et s’en servir dans sa création. Cela peut même devenir un autre projet, car l’accident est source de création.

Je fonctionne toujours avec le même procédé. Je mets en place une idée, un protocole. Je crée des process qui réfléchissent sur ce que c’est de faire une photographie. Après, il se passe des choses lors de la pratique et j’accepte ce qu’il vient. Pour moi, la création se situe ailleurs, dans la procédure à l’oeuvre : ne « rien attendre » de l’image photographique à venir. J’aime donner à voir les conditions de possibilités de cet appareil photographique. Je me laisse agir par lui. C’est un travail de découverte et c’est cela qui le rend intéressant.

J’essaie d’inculquer cela à mes élèves. Si ce qu’ils produisent n’est pas ce qu’ils attendaient, ce n’est pas considéré comme un échec. Il y a autant de résultats possibles qu’il y a des personnes dans la classe.

 

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Et pour vous, l’appareil photo fait partie intégrante du processus artistique. « Comment » photographier est une question tout aussi essentielle que « quoi » photographier ? Pouvezvous nous en dire plus ?

 

Une bonne photo c’est quand les deux se rejoignent. Le quoi sert le comment, le comment sert le quoi. Une prise de conscience que le réel est appareillé par la photographie.

 

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Dans l’ère du numérique, vous prônez l’argentique. Quelle est la richesse et la valeur ajoutée de l’argentique ?

 

Pour moi le numérique crée une image spécifique qui reste de la photographie. C’est une image fluide directement partageable. Le mode d’apparition du réel n’est pas le même qu’avec l’argentique. L’argentique est lié à une matière, une matrice, une destination différente du numérique. Par exemple, on a du grain au lieu des pixels. On ne crée pas le même type d’image.

Le numérique, sa matérialité, c’est le code, le langage. Le résultat d’un programme qui doit nécessairement se réaliser. Comme le disait J. L Déotte : « une photo numérique n’est pas l’interprétation d’une esquisse (d’un projet), mais la concrétisation d’un code ».

Aujourd’hui on a fait un transfert du monde de l’argentique vers un monde du numérique. L’appareil numérique a synthétisé tous les autres. C’est d’ailleurs sa spécificité.

Personnellement je travaille plus avec de l’argentique, car j’aime faire apparaître le geste, la matière, quelque chose qui m’est extérieur et que je transforme. Mais je ne m’interdis pas de penser au numérique en travaillant sur le code comme matière.

 

 

 

Pour vous les textes sont aussi importants que les photographies ? Pourquoi ?

 

Le texte pour moi est très important. Il permet d’expliquer ma démarche pour certains. C’est
aussi un travail de texte, dans le cadre de ma recherche.

 

 

La transmission vous apporte autant que la pratique ?

 

J’aime communiquer sur mon travail. J’aime montrer que la photographie peut être multiple.

Je souhaite une réelle prise de conscience à ce sujet et sensibiliser les autres aux différents types de photos possibles. La photographie n’est pas forcément que de l’image mais aussi un acte, une représentation, une matérialité etc.

 

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Quels sont vos futurs projets ?

J’aimerais monter des expositions dans des lieux près de chez moi. J’ai pour projet d’investir un lieu abandonné, inoccupé à Contrexéville.

J’ai également un projet de création de texte à partir d’une série de photographies. L’idée est de raconter la prise de vue sous forme d’histoire (auto-fiction) depuis le point de vue du photographe au moment de la création. Des textes plus fictionnels pour tenter de théoriser autrement la création.

 

Découvrez le teaser de l’exposition :

 

 

Pour plus d’informations :

Facebook : @Tiphaine Gondouin – plasticienne photographe
Instagram : @tifengondouin

Crédits photos : ©CD88 / AV / ME / LD

Anne Marion de la compagnie de danse l’Aéronef

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Anne Marion, danseuse interprète et chorégraphie, Compagnie L’Aéronef

 

 

Vous diriez que vous êtes née danseuse, avec une envie de mouvement déjà petite… ou est-ce quelque chose qui est apparue bien plus tard et a évolué avec le temps?

 

La danse a été présente dès mon enfance. Ma mère m’a inscrite à des cours de danse lorsque j’avais 4 ans et je n’ai jamais cessé de danser depuis.

 

 

Pouvez-vous nous retracer un peu votre parcours de danseuse-chorégraphe ?

 

J’ai un double parcours. Mes parents m’ont toujours encouragé à la danse, mais ils n’étaient pas particulièrement enthousiastes à l’idée d’une carrière artistique. J’ai donc fait des études de Lettres après le bac, puis une prépa et j’ai passé le concours pour devenir professeur de Lettres.

J’ai continué à faire des projets de danse en tant qu’interprète, en parallèle à mon métier d’enseignante.

En 2012 je fais le grand pas et je fonde la compagnie l’Aéronef. Il devenait difficile d’allier 2 métiers en même temps. J’ai donc fait le choix d’assumer ma passion et je me suis lancée à temps plein dans la danse et la création.

Depuis 2012, la compagnie crée une pièce par an.

Je me suis également formée en obtenant un Diplôme d’Etat en danse contemporaine, ce qui me permet la transmission, à travers des ateliers et des formations destinés à divers publics.

Je retrouve dans ce volet transmission mon 1er métier, l’enseignement. La pédagogie de la danse me passionne énormément. Et cela n’est jamais déconnecté du volet création car dans mes ateliers j’organise des sortes de laboratoire autour de mes pièces. Par exemple, pour « S », j’ai organisé des ateliers costume.

 

 

Loïe Füller vous a beaucoup inspiré pour la pièce « S ». Elle fut la première à innover autour du tissu à danser avec la lumière projetée sur ses robes en soie immenses dont les bras étaient prolongés de baguettes en bambou pour amplifier le mouvement, … Elle fut la star de l’exposition universelle de 1900.

 

Qu’est-ce que vous avez aimé le plus chez elle ?

 

Extrait de la « Danse Serpentine » de Loïe Füller des Frères Lumières

 

J’aime sa folie. C’est une 1ère rencontre entre la danse et la lumière. Le rapport est fascinant. La lumière éclaire et sculpte la danse.

Il y a quelque chose de révolutionnaire dans ses chorégraphies et de complétement aérien.

Ma pièce « S » est un hommage à ce tissu comme élément qui se métamorphose.

Et comme Loïe Füller, mes créations sont à mi-chemin entre danse et installation plastique. Il y a un vrai lien avec la peinture et les arts plastiques.

 

 

Et quels autres danseurs/danseuses-chorégraphes vous ont inspiré tout au long de votre parcours ?

 

Maguy Marin,
Pina Bausch,
Anne Teresa De Keersmaeker

J’aime l’hybridation, le rapport avec la théâtralité, l’absence de linéarité. J’aime trouver des incongruités, chercher d’autres corps. J’aime déconstruire, créer à chaque fois une gestuelle qui s’attache à un projet et trouver un vocabulaire propre à la pièce. J’aime une danse qui se renouvelle.

 

 

Le costume évolutif qui a été conçu pour « S » qui se transforme tout au long de la pièce est un personnage à part entière. Vous dites même que le solo S est un quatuor. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Oui, un quatuor. Je dirais même trois duos…

Il y a tout d’abord le tissu + moi.
Le tissu un personnage à part entière. Nous avons créé pour « S » un système de marionnettiste avec 32 fils et un pully.
[Philippe Hariga (régie générale et manipulation) est sur la plateau caché derrière les coulisses].

Puis il y a Olivier Irthum (scénographie, lumière, vidéo) + moi.
Il me suit tout au long du spectacle afin de créer une réelle interaction en direct entre la robe, la vidéo (mapping) et la lumière.

Et pour finir il y a Jean-Nicolas Mathieu (création musicale) + moi.
Une composition musicale a été créée pour « S » avec des ajouts sonores.

C’est un tissu souple, une matière imprévisible. Alors malgré une écriture forte programmée, nous devons tous nous écouter, nous attendre, nous retrouver. C’est très vivant. Nous sommes tous en synergie.

 

 

Extrait de la pièce « S »

 

 

 

Je suis venue voir la pièce « S » une après-midi. Il y avait des groupes scolaires (primaire) qui ont assisté à votre solo de danse. Qu’est-ce que vous aimeriez que cette jeune génération retienne de la pièce ? 

 

Je souhaite les sensibiliser à la poésie par le corps, la danse et le mouvement. Les enfants ont un imaginaire ardent. Ils se laissent traverser par les images qui leur viennent.

La nudité partielle est un parti pris ; un choix fait en travaillant la création. J’ai voulu quelque chose de sensuelle, mais pas érotique. J’ai voulu montrer le corps féminin dans ce contexte poétique et magique et leur permettre de voir la dimension sacrée du corps.

 

« S » est un vrai conte étrange et visuel où naissent tant d’images : la mer, la flaque, la cage, la robe, l’aile, la méduse, l’oiseau, la sirène, le fantôme, … Quel a été le point de départ de cette histoire racontée ? Quelle image vous est apparue en 1er lors de la création ?

 

La 1ère image qui m’est venue lors de la création est celle d’un corps nu avec un tissu autour du cou, l’image de la tulipe.

Après la création de la robe, d’autres images me sont apparues en manipulant et jouant avec le tissu (exemple : le nid).

 

Votre corps, celui de la femme, qui est prisonnier de ce tissu, puis se libère. Quelle est votre vision du féminin, du corps de la femme dans notre société d’aujourd’hui ?

 

Pour moi, « S » n’est pas un propos sur la femme dans notre société d’ajourd’hui, c’est plutôt quelque chose d’intemporel. J’ai simplement voulu montrer toutes les facettes du féminin avec pour outil ce tissu.

J’ai surtout souhaité exprimer l’éventail du féminin et les notions de douceur, de sensualité, de lumière, de liberté et de contraintes, aussi.

 

Quels sont les challenges que vous rencontrez en tant que jeune compagnie de danse ?

 

Chaque création est un pari fou. Le plus gros challenge pour la compagnie est la diffusion. Nous aimerions pouvoir rencontrer plus souvent les professionnels afin de pouvoir proposer au public une tournée plus conséquente de nos pièces.

Nous sommes également à la recherche d’opportunités pour mutualiser des compétences et des savoir-faire, plus particulièrement côté production et diffusion. Comme pour toute petite structure, il nous manque du temps et du personnel.

La danse contemporaine est aussi un challenge en soi. Il faut donner l’envie aux gens de se déplacer.

 

Quels sont les futurs projets de la compagnie Aéronef ?

 

La pièce « S » se reproduira encore une fois dans les Vosges au Trait d’Union à Neufchâteau le 1er février 2020.

Nous sommes en pleine création pour l’automne 2020 avec le danseur Sébastien Cormier. Cela s’intitulera « Une Aube (un crépuscule) ». La Méridienne à Lunéville nous accueille pour une résidence de création. Puis nous serons au Théâtre de la Rotonde à Thaon-les-vosges, Capavenir.

Nous cherchons également une autre résidence de création dans les Vosges. (Pour prendre contact avec Anne Marion : compagnielaeronef@gmail.com)

Cette nouvelle pièce parle du couple. C’est l’attelage et le dialogue de deux corps contenus dans un nid. J’avais pour désir de me pencher sur la question de la relation, de l’individu dans la relation, de l’alliance, de la combinaison des individualités.

Je voudrais écrire et chorégraphier le poème d’un couple métaphoriquement sous le joug (« unir, joindre, mettre sous le joug ») : resserrés dans une unité de temps, une unité de lieu, resserés dans leur relation.

 

Prochaines représentations :

« S »
> 1er février 2020 au Trait d’Union à Neufchâteau

« Une Aube (un crépuscule) »
> 6 novembre 2020 à la Méridienne, théâtre de Lunéville
> 27-28 novembre 2020 au théâtre de la Rotonde à Thaon-les-Vosges dans le cadre du salon Cousu du Fil Rouge.

Pour plus d’informations sur la compagnie L’Aéronef 

Page Facebook : @aeronef

Crédits photos : ©Aeronef