Les associations vosgiennes font la grimace !

Nous sommes associations. Nous sommes vosgiens. Nous attendons maintenant des gestes forts des pouvoirs publics.
On fait la grimace !
 
Nous sommes associations.
Nous sommes vosgiens.
Nous rassemblons bénévoles et parfois salariés pour remplir des missions d’intérêt général. 
Nous sommes investis, salariés et bénévoles, nous ne comptons pas les heures. 
Nous ne faisons aucun bénéfice. 
Nous sommes petits ou gros, mais nous sommes fragiles.
Nous sommes artistes parfois.
Nous sommes artisans toujours, constructeurs de lien, bâtisseurs de culture, fondateurs d’échange, maçons de solidarité. 
Bref artisans d’humanité. 
 
Nous sommes utiles. 
Nous ne sommes pas rentables. 
Le bonheur et l’épanouissement ne sont pas côtés en bourse. 
Pourtant nous sommes des milliers. 
L’emploi associatif dans les Vosges c’est 9 000 salariés, œuvrant dans 815 structures. 
Le bénévolat associatif dans les Vosges c’est 77 000 personnes, œuvrant dans 8 265 associations.
Et nous contribuons à l’économie du pays. 
Et si l’on doit parler de chiffres, nous sommes plus nombreux que le secteur du bâtiment.
Plus nombreux que le secteur du transport. C’est dire. 
 
Aujourd’hui nous faisons la grimace. 
La crise sanitaire nous frappe fortement. 
En effet, intrinsèquement notre activité est publique, autour de rencontres, d’activités collectives. Pour beaucoup, plus aucune de nos actions n’est possible. 
 
Cependant nous avons su nous réinventer.
Nous gardons le lien avec nos adhérents, nous proposons des activités à faire à la maison, nous partageons les contenus de nos productions artistiques, nous prenons soin des plus démunis.
Nous inventons.
Nous maintenons les liens. 
Comme une évidence, nous restons là.   
 
Mais notre fragilité est totale. 
Notre secteur d’activité n’est pas solide. Fort d’engagement mais faible en trésorerie. 
Fort de la ténacité de nos bénévoles et salariés mais fragilisé par des années de coupes budgétaires. 
Comment envisager une reprise sans trésorerie ? 
Comment compenser la perte d’activité ? 
Comment équilibrer des comptes qui, comme les entreprises, sont liés à des revenus d’activité, activités rendues impossibles ? 
 
Et notre inquiétude est grande.
Serons-nous la prochaine variable d’ajustement des politiques publiques ?
Serons-nous les parents pauvres des ajustements budgétaires ?
Les sacrifiés sur l’autel de la nécessaire « reprise » ?
Quelle place pour nous dans le « monde d’après » ?
 
Est-il alors possible de sourire ? 
Certainement.
Nous sourirons le jour où...
On reconnaîtra le rôle des associations dans l’organisation sociale du pays. 
On valorisera le maillage tissé par les associations sur les territoires.
On nous associera à la construction des politiques publiques.
On reconnaîtra le rôle fondamental de l'éducation populaire et de la culture dans la création du lien social et dans l'épanouissement de la citoyenneté.
 
Nous sommes des acteurs, des fabricants même de solidarité. 
Les institutions et acteurs publics doivent garantir nos capacités à agir sur la durée. 
Il faut un plan de soutien à la vie associative à l’échelle locale et nationale. 
 
Les premiers à disparaître seront les plus faibles. 
Donc nous. 
Nous nous y refusons.
Nous tendons le dos.
Nous faisons la grimace.
 
Nous attendons maintenant des gestes forts des pouvoirs publics. 
Pour sourire, demain, après.

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